Camin Casa : commentaires sur CD 2 (deuxième partie)

La première partie des commentaires sur le CD 2 du groupe Camin Casa concernait les titres 1 à 8 de ce disque. Nous abordons maintenant les commentaires sur les titres 9 à 15, en conservant le même plan de route : date et lieu de naissance (quand mes archives retrouvées le permettent), thème et résumé, refrain s’il existe, quelques chiffres sur les répétitions (mais les archives s’arrêtent pour elles à 2007, pour l’instant), représentations (date, lieu, circonstance), anecdote ou commentaire personnel.
Rappels : Camin Casa est le groupe de chant de l’Association occitane de Paris,  l’Estancada. Le deuxième CD de ce groupe fut édité en mai 2008. Sa composition est donnée dans dans la première partie publiée le 5 mai 2019, ainsi que quelques infos sur l’enregistrement au studio Arbus de Pontacq.
La réalisation graphique de la pochette du CD 2 est à l’actif de Thierry Chauvin.

9. Encontre (rencontre).

Date et lieu : Plusieurs dates jalonnent les brouillons retrouvés : de janvier 1986 à septembre 1989. La chanson était donc terminée lors de l’enregistrement du CD 1 en mai 1996 mais je ne l’avais pas encore proposée au groupe.
Thème : Il s’agit de la rencontre de 2 skieurs ; elle (de Bordeaux) et lui (du Béarn). Dialogue difficile, finalisé par un espoir suggéré.
Résumé : Premier et dernier couplets à suivre.
Una démisela de Bordèu/Que’s passejava sus la nèu/A un cutorn qu’a encontrat/Un joen e amistós mainat.
Une demoiselle de Bordeaux se promenait sur la neige. Elle a rencontré dans un tournant un jeune garçon amoureux.
Perqué donc tant de désesper ?/Lo dia moreish tostemps au ser/Pèna demora au medish lòc/Un matin qu’at diserèi òc.
Pourquoi tant de désespoir ? Chaque soir le jour se meurt. Le rocher reste au même endroit. Un matin je te dirai oui.
Répétitions : Elles sont au nombre de 14.
Représentations : Aucune représentation en public pour « encontre ».
Commentaire : À l’introduction, parlée par Philippe Labarère (couplets 1 et 2), succède une alternance des voix féminines  (Graciela, Angèle, Séverine) pour les couplets 4, 6, 8 et des voix masculines pour les couplets 3, 5, 7. L’ensemble reprend en fin de chant le couplet 1.

10. L’Entròpia (l’Entropie).

Date et lieu : Le 06 octobre 2002, à l’issue d’un match de rugby à Vitry-sur-Seine, qui recevait Saint-Denis, après discussion avec l’ami Michel Rogel (avec lui ce n’était pas la première sur l’entropie) je pris la décision de composer une chanson sur ce sujet pas du tout classique. Les premières ébauches se répartissent entre décembre 2002 et juillet 2004, d’après les épreuves classées, en région parisienne. Une deuxième période se situe durant l’été 2006, pendant une traversée ralentie de la ville de Bordeaux puis , pour la première mise en forme réelle au lieu dit La Mouline à Arette, sur la route de la Pierre Saint-Martin.
Thème : Voici tout d’abord la définition de l’entropie, donnée par le dictionnaire Robert. L’entropie est une fonction exprimant le principe de dégradation de l’énergie et l’augmentation du désordre. Je reprends donc diverses notions liées au second principe de la thermodynamique, comme le désordre moléculaire, les échanges de chaleur entre deux systèmes, l’irréversibilité, l’évolution d’une transformation, en les appliquant à des êtres ou à des éléments de la nature qui nous entoure (mouvements de foule lors des manifestations populaires et mouvement de houle de la mer, ébats amoureux …).
Résumé : Quelques parties du premier et du dernier couplet.
Nosta dauna l’entròpia ei coneguda com dauna de princips, e sustot lo princip segond de la termò. L’entropie est connue comme une dame de principes, et surtout le deuxième principe de la Thermo.
L’entròpia preved l’evolucion en un sol sens d’ua transformacion,espontanament, shens nada constrenta. Qu’ei com lo temps qui passa, ne torna pas jamei. L’entropie prévoit l’évolution, d’une transformation, en un seul sens, spontanément, sans aucune contrainte. C’est comme le temps passé qui ne revient jamais.
Refrain : L’entròpia, l’entròpia, ua foncion termodinamica, qui s’i freta s’i pica.
L’entropie, une fonction thermodynamique, qui s’y frotte, s’y pique.
Représentations : Aucune prestation publique pour « l’entròpia ».
Commentaires : Pour l’enregistrement du disque on décide que le seul Sébastien chantera les 5 couplets afin que l’audition soit plus claire. Le groupe au complet n’intervient que sur le refrain.
Un café nommé « l’Entropie » existe à Pau, lieu de rencontres scientifiques. Peu de temps après la sortie du CD j’ai informé le tenancier de l’existence de notre chanson et de l’analogie de son titre avec le nom de son établissement, pensant que cette curiosité pourrait l’étonner. Mais nous (j’étais accompagné de Jean-Pierre Bergé) n’avons suscité ni commentaire ni intérêt de la part de notre interlocuteur, pas même une question polie sur le thème et la trame de la chanson.
En revanche, lors de l’édition juillet 2008 (ou 2009 ?) de la dégustation de Chapelle-de-Rousse une discussion, inattendue pour moi, autour de l’entropie réunit 3 gais mais lucides comparses, Momo , Président des Pagalhós et chimiste renommé, Jean-Loup Fricker et moi-même. Hélas, cette conversation ne fut pas enregistrée et l’opinion publique en sera donc privée.

11. Mon país qu’ei la montanha (mon pays c’est la montagne).

Date et lieu : La lecture des brouillons disponibles donne à penser que les deux premiers paragraphes de la version béarnaise (voir plus loin) datent du 08 juillet 1990. Pour les deux suivants il fallut attendre mars 1992.
Aucune indication relevée sur le lieu d’origine.
Thème : inspiré de la chanson du Québécois Gilles Vigneault (mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver). C’est grâce à cet auteur-compositeur, ainsi qu’à son compatriote Félix Leclerc, que je tombai amoureux du Québec, au point d’y vivre 18 mois dans les années 1972-73. Un peu plus tard, en septembre 1982 je finissais de composer, par mimétisme, en Français, « mon pays c’est la montagne » avant d’adapter le texte en Béarnais presque 10 ans plus tard.
Résumé Mon pays c’est la montagne et ses sommets majestueux, sentinelle de l’Espagne, siège de torrents, senteurs et pâturages, de bergers à fière allure et d’animaux multiples en liberté comme les brebis, les isards, les marmottes, les vautours, l’ours et le labrit.
Répétitions : Un bon score : 49.
Représentations : « mon país qu’ei la montanha » a été chanté en huit occasions. sur scène. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête de famille chez les Gayral. Le 28 septembre 1996 à Siros lors du 30ème festival de la chanson béarnaise. Le 19 septembre 1998 à Aramits, pour les 7èmes rencontres vocales pyrénéennes. Le 06 novembre 2002 à Neuilly-sur-Marne, dans le cadre d’un club de voile local. Le 27 mars 2005 à Pomponne pour les 50 ans de l’ami Jean-Claude Arrieux. Le 23 juin 2006 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques  (avenue de l’Opéra à Paris) pour la fête de fin de saison de l’Estancada. Le 27 décembre 2008 à l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques (avenue de l’Opéra à Paris) pour la soirée promotion de notre CD 2.
En plus de ces représentations de « mon país qu’ei la montanha » avec Camin Casa cette chanson fit partie du répertoire des Saint-Péens, que j’accompagnais, le 11 décembre 2010, à la maison de retraite du Parc Pommé d’Oloron. Elle fut également chantée sur la Péniche « le Mistral » , sur le Canal de Saint-Denis, jouxtant le Stade de France, après une finale du Championnat de France de rugby, par les copains de Camin Casa et du SDUS (club de St Denis), le 06 juin 2009.
Commentaires : Cette chanson est la seule qui figure sur les deux CD de Camin Casa : 1996 et 2008. Par rapport à 1996 un couplet supplémentaire a été ajouté en 2008, apparaissant en dernière position. Sa création débuta le 21 septembre 1996 … encore dans le métro.
« Mon país qu’ei la montanha » garde la préférence de nos amis de Saint-Pée Jean et Angèle qui l’ont entamé en plusieurs occasions dans des soirées animées, tout comme Laurent Pedelaborde.
Avant cette version occitane j’avais écrit, en Français, « mon pays c’est la montagne » en septembre 1982. La version occitane est une adaptation de la version initiale.

12. Mainada (ma fille).

Date et lieu : Dans mes archives le premier brouillon de « mainada » (encore écrit en phonétique « maynade ») date du 25 septembre 1988, à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (!!). Aucune indication sur la raison de ma présence à l’hôpital ce jour-là : pour une visite à ma mère ? à un copain du rugby ? …
Les autres traces conservées se répartissent entre septembre et novembre 1989. Ces ébauches sont donc bien antérieures à la parution du CD 1 de Camin Casa (mai 1996) : je n’avais sûrement pas oser proposer cette chanson au groupe à ce moment là.
Une ultime correction paraît dans un brouillon des 25 et 30 août 2006.
Thème : En 1988 nos deux filles ont 5 ans (Aurélie) et 2 ans (Séverine). Je décide de leur consacrer une chanson où j’essaie d’exprimer toutes les émotions, les joies, les espoirs, qu’elles me procurent depuis leur naissance.
La musique provient d’un air traditionnel religieux de Pologne : Mahuski (Petit Jésus).
Résumé : La première partie du premier couplet sera répétée en fin de chanson.
Ò mainada, mainada, mainada/Tant aimada/Non jamei seràn las gaujors que m’as balhadas/Desbrombadas.
Ô ma petite fille tant aimée/Jamais ne seront oubliées les joies que tu as su me procurer.
Répétitions : Aucune répétition avant 2007 car la chanson n’était pas encore achevée.
Représentations : Pas de représentation sur scène pour « mainada ».
Commentaires : Dans cette chanson « a cappella » (la seule du disque) Séverine et moi sommes les seuls intervenants vocaux. Je suppose qu’à l’époque ce fut un souhait de nos compagnes et compagnons du groupe. Mais c’est assez tardivement que le titre « mainada » fut incorporé dans la liste des chansons du CD 2. En conséquence, paradoxalement le nombre de répétitions entre père et fille s’avéra certainement insuffisant, ce qui peut expliquer quelques défauts dans l’interprétation, auxquels il faut ajouter la voix « enrouée » du père.
Les années ont passé. Chacune de nos deux filles a à son tour engendré un enfant : ua mainada pour Séverine, Jeanne, et un mainat pour Aurélie, Artús. Au moment où j’écris ces lignes ces deux petits enfants approchent l’âge de 2 ans (mai 2019). Comme pour leurs mères, 30 ans plus tard, je me suis lancé dans une chanson en leur honneur, terminée il y a une année mais pas encore divulguée, pour l’instant sans titre.

13. Praube de tu (pauvre de toi).

Lieu et date : Pour la première fois depuis l’existence de Camin Casa la musique d’une de leurs chansons, en l’occurrence « praube de tu », provient d’un membre du groupe, Gilles Gayral, qui me proposa cet air lors d’une de nos rencontres/répétitions, au piano, à Epinay, chez Alain et Graciela. Je gardai cet air en tête quelque temps avant de songer à lui associer des paroles. Ainsi naquit « praube de tu » en l’année 1997.
Quelques dates jalonnent la création de ses 8 couplets. Citons, dans un premier temps, pour les 6 premiers couplets, le 10 avril 1997, le 03 juin 1997 au Parc des Coteaux de Vitry, et le 09 février 2000. Les deux derniers couplets furent élaborés en août et septembre … 2006.
Thème : La musique de Gilles plutôt entraînante ne m’a pourtant pas inspiré des paroles follement gaies puisque le texte énumère des réalités quotidiennes (personnes ou situations) pour moi gênantes ou mal ressenties. Vacuité de celui (celle) qui croit tout savoir, cheminement sans espoir de celui (celle) qui n’a pas d’ami(e)s, sécheresse de cœur de celui (celle) qui ne vit que pour l’argent, esprit mesquin de celui (celle) pour qui l’autre n’est que danger, mal-être d’un pays auquel on réprime sa propre langue, triste journée quand on la prive de musique, noirceur du temps qui passe sans aucun rêve. Heureusement l’espoir renaît avec le jeune garçon (la jeune fille) dont les yeux s’ouvrent sur la joie de vivre.
Résumé : Le premier et le dernier couplets résument ces états d’âme.
Quin pòt estar vuèit lo cap/Lo cap d’un qui sap tot.
Comme elle peut être vide /La tête de celui qui sait tout.
Mes quin pareish clar/L’espiar d’un joen gojat.
Mais comme il paraît clair/Le regard du jeune enfant.
Répétitions : 30.
Refrain : Refrain après chacun des 7 premiers couplets :
Qu’as desbrembat de te’n arrider/Los uelhs barrats, perdes l’ahida/Praube de tu ! On vas atau ?
Tu as oublié de rire/Les yeux fermés, tu perds espoir/Pauvre de toi ! Où vas-tu ainsi ?
Refrain modifié après le dernier couplet, couplet 8 :
N’as pas deishat de te’n arrider/Los uelhs uberts cercas l’ahida/Atau qu’ei plan ! Demora atau.
Tu n’as pas oublié de rire/Les yeux ouverts tu cherches l’entrain/C’est bien comme ça poursuis ainsi.
Représentations : En une occasion Camin Casa interpréta « praube de tu » sur la scène : le 25 juin 2006 à la Maison des Pyrénées Atlantiques de Paris, avenue de l’Opéra, lors de la fête de fin de saison de l’Estancada. Ce local nous fut gracieusement prêté par le Conseil Départemental durant plusieurs années pour nos répétitions.
Commentaire : Les arrangements musicaux de cette chanson proviennent de Graciela Villanueva et Christian Maysonnave.

14. Qu’es pertot (tu es partout).

Date et lieu :  « qu’es pertot » fut élaboré en octobre 1977. Le brouillon suivant date du 18 décembre 2006. Certainement un des tous premiers brouillons car seuls les titres des futurs couplets apparaissent, accompagnés d’un commentaire sur la mélodie : « rondeau » enlevé.
Thème : Un amoureux se désespère car sa belle vient de quitter les lieux mémorables où ils vécurent quelque temps ensemble. Il lui semble revoir l’absente en de multiples endroits qu’ils avaient fréquentés ensemble.
Résumé : A chacun des 5 couplets de la chanson correspondent deux images. J’en propose trois de ces dix parties.
Un shiulet de pastór dens la prada/ Ton arrider se’n moresh en cascada.
Un sifflet de berger dans la prairie/Ton rire vient mourir en cascade.
Huec de heuguèra catsus deu prat/Tons uelhós esclarits m’an troblat.
Un feu de fougère en haut du pré/Tes yeux clairs m’ont troublé.
Pèira lusenta a l’arrai deu só/Tas dents an l’esclat viu d’un tresaur.
Une pierre luisante aux rayons du soleil/Tes dents ont le vif éclat d’un trésor.
Refrain : Qu’es partida d’ací/En deishar tot/Mes despuish per ací qu’es pertot.
Tu es partie d’ici laissant tout/Mais depuis par ici tu es partout.
Représentations : « qu’es pertot » fut interprété trois fois par Camin Casa en public. Le 29 septembre 2007 au 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros, Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de l’Ecole Calandreta. Le 14 mai 2009 à la Maison des Pyrénées Atlantiques lors de la fête de l’Estancada et la promotion du CD 2.
Mais cette chanson « retentit » aussi sur la péniche le Mistral du Canal de Saint-Denis, le 06 juin 2009, après une finale du championnat de France de rugby, sur l’invitation de copains du club de la ville, le SDUS.
Commentaire : Cette chanson fut programmée assez tardivement pour le CD 2. Je me souviens très bien l’avoir proposée à une répétition du vendredi soir, à la Maison des Pyrénées Atlantiques, et avoir recueilli de suite l’accord de Yannick Arrieux pour chercher une « haute ».

15. Lo taulèr (le comptoir).

Date et lieu
: En août 2004, lors d’une randonnée en montagne à laquelle participait notre ami Bernard Guillou (lacs d’Anglas et Uzouis, au -dessus de Gourette), ce dernier me confia un dicton appris de son oncle breton : la Terre est basse, le Ciel est haut, seul le comptoir est à ma hauteur. Cette affirmation fulgurante ne devait plus me quitter et devenir, traduite en Béarnais et à peine transformée, le refrain d’une future chanson , « lo taulèr ».
Dès septembre 2004, au bord du Lac de Choisy-le-Roi puis dans le cadre du Parc du Coteau de Vitry-sur-Seine, notre lieu d’habitation, une première version de ce refrain apparaît, d’abord sous le titre en Français « le comptoir » puis « lo comptador » puis enfin « lo taulèr ». Les 5 couplets s’élaborent ensuite petit à petit entre septembre et novembre 2004, toujours dans le Val de Marne. En juin et juillet 2005 la structure se rapproche de sa forme définitive. Les dernières étapes datent d’avril 2006, avec l’aide des frères Sébastien et Yannick Arrieux, dans le local de la Maison des Pyrénées, Avenue de l’Opéra, pour une version finale en fin avril 2006.
ThèmePour changer des thèmes traditionnels utilisés jusqu’alors dans mes textes (amour, montagne, vie sociale ou politique) je profite du « message » festif du refrain cité plus haut pour décrire la vie nocturne de Paris, fréquentée au sein de notre Association l’Estancada. Sont ainsi abordés différents lieux et situations connus des noctambules parisiens.
Résumé : Quelques parties des couplets 1, 2, 4 et 5.
Quan tots los frustrats que glapan la télé/Jo que’m deishi plan sedusir per la nueit.
Quand tous les frustrés se gavent de télévision/Moi je me laisse séduire par la nuit.
Los marronièrs que m’aperan tà dançar/E jo pegòt que proseji dab la nueit.
Les marronniers m’attendent pour danser/Et moi comme un fou je parle à la nuit.
A l’aubeta que va tornar har lo monde/E jo qu’enviti a taula l’utòpia.
A l’aube nous refaisons le monde/Et moi j’invite l’utopie à ma table.
Uei n’èi pas trobat nat café de barrat/Hart de béver qu’ei tanben un art de víver.
Aujourd’hui je n’ai trouvé aucun café fermé/S’enivrer est aussi un art de vivre.
Refrain : Lo cèu qu’ei tròt haut, la tèrra qu’ei tròp baisha/Sonque lo taulèr qu’ei a la mia hautor.
Le ciel est trop haut, la terre est trop basse/Il n’y a que le comptoir qui soit à ma hauteur.
Représentations : En cinq occasions le groupe Camin Casa monta sur scène pour chanter « lo taulèr ». Le 23 juin 2006 pour la fête de fin de saison de l’Estancada, dans l’enceinte de la Maison des Pyrénées Atlantiques à Paris. Le 17 novembre 2006 à la Maison des Associations de Villejuif, sur l’invitation des Anciens du Rugby de Villejuif. Le 29 septembre 2007 pour le 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros. Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 pour la promotion, par l’Estancada, du CD 2 de Camin Casa, à la Maison des Pyrénées Atlantiques.
Mais « lo taulèr » fut aussi entendu sur la péniche le Mistral, sur le Canal de Saint-Denis, face au Stade de France, au soir d’une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009 où quelques membres de Camin Casa reçurent le soutien d’amis du rugby dionysien.
CommentaireJe le répète en conclusion, les scènes et les impressions décrites ou ressenties dans « lo taulèr » ne proviennent pas uniquement de l’imaginaire.

Camin Casa : commentaires sur CD 2 (première partie)

Même méthode que pour le CD 1 dont les deux parties ont été publiées le 14 février et le 22 avril 2019. Pour le CD 2 je divise aussi l’étude en deux parties : la première comprend les chansons numérotées de 1 à 8, la deuxième les chansons de 9 à 15.
Je recopie l’introduction toujours valable.
Dans ce qui suit j’apporte quelques commentaires sur les textes et les musiques (quand ils sont personnels), pour chaque composition : date et lieu du début de création  (de mémoire ou à partir de document retrouvé), parfois motivation d’écriture, quelques chiffres sur les répétitions, retour sur l’interprétation en public …  Pour étayer cela  j’ai retrouvé dans notre grange de nombreux documents en décembre 2018.
Ce deuxième CD a été enregistré au Studio Arbus de Pontacq (comme le premier) en mai 2008. La composition du groupe diffère pour deux raisons essentielles. La première du fait de la disparition de deux chanteurs de CD1, Contant Bergeras et  Joëlle Peyriller, auxquels nous rendons hommage dans la couverture du livret. La deuxième parce que 4 jeunes Béarnais « montés » à Paris pour le travail ont rejoint notre Association l’Estancada et par conséquent son groupe de chant Camin Casa : les frères Sébastien (voix et trompette) et Yannick Arrieux (voix), Jean-Pierre Bergé (voix et percus), Séverine Berdot (voix et flûte traversière), Sylvain Gayral (guitare) et Christian Maysonnave (voix, saxophone, clarinette et basse). Les autres interprètes déjà présents au CD 1 : Angèle Fourcade (voix), Graciela Villanueva-Berdot (voix et piano), Alain Berdot (voix et guitare), Philippe Labarère (voix), Gilles Gayral (voix  et flûte à bec), Michel Berdot (voix). Soit 12 intervenants.

1. Aimar (aimer).

Date et lieu : Au départ il s’agit d’un texte écrit en Français (pour le moment je n’ai pas retrouvé en quelle année) intitulé « j’ai conjugué le verbe aimer« . Je l’ai ensuite traduit et adapté en Béarnais, les débuts de cette traduction datant du 21 juillet 1992, à Saint-Pée, la version finale en août 92.
Thème : Il s’agit d’une description des relations amoureuses dans le cadre ô combien bucolique de la montagne toujours accueillante.
Résumé : Sovien-te’n suberbèra hada/Pitnavam sus l’èrba rasada/Cernats de mila flors perhumadas/La montanha èra tota nosta/Sus dus còs ligats en un sol/Los crums nodavan un linçòu/A mieitat esconut lo só/Lissava lièt de velós doç.
Souviens-toi superbe fée/Quand nous gambadions sur l’herbe rase/Entourés de mille fleurs parfumées/La montagne était toute à nous/Sur nos deux corps liés en un seul/Les nuages ont lié un drap/Et le soleil à moitié caché/Lissait un lit de velours doux.
Refrain : Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Per tots los temps, per tots los lòcs/Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Dab lo ton còs/Dab lo ton còr.
J’ai conjugué le verbe aimer/Par tous les temps, par tous les lieux/J’ai conjugué le verbe aimer/Avec ton cœur, avec ton corps.
Répétitions : Pour le moment (juin 2019) je n’ai pas retrouvé d’indications sur les répétitions concernant « aimar ».
Représentations : Les deux CD enregistrés par Camin Casa en 1996 et 2008 comprennent une trentaine de chansons. Les 29 apparitions sur scène se répartissent entre juin 1991 et juin 2006. Ce sont essentiellement des textes du premier CD qui furent interprétés. On verra que seulement 6 appartiennent à CD 2. « aimar » n’en fait pas partie.

2. Apleguem-nse (regroupons-nous).

Date et lieu : Le début de la première version date du 07 juin 1989. Le titre provisoire était alors « té d’oc » (prononciation en Français). Car je suivis dans un premier temps la musique d’une chanson populaire du compositeur grec Théodorakis. Le titre se transforma vite en « aplegam » (regroupons) et cette chanson était destinée au départ au premier CD de Camin Casa en mai 1996. Mais comme nous ne voulions pas prendre le risque d’un conflit avec Théodorakis (droits d’auteur) nous avons envoyé à celui-ci une demande d’autorisation, rédigée, en Anglais, par Yves Salanave, en incluant dans la lettre les paroles de Camin Casa… Aucune réponse de Gréce nous parvenant, nous avons exclu la chanson du CD1. Pour le CD2 de 2008 (soit 12 années plus tard) j’ai donc proposé au groupe d’intégrer « apleguem-nse » (regroupons-nous) mais en changeant complètement la musique : Yannick Arrieux et Gilles Gayral furent à la base de ce nouvel air.
Thème : Nous avons conscience d’appartenir à un peuple déterminé à conserver sa langue et sa culture. Pour cela nous allons chanter et danser avec les fées réunies dans la prairie.
Résumé : Quan l’ausèth s’escapa deu nid/Non sauneja qu’a viatjar/Mes quan devien mei atjat/Que parla de tornar/Víver près de l’ostau.
Quand l’oiseau s’échappe du nid/Il ne songe qu’à voyager/Mais quand il vieillit/Il parle de revenir/Pour vivre près de chez lui.
Répétitions : Première place avec 60 répétitions, ce que l’on peut comprendre puisque la chanson fut envisagée sur les deux CD.
Représentations : En public « aplegam » puis « apleguem-nse » fut interprété 10 fois.
Le 09 novembre 1991 au Foyer PTT rue de Nantes pour une fête de l’Estancada. Le 28 mars 1992, encore rue de Nantes, pour le 4ème anniversaire du Shiulet, la revue trimestrielle de l’Estancada. Le 27 mars 1993, encore rue de Nantes, dans le cadre du 5ème anniversaire du Shiulet. Le 29 mai 1993, rue de Nantes, à l’occasion d’un concert commun avec « los deus remparts » de Navarrenx . Le 29 janvier 1994, rue de Nantes, pour une fête de l’Estancada et un débat sur l’ouverture du Tunnel du Somport. Le 07 mai 1994 sur la Place Saint-Louis de Choisy-le-Roi à l’occasion d’une brocante. Le 26 novembre 1994, rue de Nantes, lors de l’AG de l’Estancada. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand au cours de la Journée occitane organisée par l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour fêter les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée cabaret organisée par l’Estancada.
Commentaire : Pour l’enregistrement du CD nous nous sommes partagés les interventions vocales. Mais le jour J Alain ne se sentait pas tout à fait à l’aise pour interpréter son couplet (le 3ème). Au dernier moment Gilles se dévoua pour le remplacer et quitter pour une fois sa flûte.

3. Cap a Cap (nòrd)  et 4. Cap a Cap (sud(tête à tête).

Date et lieu : Dans les brouillons retrouvés apparaissent deux lieux parisiens et deux dates éloignées concernant des successions de sonorités et des jeux de mots. En septembre 1985 face au Musée du Louvre et devant la librairie Pandenas du 5ème arrondissement en juillet 1990. Un premier refrain construit à cette époque fut heureusement abandonné plus tard (je n’ose pas le répéter ici).
Thème : De longue date intrigué par les similitudes des consonances entre plusieurs mots je décidai d’associer et de faire succéder ces mots de même sonorité sans autre lien entre eux.
Résumé : Puisque le texte ne raconte pas une histoire ou une description ou un témoignage il est difficile d’isoler un couplet plutôt qu’un autre. J’en choisis toutefois un caractérisé par la syllabe « au« .
Haut d’Aussau/Vau mau nau/Plau sus Pau/Cèu hastiau/Cauta aubada/Cau la sau/Taus nau sauts/De l’aulhada.
Le haut d’Ossau/Vaut un mal neuf/Il pleut sur Pau/Ciel répugnant/Chaleureuse aubade/Il faut du sel/Pour les neuf sauts/De la brebis.
Refrain : Cap a Cap/Man a man/Qu’ei la ronda deus sons/Cap a Cap/Man a man/Atau dansan los mots.
Tête à tête, main dans la main, c’est la ronde des sons. Tête à tête, main dans la main, ainsi dansent les mots.
Répétitions : 12 répétitions pour Cap a Cap Nòrd mais rappelons que nos documents s’arrêtent en 2007.
Représentations : « Cap a Cap » ne fut jamais chanté sur scène à ce jour.
Commentaire : Pourquoi deux versions pour ce chant, de mêmes paroles mais de musiques différentes ? Le groupe Camin Casa de l’époque était constitué de deux entités géographiquement éloignées. La version « nord » fut élaborée par les membres vivant en région parisienne. Yannick Arrieux m’assista pour la composition, essentiellement parlée. La composition de la version « sud » , plus musicale, concerne Sébastien Arrieux et Jean-Pierre Bergé au sud de la Garonne.

5. Lo monde arrevirat (le monde à l’envers).

Date et lieu : Sur plusieurs anciens brouillons retrouvés ne figurent ni date ni lieu des premières moutures. Mais comme j’utilise encore dans ces écrits l’écriture phonétique du Béarnais, j’en déduis leur ancienneté.
Thème : Le texte est l’adaptation, pour les paroles, d’une chanson de Paco Ibañez (en gardant l’air dans un premier temps) « el mundo al revés » –le monde à l’envers. Il s’agit du rêve d’un monde transformé utopique car à l’opposé (à l’envers) des réalités quotidiennes.
Résumé : Premier couplet de Paco Ibañez : Era una vez/Un lobito bueno/Alqué maltraban/Todos los cordellos. Il était une fois un gentil petit loup que maltraitaient tous les agneaux.
Premier couplet pour moi : Que i avè un dia, papà/Un brave labrit tot dóç/Qui èra sovent mau-métat/Per los sons motons tinhos. Il y avait un jour, papa, un brave labrit tout doux, souvent maltraité par ses moutons hargneux.
Dernier couplet pour nous, ressemblant fort à celui de Paco I : Ailàs tot aquò, mamà/Non l’èi jamei vís qu’un còp/Qu’èra quan saunejavi/Lo monde arrevirat. Hélas tout cela maman, je ne l’ai jamais vu qu’une fois, c’est quand je rêvais le monde à l’envers.
Répétitions : 7 avant 2007.
Représentations : Camin Casa a joué une fois « lo monde arrevirat » en public, le 27 décembre 2008, en l’église du Départ d’Orthez, pour une soirée au profit de la Calandreta, l’école occitane.
Quelques uns d’entre nous l’ont également chanté après une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009, sur la Péniche « le Mistral » amarrée dans le Canal de Saint-Denis à deux pas du Stade de France. Le club de St Denis, le Sdus, nous avait proposé d’animer l’après match, avec la  collaboration des membres de ce club, tous anciens joueurs comme nous.
Commentaires : Dans un des tous premiers brouillons parcourus je relève un vers pas retenu par la suite, sur l’équipe de rugby bien connue d’Oloron, le FCO (prononcer fécéo) : FCO prumèr de pora (FCO premier de poule). Car à l’époque le championnat de France était constitué de multiples « poules » de huit clubs – ce qui confirme l’ancienneté de ces premiers brouillons. Et le FCO d’alors ne craignait pas d’affronter le rival palois mais aussi l’ogre biterrois.
Avant de devenir « lo monde arrevirat » le titre premier de la chanson fut « lo monde a l’envers« , par analogie avec celui de Paco I (cité plus haut).

6. Los tres motociclistas (les trois motocyclistes).

Date et lieu : Cette chanson se veut être une parodie (respectueuse) d’un tube de nos amis les Pagalhós (suu pont de Mirabel) où la jeune Catherine reçoit l’hommage de trois cavaliers. J’adapte la situation à notre époque en faisant intervenir trois motocyclistes. Je modifie également l’air de ce chant.
Comme pour tout texte plusieurs versions se succèdent avant d’aboutir à l’ultime. Pour « los tres motociclistas » l’évolution du texte s’étend entre janvier et avril 1997 en divers endroits de la région parisienne.
Thème : Amandine, qui dort sur la place du village (alors que Catherine lavait son linge sous le pont), est réveillée par trois motocyclistes intéressés par sa personne. L’un des trois l’emmène sur sa moto 750 sous prétexte de se ravitailler en gazoil. On ne revit plus jamais ni la 750 ni Amandine.
Résumé : Couplet 1 : A l’ombra de las platanas la bèra Amandina que dromilhava. Tres joens motociclistas s’estacan, lo cap drin partvirat.
La belle Amandine dormait à l’ombre des platanes quand trois motocyclistes s’arrêtent près d’elle, le cœur un peu retourné.
Couplet 4 : A l’ombra de las platanas ua mair desesperada  despuish que plorava. A l’ombre des platanes, depuis, une mère désespérée ne cesse de pleurer.
Représentations : Aucune représentation en public pour « los tres motociclistas »
Commentaires : Le titre choisi à l’origine était « Amandina« . Mais je l’éliminai  pour deux raisons. D’une part parce que un prénom apparaissait déjà dans deux de mes textes, dans le CD 1 : Melina et Baptista et je ne voulais pas en rajouter un troisième. D’autre part, l’originalité de la chanson est l’intervention de motocyclistes, ce qui est peu courant dans la chanson béarnaise.
Graciela joua un rôle important dans l’arrangement de cette chanson.

7. Comunicacion (communication).

Date et lieu : « Comunicacion » est la seule chanson de ce CD 2 dont je n’ai pas écrit les paroles, la paternité revenant à Philippe Labarère, l’ami Moneinchon bien connu (habitant de Monein comme chacun sait). A l’époque il vivait à Paris, membre influent de l’Estancada et de Camin Casa, et écrivit ce texte un peu avant 2005. Dans l’optique d’un futur enregistrement j’encourageai Philippe à me fournir son œuvre. Pour la musique je m’inspirai de plusieurs airs connus que j’accommodai à ma sauce, morceau découpé en 3 parties musicales. La dernière version date du 18 juillet 2006, certainement en Béarn.
Thème : La chanson traite des relations, voire des conflits, entre différents âges : papy et mamie, l’écolier et son père face aux résultats, la cuisinière et sa tablée …
Résumé : Des six couplets présents (durée totale : 4 min 06) j’isole le deuxième.
Quan lo vielh tornava hart/Hens la solharda en s’espatarar/Que i avè mus a casa/Eth temps de har ua analisa/E dab un gran cóp d’escoba/La mair-grana que hasè proba.
Quand le vieux revenait bien saoul/Et s’étalait dans la remise/On lui faisait une drôle de tête à la maison/Le temps de faire une analyse/Et à grands coups de balai/Grand-mère faisait de la poussière.
Refrain : E permor qu’at sabè/La coda en darrèr/Lo car qu’arroganhè/Capvath de l’escalèr.
Et parce qu’il le savait/La queue en arrière/Le chien grognait/Caché sous l’escalier.
Représentations : Aucune représentation en public pour « comunicacion ».

8. Canta beròja (chante la belle).

Date et lieu : C’est en juillet 1977, sur Paris puis en Béarn que « canta beròja » vit le jour et s’épanouit. Les feuilles disponibles prouvent l’ancienneté de la chanson car l’écriture utilisée est encore phonétique, par exemple le titre : « cante berroye« .
Thème : La chanson évoque les diverses étapes de l’histoire d’un couple, avec entre autres la première rencontre, la séparation et les retrouvailles.
Résumé : Je cite simplement le premier vers de chacune des huit parties.
S’èm encontrats, s’èm coneguts, s’èm embrassats, s’èm aimats, s’èm pelejats, s’èm separats, s’èm regrettats, s’èm retrobats.
On s’est rencontrés, connus, embrassés, aimés, disputés, séparés, regrettés, retrouvés.
Refrain : Canta, canta, canta beròja/Canta, canta, dinc a doman/Canta, canta, canta, beròja/Canta, canta, dinc au matiau.
Chante la belle/Chante jusque à demain/Chante la belle/Chante jusqu’au matin.
Répétitions : On atteint 23.
Représentations : Aucune prestation en public pour »canta beròja ».
Commentaire : Le dernier couplet décrit la situation réelle que j’ai vécue avec Hélène, c’est à dire des retrouvailles, après quelques années, un jour de marché, en traversant la rue.
S’èm retrobats
 quèra dia de mercat/Lo camin que l’avem tots dus traucat.
Nous nous sommes retrouvés un jour de marché/Nous avons tous les deux traversé le chemin.


 Les 7 autres chansons du CD 2 font l’objet de la deuxième partie de l’étude.