Camin Casa : commentaires sur CD 2 (deuxième partie)

La première partie des commentaires sur le CD 2 du groupe Camin Casa concernait les titres 1 à 8 de ce disque. Nous abordons maintenant les commentaires sur les titres 9 à 15, en conservant le même plan de route : date et lieu de naissance (quand mes archives retrouvées le permettent), thème et résumé, refrain s’il existe, quelques chiffres sur les répétitions (mais les archives s’arrêtent pour elles à 2007, pour l’instant), représentations (date, lieu, circonstance), anecdote ou commentaire personnel.
Rappels : Camin Casa est le groupe de chant de l’Association occitane de Paris,  l’Estancada. Le deuxième CD de ce groupe fut édité en mai 2008. Sa composition est donnée dans dans la première partie publiée le 5 mai 2019, ainsi que quelques infos sur l’enregistrement au studio Arbus de Pontacq.
La réalisation graphique de la pochette du CD 2 est à l’actif de Thierry Chauvin.

9. Encontre (rencontre).

Date et lieu : Plusieurs dates jalonnent les brouillons retrouvés : de janvier 1986 à septembre 1989. La chanson était donc terminée lors de l’enregistrement du CD 1 en mai 1996 mais je ne l’avais pas encore proposée au groupe.
Thème : Il s’agit de la rencontre de 2 skieurs ; elle (de Bordeaux) et lui (du Béarn). Dialogue difficile, finalisé par un espoir suggéré.
Résumé : Premier et dernier couplets à suivre.
Una démisela de Bordèu/Que’s passejava sus la nèu/A un cutorn qu’a encontrat/Un joen e amistós mainat.
Une demoiselle de Bordeaux se promenait sur la neige. Elle a rencontré dans un tournant un jeune garçon amoureux.
Perqué donc tant de désesper ?/Lo dia moreish tostemps au ser/Pèna demora au medish lòc/Un matin qu’at diserèi òc.
Pourquoi tant de désespoir ? Chaque soir le jour se meurt. Le rocher reste au même endroit. Un matin je te dirai oui.
Répétitions : Elles sont au nombre de 14.
Représentations : Aucune représentation en public pour « encontre ».
Commentaire : À l’introduction, parlée par Philippe Labarère (couplets 1 et 2), succède une alternance des voix féminines  (Graciela, Angèle, Séverine) pour les couplets 4, 6, 8 et des voix masculines pour les couplets 3, 5, 7. L’ensemble reprend en fin de chant le couplet 1.

10. L’Entròpia (l’Entropie).

Date et lieu : Le 06 octobre 2002, à l’issue d’un match de rugby à Vitry-sur-Seine, qui recevait Saint-Denis, après discussion avec l’ami Michel Rogel (avec lui ce n’était pas la première sur l’entropie) je pris la décision de composer une chanson sur ce sujet pas du tout classique. Les premières ébauches se répartissent entre décembre 2002 et juillet 2004, d’après les épreuves classées, en région parisienne. Une deuxième période se situe durant l’été 2006, pendant une traversée ralentie de la ville de Bordeaux puis , pour la première mise en forme réelle au lieu dit La Mouline à Arette, sur la route de la Pierre Saint-Martin.
Thème : Voici tout d’abord la définition de l’entropie, donnée par le dictionnaire Robert. L’entropie est une fonction exprimant le principe de dégradation de l’énergie et l’augmentation du désordre. Je reprends donc diverses notions liées au second principe de la thermodynamique, comme le désordre moléculaire, les échanges de chaleur entre deux systèmes, l’irréversibilité, l’évolution d’une transformation, en les appliquant à des êtres ou à des éléments de la nature qui nous entoure (mouvements de foule lors des manifestations populaires et mouvement de houle de la mer, ébats amoureux …).
Résumé : Quelques parties du premier et du dernier couplet.
Nosta dauna l’entròpia ei coneguda com dauna de princips, e sustot lo princip segond de la termò. L’entropie est connue comme une dame de principes, et surtout le deuxième principe de la Thermo.
L’entròpia preved l’evolucion en un sol sens d’ua transformacion,espontanament, shens nada constrenta. Qu’ei com lo temps qui passa, ne torna pas jamei. L’entropie prévoit l’évolution, d’une transformation, en un seul sens, spontanément, sans aucune contrainte. C’est comme le temps passé qui ne revient jamais.
Refrain : L’entròpia, l’entròpia, ua foncion termodinamica, qui s’i freta s’i pica.
L’entropie, une fonction thermodynamique, qui s’y frotte, s’y pique.
Représentations : Aucune prestation publique pour « l’entròpia ».
Commentaires : Pour l’enregistrement du disque on décide que le seul Sébastien chantera les 5 couplets afin que l’audition soit plus claire. Le groupe au complet n’intervient que sur le refrain.
Un café nommé « l’Entropie » existe à Pau, lieu de rencontres scientifiques. Peu de temps après la sortie du CD j’ai informé le tenancier de l’existence de notre chanson et de l’analogie de son titre avec le nom de son établissement, pensant que cette curiosité pourrait l’étonner. Mais nous (j’étais accompagné de Jean-Pierre Bergé) n’avons suscité ni commentaire ni intérêt de la part de notre interlocuteur, pas même une question polie sur le thème et la trame de la chanson.
En revanche, lors de l’édition juillet 2008 (ou 2009 ?) de la dégustation de Chapelle-de-Rousse une discussion, inattendue pour moi, autour de l’entropie réunit 3 gais mais lucides comparses, Momo , Président des Pagalhós et chimiste renommé, Jean-Loup Fricker et moi-même. Hélas, cette conversation ne fut pas enregistrée et l’opinion publique en sera donc privée.

11. Mon país qu’ei la montanha (mon pays c’est la montagne).

Date et lieu : La lecture des brouillons disponibles donne à penser que les deux premiers paragraphes de la version béarnaise (voir plus loin) datent du 08 juillet 1990. Pour les deux suivants il fallut attendre mars 1992.
Aucune indication relevée sur le lieu d’origine.
Thème : inspiré de la chanson du Québécois Gilles Vigneault (mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver). C’est grâce à cet auteur-compositeur, ainsi qu’à son compatriote Félix Leclerc, que je tombai amoureux du Québec, au point d’y vivre 18 mois dans les années 1972-73. Un peu plus tard, en septembre 1982 je finissais de composer, par mimétisme, en Français, « mon pays c’est la montagne » avant d’adapter le texte en Béarnais presque 10 ans plus tard.
Résumé Mon pays c’est la montagne et ses sommets majestueux, sentinelle de l’Espagne, siège de torrents, senteurs et pâturages, de bergers à fière allure et d’animaux multiples en liberté comme les brebis, les isards, les marmottes, les vautours, l’ours et le labrit.
Répétitions : Un bon score : 49.
Représentations : « mon país qu’ei la montanha » a été chanté en huit occasions. sur scène. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête de famille chez les Gayral. Le 28 septembre 1996 à Siros lors du 30ème festival de la chanson béarnaise. Le 19 septembre 1998 à Aramits, pour les 7èmes rencontres vocales pyrénéennes. Le 06 novembre 2002 à Neuilly-sur-Marne, dans le cadre d’un club de voile local. Le 27 mars 2005 à Pomponne pour les 50 ans de l’ami Jean-Claude Arrieux. Le 23 juin 2006 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques  (avenue de l’Opéra à Paris) pour la fête de fin de saison de l’Estancada. Le 27 décembre 2008 à l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques (avenue de l’Opéra à Paris) pour la soirée promotion de notre CD 2.
En plus de ces représentations de « mon país qu’ei la montanha » avec Camin Casa cette chanson fit partie du répertoire des Saint-Péens, que j’accompagnais, le 11 décembre 2010, à la maison de retraite du Parc Pommé d’Oloron. Elle fut également chantée sur la Péniche « le Mistral » , sur le Canal de Saint-Denis, jouxtant le Stade de France, après une finale du Championnat de France de rugby, par les copains de Camin Casa et du SDUS (club de St Denis), le 06 juin 2009.
Commentaires : Cette chanson est la seule qui figure sur les deux CD de Camin Casa : 1996 et 2008. Par rapport à 1996 un couplet supplémentaire a été ajouté en 2008, apparaissant en dernière position. Sa création débuta le 21 septembre 1996 … encore dans le métro.
« Mon país qu’ei la montanha » garde la préférence de nos amis de Saint-Pée Jean et Angèle qui l’ont entamé en plusieurs occasions dans des soirées animées, tout comme Laurent Pedelaborde.
Avant cette version occitane j’avais écrit, en Français, « mon pays c’est la montagne » en septembre 1982. La version occitane est une adaptation de la version initiale.

12. Mainada (ma fille).

Date et lieu : Dans mes archives le premier brouillon de « mainada » (encore écrit en phonétique « maynade ») date du 25 septembre 1988, à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (!!). Aucune indication sur la raison de ma présence à l’hôpital ce jour-là : pour une visite à ma mère ? à un copain du rugby ? …
Les autres traces conservées se répartissent entre septembre et novembre 1989. Ces ébauches sont donc bien antérieures à la parution du CD 1 de Camin Casa (mai 1996) : je n’avais sûrement pas oser proposer cette chanson au groupe à ce moment là.
Une ultime correction paraît dans un brouillon des 25 et 30 août 2006.
Thème : En 1988 nos deux filles ont 5 ans (Aurélie) et 2 ans (Séverine). Je décide de leur consacrer une chanson où j’essaie d’exprimer toutes les émotions, les joies, les espoirs, qu’elles me procurent depuis leur naissance.
La musique provient d’un air traditionnel religieux de Pologne : Mahuski (Petit Jésus).
Résumé : La première partie du premier couplet sera répétée en fin de chanson.
Ò mainada, mainada, mainada/Tant aimada/Non jamei seràn las gaujors que m’as balhadas/Desbrombadas.
Ô ma petite fille tant aimée/Jamais ne seront oubliées les joies que tu as su me procurer.
Répétitions : Aucune répétition avant 2007 car la chanson n’était pas encore achevée.
Représentations : Pas de représentation sur scène pour « mainada ».
Commentaires : Dans cette chanson « a cappella » (la seule du disque) Séverine et moi sommes les seuls intervenants vocaux. Je suppose qu’à l’époque ce fut un souhait de nos compagnes et compagnons du groupe. Mais c’est assez tardivement que le titre « mainada » fut incorporé dans la liste des chansons du CD 2. En conséquence, paradoxalement le nombre de répétitions entre père et fille s’avéra certainement insuffisant, ce qui peut expliquer quelques défauts dans l’interprétation, auxquels il faut ajouter la voix « enrouée » du père.
Les années ont passé. Chacune de nos deux filles a à son tour engendré un enfant : ua mainada pour Séverine, Jeanne, et un mainat pour Aurélie, Artús. Au moment où j’écris ces lignes ces deux petits enfants approchent l’âge de 2 ans (mai 2019). Comme pour leurs mères, 30 ans plus tard, je me suis lancé dans une chanson en leur honneur, terminée il y a une année mais pas encore divulguée, pour l’instant sans titre.

13. Praube de tu (pauvre de toi).

Lieu et date : Pour la première fois depuis l’existence de Camin Casa la musique d’une de leurs chansons, en l’occurrence « praube de tu », provient d’un membre du groupe, Gilles Gayral, qui me proposa cet air lors d’une de nos rencontres/répétitions, au piano, à Epinay, chez Alain et Graciela. Je gardai cet air en tête quelque temps avant de songer à lui associer des paroles. Ainsi naquit « praube de tu » en l’année 1997.
Quelques dates jalonnent la création de ses 8 couplets. Citons, dans un premier temps, pour les 6 premiers couplets, le 10 avril 1997, le 03 juin 1997 au Parc des Coteaux de Vitry, et le 09 février 2000. Les deux derniers couplets furent élaborés en août et septembre … 2006.
Thème : La musique de Gilles plutôt entraînante ne m’a pourtant pas inspiré des paroles follement gaies puisque le texte énumère des réalités quotidiennes (personnes ou situations) pour moi gênantes ou mal ressenties. Vacuité de celui (celle) qui croit tout savoir, cheminement sans espoir de celui (celle) qui n’a pas d’ami(e)s, sécheresse de cœur de celui (celle) qui ne vit que pour l’argent, esprit mesquin de celui (celle) pour qui l’autre n’est que danger, mal-être d’un pays auquel on réprime sa propre langue, triste journée quand on la prive de musique, noirceur du temps qui passe sans aucun rêve. Heureusement l’espoir renaît avec le jeune garçon (la jeune fille) dont les yeux s’ouvrent sur la joie de vivre.
Résumé : Le premier et le dernier couplets résument ces états d’âme.
Quin pòt estar vuèit lo cap/Lo cap d’un qui sap tot.
Comme elle peut être vide /La tête de celui qui sait tout.
Mes quin pareish clar/L’espiar d’un joen gojat.
Mais comme il paraît clair/Le regard du jeune enfant.
Répétitions : 30.
Refrain : Refrain après chacun des 7 premiers couplets :
Qu’as desbrembat de te’n arrider/Los uelhs barrats, perdes l’ahida/Praube de tu ! On vas atau ?
Tu as oublié de rire/Les yeux fermés, tu perds espoir/Pauvre de toi ! Où vas-tu ainsi ?
Refrain modifié après le dernier couplet, couplet 8 :
N’as pas deishat de te’n arrider/Los uelhs uberts cercas l’ahida/Atau qu’ei plan ! Demora atau.
Tu n’as pas oublié de rire/Les yeux ouverts tu cherches l’entrain/C’est bien comme ça poursuis ainsi.
Représentations : En une occasion Camin Casa interpréta « praube de tu » sur la scène : le 25 juin 2006 à la Maison des Pyrénées Atlantiques de Paris, avenue de l’Opéra, lors de la fête de fin de saison de l’Estancada. Ce local nous fut gracieusement prêté par le Conseil Départemental durant plusieurs années pour nos répétitions.
Commentaire : Les arrangements musicaux de cette chanson proviennent de Graciela Villanueva et Christian Maysonnave.

14. Qu’es pertot (tu es partout).

Date et lieu :  « qu’es pertot » fut élaboré en octobre 1977. Le brouillon suivant date du 18 décembre 2006. Certainement un des tous premiers brouillons car seuls les titres des futurs couplets apparaissent, accompagnés d’un commentaire sur la mélodie : « rondeau » enlevé.
Thème : Un amoureux se désespère car sa belle vient de quitter les lieux mémorables où ils vécurent quelque temps ensemble. Il lui semble revoir l’absente en de multiples endroits qu’ils avaient fréquentés ensemble.
Résumé : A chacun des 5 couplets de la chanson correspondent deux images. J’en propose trois de ces dix parties.
Un shiulet de pastór dens la prada/ Ton arrider se’n moresh en cascada.
Un sifflet de berger dans la prairie/Ton rire vient mourir en cascade.
Huec de heuguèra catsus deu prat/Tons uelhós esclarits m’an troblat.
Un feu de fougère en haut du pré/Tes yeux clairs m’ont troublé.
Pèira lusenta a l’arrai deu só/Tas dents an l’esclat viu d’un tresaur.
Une pierre luisante aux rayons du soleil/Tes dents ont le vif éclat d’un trésor.
Refrain : Qu’es partida d’ací/En deishar tot/Mes despuish per ací qu’es pertot.
Tu es partie d’ici laissant tout/Mais depuis par ici tu es partout.
Représentations : « qu’es pertot » fut interprété trois fois par Camin Casa en public. Le 29 septembre 2007 au 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros, Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de l’Ecole Calandreta. Le 14 mai 2009 à la Maison des Pyrénées Atlantiques lors de la fête de l’Estancada et la promotion du CD 2.
Mais cette chanson « retentit » aussi sur la péniche le Mistral du Canal de Saint-Denis, le 06 juin 2009, après une finale du championnat de France de rugby, sur l’invitation de copains du club de la ville, le SDUS.
Commentaire : Cette chanson fut programmée assez tardivement pour le CD 2. Je me souviens très bien l’avoir proposée à une répétition du vendredi soir, à la Maison des Pyrénées Atlantiques, et avoir recueilli de suite l’accord de Yannick Arrieux pour chercher une « haute ».

15. Lo taulèr (le comptoir).

Date et lieu
: En août 2004, lors d’une randonnée en montagne à laquelle participait notre ami Bernard Guillou (lacs d’Anglas et Uzouis, au -dessus de Gourette), ce dernier me confia un dicton appris de son oncle breton : la Terre est basse, le Ciel est haut, seul le comptoir est à ma hauteur. Cette affirmation fulgurante ne devait plus me quitter et devenir, traduite en Béarnais et à peine transformée, le refrain d’une future chanson , « lo taulèr ».
Dès septembre 2004, au bord du Lac de Choisy-le-Roi puis dans le cadre du Parc du Coteau de Vitry-sur-Seine, notre lieu d’habitation, une première version de ce refrain apparaît, d’abord sous le titre en Français « le comptoir » puis « lo comptador » puis enfin « lo taulèr ». Les 5 couplets s’élaborent ensuite petit à petit entre septembre et novembre 2004, toujours dans le Val de Marne. En juin et juillet 2005 la structure se rapproche de sa forme définitive. Les dernières étapes datent d’avril 2006, avec l’aide des frères Sébastien et Yannick Arrieux, dans le local de la Maison des Pyrénées, Avenue de l’Opéra, pour une version finale en fin avril 2006.
ThèmePour changer des thèmes traditionnels utilisés jusqu’alors dans mes textes (amour, montagne, vie sociale ou politique) je profite du « message » festif du refrain cité plus haut pour décrire la vie nocturne de Paris, fréquentée au sein de notre Association l’Estancada. Sont ainsi abordés différents lieux et situations connus des noctambules parisiens.
Résumé : Quelques parties des couplets 1, 2, 4 et 5.
Quan tots los frustrats que glapan la télé/Jo que’m deishi plan sedusir per la nueit.
Quand tous les frustrés se gavent de télévision/Moi je me laisse séduire par la nuit.
Los marronièrs que m’aperan tà dançar/E jo pegòt que proseji dab la nueit.
Les marronniers m’attendent pour danser/Et moi comme un fou je parle à la nuit.
A l’aubeta que va tornar har lo monde/E jo qu’enviti a taula l’utòpia.
A l’aube nous refaisons le monde/Et moi j’invite l’utopie à ma table.
Uei n’èi pas trobat nat café de barrat/Hart de béver qu’ei tanben un art de víver.
Aujourd’hui je n’ai trouvé aucun café fermé/S’enivrer est aussi un art de vivre.
Refrain : Lo cèu qu’ei tròt haut, la tèrra qu’ei tròp baisha/Sonque lo taulèr qu’ei a la mia hautor.
Le ciel est trop haut, la terre est trop basse/Il n’y a que le comptoir qui soit à ma hauteur.
Représentations : En cinq occasions le groupe Camin Casa monta sur scène pour chanter « lo taulèr ». Le 23 juin 2006 pour la fête de fin de saison de l’Estancada, dans l’enceinte de la Maison des Pyrénées Atlantiques à Paris. Le 17 novembre 2006 à la Maison des Associations de Villejuif, sur l’invitation des Anciens du Rugby de Villejuif. Le 29 septembre 2007 pour le 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros. Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 pour la promotion, par l’Estancada, du CD 2 de Camin Casa, à la Maison des Pyrénées Atlantiques.
Mais « lo taulèr » fut aussi entendu sur la péniche le Mistral, sur le Canal de Saint-Denis, face au Stade de France, au soir d’une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009 où quelques membres de Camin Casa reçurent le soutien d’amis du rugby dionysien.
CommentaireJe le répète en conclusion, les scènes et les impressions décrites ou ressenties dans « lo taulèr » ne proviennent pas uniquement de l’imaginaire.

Camin Casa : commentaires sur CD 2 (première partie)

Même méthode que pour le CD 1 dont les deux parties ont été publiées le 14 février et le 22 avril 2019. Pour le CD 2 je divise aussi l’étude en deux parties : la première comprend les chansons numérotées de 1 à 8, la deuxième les chansons de 9 à 15.
Je recopie l’introduction toujours valable.
Dans ce qui suit j’apporte quelques commentaires sur les textes et les musiques (quand ils sont personnels), pour chaque composition : date et lieu du début de création  (de mémoire ou à partir de document retrouvé), parfois motivation d’écriture, quelques chiffres sur les répétitions, retour sur l’interprétation en public …  Pour étayer cela  j’ai retrouvé dans notre grange de nombreux documents en décembre 2018.
Ce deuxième CD a été enregistré au Studio Arbus de Pontacq (comme le premier) en mai 2008. La composition du groupe diffère pour deux raisons essentielles. La première du fait de la disparition de deux chanteurs de CD1, Contant Bergeras et  Joëlle Peyriller, auxquels nous rendons hommage dans la couverture du livret. La deuxième parce que 4 jeunes Béarnais « montés » à Paris pour le travail ont rejoint notre Association l’Estancada et par conséquent son groupe de chant Camin Casa : les frères Sébastien (voix et trompette) et Yannick Arrieux (voix), Jean-Pierre Bergé (voix et percus), Séverine Berdot (voix et flûte traversière), Sylvain Gayral (guitare) et Christian Maysonnave (voix, saxophone, clarinette et basse). Les autres interprètes déjà présents au CD 1 : Angèle Fourcade (voix), Graciela Villanueva-Berdot (voix et piano), Alain Berdot (voix et guitare), Philippe Labarère (voix), Gilles Gayral (voix  et flûte à bec), Michel Berdot (voix). Soit 12 intervenants.

1. Aimar (aimer).

Date et lieu : Au départ il s’agit d’un texte écrit en Français (pour le moment je n’ai pas retrouvé en quelle année) intitulé « j’ai conjugué le verbe aimer« . Je l’ai ensuite traduit et adapté en Béarnais, les débuts de cette traduction datant du 21 juillet 1992, à Saint-Pée, la version finale en août 92.
Thème : Il s’agit d’une description des relations amoureuses dans le cadre ô combien bucolique de la montagne toujours accueillante.
Résumé : Sovien-te’n suberbèra hada/Pitnavam sus l’èrba rasada/Cernats de mila flors perhumadas/La montanha èra tota nosta/Sus dus còs ligats en un sol/Los crums nodavan un linçòu/A mieitat esconut lo só/Lissava lièt de velós doç.
Souviens-toi superbe fée/Quand nous gambadions sur l’herbe rase/Entourés de mille fleurs parfumées/La montagne était toute à nous/Sur nos deux corps liés en un seul/Les nuages ont lié un drap/Et le soleil à moitié caché/Lissait un lit de velours doux.
Refrain : Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Per tots los temps, per tots los lòcs/Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Dab lo ton còs/Dab lo ton còr.
J’ai conjugué le verbe aimer/Par tous les temps, par tous les lieux/J’ai conjugué le verbe aimer/Avec ton cœur, avec ton corps.
Répétitions : Pour le moment (juin 2019) je n’ai pas retrouvé d’indications sur les répétitions concernant « aimar ».
Représentations : Les deux CD enregistrés par Camin Casa en 1996 et 2008 comprennent une trentaine de chansons. Les 29 apparitions sur scène se répartissent entre juin 1991 et juin 2006. Ce sont essentiellement des textes du premier CD qui furent interprétés. On verra que seulement 6 appartiennent à CD 2. « aimar » n’en fait pas partie.

2. Apleguem-nse (regroupons-nous).

Date et lieu : Le début de la première version date du 07 juin 1989. Le titre provisoire était alors « té d’oc » (prononciation en Français). Car je suivis dans un premier temps la musique d’une chanson populaire du compositeur grec Théodorakis. Le titre se transforma vite en « aplegam » (regroupons) et cette chanson était destinée au départ au premier CD de Camin Casa en mai 1996. Mais comme nous ne voulions pas prendre le risque d’un conflit avec Théodorakis (droits d’auteur) nous avons envoyé à celui-ci une demande d’autorisation, rédigée, en Anglais, par Yves Salanave, en incluant dans la lettre les paroles de Camin Casa… Aucune réponse de Gréce nous parvenant, nous avons exclu la chanson du CD1. Pour le CD2 de 2008 (soit 12 années plus tard) j’ai donc proposé au groupe d’intégrer « apleguem-nse » (regroupons-nous) mais en changeant complètement la musique : Yannick Arrieux et Gilles Gayral furent à la base de ce nouvel air.
Thème : Nous avons conscience d’appartenir à un peuple déterminé à conserver sa langue et sa culture. Pour cela nous allons chanter et danser avec les fées réunies dans la prairie.
Résumé : Quan l’ausèth s’escapa deu nid/Non sauneja qu’a viatjar/Mes quan devien mei atjat/Que parla de tornar/Víver près de l’ostau.
Quand l’oiseau s’échappe du nid/Il ne songe qu’à voyager/Mais quand il vieillit/Il parle de revenir/Pour vivre près de chez lui.
Répétitions : Première place avec 60 répétitions, ce que l’on peut comprendre puisque la chanson fut envisagée sur les deux CD.
Représentations : En public « aplegam » puis « apleguem-nse » fut interprété 10 fois.
Le 09 novembre 1991 au Foyer PTT rue de Nantes pour une fête de l’Estancada. Le 28 mars 1992, encore rue de Nantes, pour le 4ème anniversaire du Shiulet, la revue trimestrielle de l’Estancada. Le 27 mars 1993, encore rue de Nantes, dans le cadre du 5ème anniversaire du Shiulet. Le 29 mai 1993, rue de Nantes, à l’occasion d’un concert commun avec « los deus remparts » de Navarrenx . Le 29 janvier 1994, rue de Nantes, pour une fête de l’Estancada et un débat sur l’ouverture du Tunnel du Somport. Le 07 mai 1994 sur la Place Saint-Louis de Choisy-le-Roi à l’occasion d’une brocante. Le 26 novembre 1994, rue de Nantes, lors de l’AG de l’Estancada. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand au cours de la Journée occitane organisée par l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour fêter les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée cabaret organisée par l’Estancada.
Commentaire : Pour l’enregistrement du CD nous nous sommes partagés les interventions vocales. Mais le jour J Alain ne se sentait pas tout à fait à l’aise pour interpréter son couplet (le 3ème). Au dernier moment Gilles se dévoua pour le remplacer et quitter pour une fois sa flûte.

3. Cap a Cap (nòrd)  et 4. Cap a Cap (sud(tête à tête).

Date et lieu : Dans les brouillons retrouvés apparaissent deux lieux parisiens et deux dates éloignées concernant des successions de sonorités et des jeux de mots. En septembre 1985 face au Musée du Louvre et devant la librairie Pandenas du 5ème arrondissement en juillet 1990. Un premier refrain construit à cette époque fut heureusement abandonné plus tard (je n’ose pas le répéter ici).
Thème : De longue date intrigué par les similitudes des consonances entre plusieurs mots je décidai d’associer et de faire succéder ces mots de même sonorité sans autre lien entre eux.
Résumé : Puisque le texte ne raconte pas une histoire ou une description ou un témoignage il est difficile d’isoler un couplet plutôt qu’un autre. J’en choisis toutefois un caractérisé par la syllabe « au« .
Haut d’Aussau/Vau mau nau/Plau sus Pau/Cèu hastiau/Cauta aubada/Cau la sau/Taus nau sauts/De l’aulhada.
Le haut d’Ossau/Vaut un mal neuf/Il pleut sur Pau/Ciel répugnant/Chaleureuse aubade/Il faut du sel/Pour les neuf sauts/De la brebis.
Refrain : Cap a Cap/Man a man/Qu’ei la ronda deus sons/Cap a Cap/Man a man/Atau dansan los mots.
Tête à tête, main dans la main, c’est la ronde des sons. Tête à tête, main dans la main, ainsi dansent les mots.
Répétitions : 12 répétitions pour Cap a Cap Nòrd mais rappelons que nos documents s’arrêtent en 2007.
Représentations : « Cap a Cap » ne fut jamais chanté sur scène à ce jour.
Commentaire : Pourquoi deux versions pour ce chant, de mêmes paroles mais de musiques différentes ? Le groupe Camin Casa de l’époque était constitué de deux entités géographiquement éloignées. La version « nord » fut élaborée par les membres vivant en région parisienne. Yannick Arrieux m’assista pour la composition, essentiellement parlée. La composition de la version « sud » , plus musicale, concerne Sébastien Arrieux et Jean-Pierre Bergé au sud de la Garonne.

5. Lo monde arrevirat (le monde à l’envers).

Date et lieu : Sur plusieurs anciens brouillons retrouvés ne figurent ni date ni lieu des premières moutures. Mais comme j’utilise encore dans ces écrits l’écriture phonétique du Béarnais, j’en déduis leur ancienneté.
Thème : Le texte est l’adaptation, pour les paroles, d’une chanson de Paco Ibañez (en gardant l’air dans un premier temps) « el mundo al revés » –le monde à l’envers. Il s’agit du rêve d’un monde transformé utopique car à l’opposé (à l’envers) des réalités quotidiennes.
Résumé : Premier couplet de Paco Ibañez : Era una vez/Un lobito bueno/Alqué maltraban/Todos los cordellos. Il était une fois un gentil petit loup que maltraitaient tous les agneaux.
Premier couplet pour moi : Que i avè un dia, papà/Un brave labrit tot dóç/Qui èra sovent mau-métat/Per los sons motons tinhos. Il y avait un jour, papa, un brave labrit tout doux, souvent maltraité par ses moutons hargneux.
Dernier couplet pour nous, ressemblant fort à celui de Paco I : Ailàs tot aquò, mamà/Non l’èi jamei vís qu’un còp/Qu’èra quan saunejavi/Lo monde arrevirat. Hélas tout cela maman, je ne l’ai jamais vu qu’une fois, c’est quand je rêvais le monde à l’envers.
Répétitions : 7 avant 2007.
Représentations : Camin Casa a joué une fois « lo monde arrevirat » en public, le 27 décembre 2008, en l’église du Départ d’Orthez, pour une soirée au profit de la Calandreta, l’école occitane.
Quelques uns d’entre nous l’ont également chanté après une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009, sur la Péniche « le Mistral » amarrée dans le Canal de Saint-Denis à deux pas du Stade de France. Le club de St Denis, le Sdus, nous avait proposé d’animer l’après match, avec la  collaboration des membres de ce club, tous anciens joueurs comme nous.
Commentaires : Dans un des tous premiers brouillons parcourus je relève un vers pas retenu par la suite, sur l’équipe de rugby bien connue d’Oloron, le FCO (prononcer fécéo) : FCO prumèr de pora (FCO premier de poule). Car à l’époque le championnat de France était constitué de multiples « poules » de huit clubs – ce qui confirme l’ancienneté de ces premiers brouillons. Et le FCO d’alors ne craignait pas d’affronter le rival palois mais aussi l’ogre biterrois.
Avant de devenir « lo monde arrevirat » le titre premier de la chanson fut « lo monde a l’envers« , par analogie avec celui de Paco I (cité plus haut).

6. Los tres motociclistas (les trois motocyclistes).

Date et lieu : Cette chanson se veut être une parodie (respectueuse) d’un tube de nos amis les Pagalhós (suu pont de Mirabel) où la jeune Catherine reçoit l’hommage de trois cavaliers. J’adapte la situation à notre époque en faisant intervenir trois motocyclistes. Je modifie également l’air de ce chant.
Comme pour tout texte plusieurs versions se succèdent avant d’aboutir à l’ultime. Pour « los tres motociclistas » l’évolution du texte s’étend entre janvier et avril 1997 en divers endroits de la région parisienne.
Thème : Amandine, qui dort sur la place du village (alors que Catherine lavait son linge sous le pont), est réveillée par trois motocyclistes intéressés par sa personne. L’un des trois l’emmène sur sa moto 750 sous prétexte de se ravitailler en gazoil. On ne revit plus jamais ni la 750 ni Amandine.
Résumé : Couplet 1 : A l’ombra de las platanas la bèra Amandina que dromilhava. Tres joens motociclistas s’estacan, lo cap drin partvirat.
La belle Amandine dormait à l’ombre des platanes quand trois motocyclistes s’arrêtent près d’elle, le cœur un peu retourné.
Couplet 4 : A l’ombra de las platanas ua mair desesperada  despuish que plorava. A l’ombre des platanes, depuis, une mère désespérée ne cesse de pleurer.
Représentations : Aucune représentation en public pour « los tres motociclistas »
Commentaires : Le titre choisi à l’origine était « Amandina« . Mais je l’éliminai  pour deux raisons. D’une part parce que un prénom apparaissait déjà dans deux de mes textes, dans le CD 1 : Melina et Baptista et je ne voulais pas en rajouter un troisième. D’autre part, l’originalité de la chanson est l’intervention de motocyclistes, ce qui est peu courant dans la chanson béarnaise.
Graciela joua un rôle important dans l’arrangement de cette chanson.

7. Comunicacion (communication).

Date et lieu : « Comunicacion » est la seule chanson de ce CD 2 dont je n’ai pas écrit les paroles, la paternité revenant à Philippe Labarère, l’ami Moneinchon bien connu (habitant de Monein comme chacun sait). A l’époque il vivait à Paris, membre influent de l’Estancada et de Camin Casa, et écrivit ce texte un peu avant 2005. Dans l’optique d’un futur enregistrement j’encourageai Philippe à me fournir son œuvre. Pour la musique je m’inspirai de plusieurs airs connus que j’accommodai à ma sauce, morceau découpé en 3 parties musicales. La dernière version date du 18 juillet 2006, certainement en Béarn.
Thème : La chanson traite des relations, voire des conflits, entre différents âges : papy et mamie, l’écolier et son père face aux résultats, la cuisinière et sa tablée …
Résumé : Des six couplets présents (durée totale : 4 min 06) j’isole le deuxième.
Quan lo vielh tornava hart/Hens la solharda en s’espatarar/Que i avè mus a casa/Eth temps de har ua analisa/E dab un gran cóp d’escoba/La mair-grana que hasè proba.
Quand le vieux revenait bien saoul/Et s’étalait dans la remise/On lui faisait une drôle de tête à la maison/Le temps de faire une analyse/Et à grands coups de balai/Grand-mère faisait de la poussière.
Refrain : E permor qu’at sabè/La coda en darrèr/Lo car qu’arroganhè/Capvath de l’escalèr.
Et parce qu’il le savait/La queue en arrière/Le chien grognait/Caché sous l’escalier.
Représentations : Aucune représentation en public pour « comunicacion ».

8. Canta beròja (chante la belle).

Date et lieu : C’est en juillet 1977, sur Paris puis en Béarn que « canta beròja » vit le jour et s’épanouit. Les feuilles disponibles prouvent l’ancienneté de la chanson car l’écriture utilisée est encore phonétique, par exemple le titre : « cante berroye« .
Thème : La chanson évoque les diverses étapes de l’histoire d’un couple, avec entre autres la première rencontre, la séparation et les retrouvailles.
Résumé : Je cite simplement le premier vers de chacune des huit parties.
S’èm encontrats, s’èm coneguts, s’èm embrassats, s’èm aimats, s’èm pelejats, s’èm separats, s’èm regrettats, s’èm retrobats.
On s’est rencontrés, connus, embrassés, aimés, disputés, séparés, regrettés, retrouvés.
Refrain : Canta, canta, canta beròja/Canta, canta, dinc a doman/Canta, canta, canta, beròja/Canta, canta, dinc au matiau.
Chante la belle/Chante jusque à demain/Chante la belle/Chante jusqu’au matin.
Répétitions : On atteint 23.
Représentations : Aucune prestation en public pour »canta beròja ».
Commentaire : Le dernier couplet décrit la situation réelle que j’ai vécue avec Hélène, c’est à dire des retrouvailles, après quelques années, un jour de marché, en traversant la rue.
S’èm retrobats
 quèra dia de mercat/Lo camin que l’avem tots dus traucat.
Nous nous sommes retrouvés un jour de marché/Nous avons tous les deux traversé le chemin.


 Les 7 autres chansons du CD 2 font l’objet de la deuxième partie de l’étude.

Camin Casa : commentaires sur CD 1 (deuxième partie)

La première partie des commentaires sur le CD 1 du groupe Camin Casa concernait les titres 1 à 8 de ce disque. Nous abordons maintenant les commentaires sur les titres 9 à 15, en conservant le même plan de route : date et lieu de naissance (quand mes archives retrouvées le permettent), thème et résumé, refrain s’il existe, nombre de répétitions, représentations (date, lieu, cause), anecdote ou commentaire personnel.
Rappels : Camin Casa est le groupe de chant de l’Association occitane de Paris,  l’Estancada. Le premier CD de ce groupe fut édité en mai 1996. Sa composition est donnée dans dans la première partie publiée le 14 février 2019, ainsi que quelques infos sur l’enregistrement au studio Arbus de Pontacq.

9. Baptista (Baptiste).

Date et lieu : Les prémisses datent de juillet 1977 pour ce qui concerne l’idée générale et le plan à suivre mais après un plus ou moins long silence l’essentiel était dit en octobre 1993, pour les paroles du moins, car plusieurs moutures se succédèrent pour la musique avant le choix définitif.
Thème : Depuis les années 1970 je vivais assez mal les antagonismes entre classes sociales différentes (aujourd’hui cela reste encore le cas en partie) : paysan jalousant l’ouvrier, et inversement ; les uns et les autres critiquant les fonctionnaires etc … Pourtant chacun d’eux est « exploité » ou déconsidéré par le pouvoir, politique mais surtout économique et financier. Un peu plus tard j’allais même illustrer ce ressenti par une bande dessinée parue dans le Shiulet, la revue trimestrielle de l’Estancada.
Résumé : La chanson suit l’évolution de Baptiste à travers les générations : paysan puis ouvrier puis fonctionnaire, toujours dans la difficulté malgré leur investissement. Le dernier couplet exprime le souhait ou l’espoir que tous apprennent à se connaître mieux les uns et les autres.
Chacun des 3 premiers couplets commence par « jo mossur que m’apèri Baptista » (moi, monsieur, je m’appelle Baptiste). Le dernier commence par : « tots açi que s’apèram Baptista/tots amassa que’ns vam segotir drin » (ici nous nous appelons tous Baptiste/ tous ensemble nous allons réagir -on va se secouer un peu)
Répétitions : On en dénombre 13 sur les 178 notées au 09 février 2007.
Représentation :  Sur les 29 représentations en public de Camin Casa, entre juin 1991 et mai 2009 « Baptista » ne fut jamais interprété, cas plutôt rare parmi les 15 textes de ce CD 1.
Commentaire : Pour bâtir « Baptista » je me suis dans un premier temps appuyé sur un air populaire connu, dont je ne me souviens pas du titre pour le mmment.

10. Lo desbrombat (l’oublié).

Date et lieu : Cette chanson prit naissance réellement le 26 octobre 1989 sur … l’autoroute Paris-Libourne.
Thème : Depuis quelque temps déjà le Béarnais Casabonne était emprisonné en Espagne pour complicité avec l’E.T.A. Nous en parlions souvent dans le Shiulet. L’idée me vint d’écrire un texte en soutien à tous les prisonniers politiques dans le monde, acteurs réels ou sympathisans d’une cause : la chanson se veut donc universelle, aucun nom propre de personne ou de pays n’est cité.
Résumé : Cançon deu desbrombat /Qui’s poiresh en preson/Sonque per la rason/D’aimar la libertat/Tà tu vam caminar/Dinca sias desliurat.
Chanson de l’oublié/Qui pourrit en prison/Pour la seule raison/D’aimer la liberté. Pour toi nous marcherons/Jusqu’à ta délivrance.
Répétitions : Un peu plus que la précédente : 30.
Représentations : « lo desbrombat » fut interprété par Camin Casa en 6 occasions. Le 28 mars 1992 lors du 4ème anniversaire du Shiulet, au Foyer PTT de la rue de Nantes. Le 29 mai 1993 au cours d’un Concert commun avec « los remparts » de Navarrenx, rue de Nantes. Le 29 janvier 1994 pour une fête de l’Estancada centrée sur un débat concernant la construction du Tunnel routier du Somport en Vallée d’Aspe, encore rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand, dans le cadre de la journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour célébrer les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995 pour une soirée cabaret de l’Estancada, rue de Nantes.
Commentaire : En général je proposais une nouvelle composition lors d’une répétition de Camin Casa ou du moins à un ou plusieurs membres du groupe. Pour « lo desbrombat » je me souviens très bien avoir fait découvrir cette nouveauté lors d’une veillée du vendredi soir de l’Estancada rue des cinq diamants, Paris 13ème.

 11. Que’t vau parlar (je vais te parler).

Date et lieu : L’idée et le plan général de cette chanson ont démarré sur l’autoroute entre … Washington et New-York en février 1991. Pour quelques jours chez les Salanave pas loin de la Maison Blanche (mais sans y avoir été reçus) Yves nous mena en voiture à Brooklyn que nous découvrîmes sous la neige. La chanson se termina fin mars 1991.
Thème : Très souvent des êtres ou des éléments naturels au départ sympathiques peuvent avec le temps devenir menaçants.
Résumé : Chaque couplet débute par la même phrase : « que’t vau parlar » (je vais te parler). La beroja flor m’a urpiat/Lo sorelh cauhant ma cremat/La canha fidèu m’a nhacat/La hemna aimanta m’a quitat/Lo gaujós mainat a creishut/Lo tan preciós païs s’ei vueitat.
La fleur odorante m’a griffé/Le soleil réchauffant m’a brûlé/La fidèle chienne m’a mordu/La femme aimante m’a quitté/Le joyeux garçon a grandi/Le pays si précieux s’est vidé.
Répétitions : Pas de trace pour l’instant.
Représentation : Nous n’avons interprété « que’t vau parlar » qu’une seule fois, le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne lors d’une fête familiale chez les Gayral.
Commentaire : Il me semble me rappeler que cette chanson, à sa sortie, fut la préférée de mon cher filleul Sébastien.

12. Color e dolor (couleur et douleur).

Date et lieu
: Les étapes successives de « color e dolor » furent décembre 1991, janvier 1992 (encore une fois en partie dans le métro) et mars 1992 pour la finition.
Thème : Cette chanson rend hommage à un ami cher, François Laplace, disparu en mer. Cette mer qu’il connaissait si bien en tant que pêcheur mais qui eut la cruauté de le garder définitivement un jour en son sein.
Résumé : Dehens l’aiga verda/La vita s’i perd/E l’alga glapauta/Se la guarda plan cauta.
Dans l’eau verte/La vie s’est perdue/Et l’algue goulue/La conserve bien au chaud.
Refrain : A cadun agrada ua color/Jo m’adromi dab ua dolor/La musica s’ei estancada/De hèsta n’i averà mei nada.
Chacun a une couleur préférée/Moi je m’endors avec une douleur/La musique s’est arrêtée/Il n’y aura plus de fête.
Répétitions : On en compte 17.
Représentation : Nous n’avons jamais interprété en public « color e dolor ».
Commentaire : Avant cette version occitane j’avais écrit un texte en Français, hommage au même ami disparu, intitulé « adieu l’ami ».

13. La nòvia (la mariée).

La deuxième chanson de ce disque empruntée, toujours avec autorisation de l’intéressé, au groupe Nadau.
Thème : Nadau décrit le cortège nuptial qui accompagne la mariée du couple.
Résumé : Com un plumajon blanc/La nōvia se’n anava/Que nevava lo tranc/Suu camin d’on passava.
Comme un flocon blanc/Allait la fiancée/L’aubépine neigeait/Sur son chemin.
Répétitions : Sur Paris Camin Casa répéta « la nòvia » 25 fois mais le duo apparu dans le CD (voir commentaire) n’eut pas cette possibilité.
Représentations : Nous avons chanté en public « la nòvia » en 6 occasions.
Le 14 août 1993 en l’église de Saint-Saturnin (Charentes) pour le mariage de Dolo et Philppe Labarère (Camin Casa était accompagné de Hélène Manaud-Pallas, Thierry Conter et Pierre Lahitète). Le 29 janvier 1994 pour la fête de l’Estancada et le débat sur le Tunnel du Somport, au Foyer PTT rue de Nantes. Le 26 novembre 1994, rue de Nantes, lors de l’AG de l’Estancada. Le 25 mars 1995 à la Maison pour tous de Noisy-le-Grand dans le cadre de la journée occitane proposée par l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour fêter les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995 encore rue de Nantes lors d’une fête (encore une !) de l’Estancada.
Commentaire : « la nòvia » fut la seule chanson du disque interprétée en duo (Jean Fourcade et moi), avec l’accompagnement de Graciela au piano. Un peu au dernier moment pour compléter à 15 titres le CD.

14. Nosta lenga (notre langue).

Date et lieu : Lors de l’été 1984, à Saint-Pée, j’ébauchais une liste des métiers en voie de disparition dans la campagne et des changements ou bouleversements apparus dans l’organisation du travail chez les paysans. Je constatais que la langue du pays subsistait, en particulier autour du chant, mais que des menaces pesaient sur elle. D’où l’idée de la défendre à travers d’une chanson intitulée au départ « noste loengue », car j’utilisais alors l’écriture phonétique. Plusieurs étapes menèrent à la rédaction définitive, durant l’été 1985  et quelques retouches en 1991.
Thème : Nous sommes bientôt au XXIéme siècle. Tout change, tout évolue dans nos campagnes. C’est la rançon du progrès. Mais qu’on ne touche pas à notre langue maternelle, qui refuse de se laisser engloutir par le torrent du conformisme.
Résumé : Ara tot se’n va au nom de l’evolucion/Ara los tropèths son apielats dens camions com paquets/Ara cadun de son costat que’s hè eth tribalh.
Maintenant tout disparaît au nom de l’évolution/Maintenant les troupeaux s’entassent dans des camions comme des paquets/Maintenant chacun fait son travail de son côté.
Refrain : Mes no caleré pas tocar a nosta lenga/Qui luta tà non pas acabar engolida/Que vóli parlar, que vóli cantar, que vóli aimar/En Biarnès, en Occitan.
Mais il ne faudrait pas toucher à notre langue/Qui se bat pour ne pas finir engloutie/Je veux parler, chanter, aimer/En Béarnais, en Occitan.
Répétitions : Dans le peloton de tête avec 43 répétitions.
Représentations : En 9 occasions Camin Casa a chanté en public « nosta lenga ».
Le 26 septembre 1992 lors du 26ème festival de la chanson béarnaise à Siros (nous étions descendus en train pour ce week-end, pour cette fin de semaine, disent avec plus de justesse noa amis québécois). Le 27 mars 1993 pour le 5ème’ anniversaire de la revue lo Shiulet, au Foyer PTT rue de Nantes. Le 29 mai 1993 lors de la venue rue de Nantes, pour un concert  du groupe béarnais « los Remparts de Navarrenx« . Le 29 janvier 1994 au cours du débat organisé rue de Nantes au sujet du projet de tunnel sous le Somport. Le 07 mai 1994 Place Saint-Louis de Choisy-le-Roi, lors d’une brocante. Le 26 novembre 1994 lors de l’AG de l’Estancada rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le -Grand, à l’occasion de la Journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995 pour fêter les 10 ans de l‘Estancada, rue de Nantes. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée Cabaret de l’Estancada.
Commentaire : Quand Camin Casa fut invité au festival de Siros en septembre 1992 chaque groupe interprétait une seule chanson. Au cours de nos répétitions parisiennes nous disposions de plusieurs textes et il fallut donc en choisir un. Notre guitariste, mon frère Alain, émit le vœu qu’on écarte « nosta lenga » car il ne se sentait pas près. On vota. Une seule voix ne sollicita pas « nosta lenga » :  … celle d’Alain qui dut se résigner à nous suivre. Sur la scène, alors que le présentateur nous posait quelques questions, Alain eut un début de panique, pensant avoir oublié la première phrase, et Philippe dut lui souffler les premières paroles. Puis tout se déroula correctement. Il est vrai que face au public le guitariste d’un groupe a plus de responsabilité que les chanteurs plus nombreux.

15. Marteror (la Toussaint).

Date et lieu : La chanson « Marteror » débute au coin du feu de cheminée de la maison familiale en présence de mon père, en novembre 1982. Atmosphère propice associée au lieu, à la saison et à la présence paternelle. Les rimes phonétiques en « ou » s’enchaînant naturellement, avec Marteror, cançon, amor, maison … il restait à trouver un prénom féminin adapté à cette même rime. Avant de choisir Marilon (prononcer Marilou) d’autres prénoms furent essayés dont Ginon (prononcer Ginou) en premier.
Thème : La période de la Toussaint, outre l’aspect religieux et le recueillement auprès des disparus de la famille, est aussi la saison aux mille couleurs et senteurs, aux cueillettes et ramassages de fruits et champignons, à la chasse à la palombe.
Résumé : A Marteror pètan castanhas au còr deu huec, tot qu’ei color, tot qu’ei aulor, los caçadors pausan palomas e llevan pintons.
A la Toussaint éclatent les châtaignes au coin du feu, tout est couleur, tout est odeur, les chasseurs posent les palombes et lèvent les bouteilles.
Refrain : Qu’ei la cançon de Marteror/Tà tu l’amor, tu Marilon.
C’est la chanson de la Toussaint/Pour toi l’amour, toi petite Marie.
Répétitions : Nous avons répété « Marteror » en 24 occasions.
Représentations : En public « Marteror » ne fut chanté qu’une seule fois, par Camin Casa, le 29 juin 1991 pour l’AG annuelle de l’Estancada au Foyer PTT rue de Nantes. Mais « Marteror » fut auparavant interprété au Festival de Siros, en septembre 1984, par le groupe de Saint-Pée qui comprenait Constant et Eloi Bergeras, Angèle et Jean Fourcade, et votre serviteur, Michel Berdot . La même soirée mon frère Alain et moi étions intervenus avec « atau qu’ei la vita ».
Commentaire : La première personne à qui je présentai « Marteror » fut André Fourcade et une des premières fois que le groupe de Saint-Pée (avec moi) l’interpréta fut au restaurant Lacassie à Lurbe, lors du mariage de Marie-Pierre Bergeras-Mongrand.

Répertoire des chants pyrénéens en Français : deuxième partie

Avant de poursuivre par cette deuxième partie, je réitère l’introduction de la première partie, publiée fin janvier 2015.

Les chants polyphoniques pyrénéens (du moins ceux de ma connaissance, interprétés en Béarn) s’expriment soit en Français, soit en Béarnais-Gascon-Occitan (ces nuances devraient faire l’objet d’un article ultérieur).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer leur transmission et aussi leur développement depuis quelques décennies. Dans les années 60, pour notre part, la connaissance de ces chants puis leur pratique régulière résulte des échanges constants avec les générations plus âgées, au café du village principalement, mais aussi lors de cérémonies ou de fêtes familiales, sans compter les réunions autour des buvettes lors d’un marché, d’une foire, d’un match de rugby. Ces générations précédentes avaient elles aussi appris de leurs parents et grands-parents et reçu en plus l’apport de textes extérieurs à la région, ramenés en Béarn au retour de déplacements, professionnels ou non, dans l’hexagone : conscription, guerre, hivernage, estivage, migration des chevriers vers Paris, migration des châtreurs de cochons vers le Sud de la France (et même vers l’Espagne et le Portugal). Dans la période moderne interviennent deux éléments favorisant la propagation de ces chansons, anciennes ou nouvelles. Tout d’abord le développement des techniques d’enregistrement : cassettes et disques vinyle puis CD puis DVD puis Internet. Ensuite le foisonnement de festivals, concerts et diverses représentations, allant de pair avec la multiplication des groupes de chant et l’introduction d’instruments musicaux.

Pour mettre un peu d’ordre dans mes feuilles et cahiers de chants, je me lance dans une classification de ces chants, mais en me contentant des textes en Français car il existe déjà de nombreux livrets de chansons en Occitan. Les listes à venir proviennent du répertoire du groupe de Saint-Pée : parfois des chants interprétés régulièrement dans notre jeunesse, parfois de façon plus éphémère.
J’exclus les chansons de variété, qu’il nous arrivait de pratiquer, car leurs textes se retrouvent facilement ailleurs (Brassens, Ferré, Vian, Leclerc … )
Je me restreints aux titres des chansons et au premier couplet pour chacune d’elles, ainsi qu’au refrain s’il existe. Ne figurent que des textes dont je connais l’air musical. Les paroles complètes sont bien sûr à la disposition de toute demande.
Je dégage trois catégories notées 1) 2) 3) dans ce qui suit :
1) chants traditionnels de rencontres, d’amours (ça se termine mal bien souvent !), de berger et de bergère.
2) chants de chasse, de guerre (époque napoléonienne en général), d’engagement.
3) chants festifs : chansons à boire, paillardes (on eut notre époque), rugbystiques.
Du fait du nombre élevé de contributions, je regroupe l’ensemble en deux parties, de 36 puis 35 titres respectivement.

Classement alphabétique et catégoriel des 35 derniers textes.

I/ il y a sept ans (2) -(l’) Internationale (2)
J/ j’ai tant aimé une beauté (1) – je m’en vais joyeux (1) – je me suis engagé (2) – (la) jeune fille du métro
(3) – je viens d’entendre une chanson (1)
L/ là-haut sur la montagne (1) larirète (3)
M/ mon Dieu que j’en suis à mon aise (1) – montagnes Pyrénées (1)
.
N/ nous les gars du FCO (3).
O/ où vas-tu de ce pas Nicolas ? (1).
P/ par un lundi (1) – pom, pom, qui frappe à ma porte ? (1) – Prospère (1).
Q/ quand je suis né (3).
R/ (le) refuge (1) – rester célibataire (1) – riche paysan (1) – (la) rose et la lune (1) – rue Gay-Lussac (2).
S/ silence ! la nuit pas un bruit ! (1) – sous le beau ciel des belles Pyrénées (1) – sur la montagne le vrai bonheur (1) – sur la pente d’une colline (1) – sur le pont d’Avignon (1) – sur l’pont de l’Isle (2).
T/ tout en passant à l’entour du moulin (1) – trois jeunes filles (1).
U/ un beau soir au clair de lune (1) – une fillette de quinze ans (1).
V/ (le) vieux moulin (1) – vive la rose et le lilas (1).
Y/ y’a rien d’aussi charmant (1).

Détails : titre, premier couplet, (refrain).

Il y a sept ans.
Il y a sept ans que je suis dans l’armée, sans espérer de prendre mon congé.
L’Anglais m’a pris, pour déserteur de France, sur mon chemin est venu m’arrêter.

Internationale (l’).
(dans les premières années 70 des rencontres festives dérivaient parfois, pour quelques instants, sur des révolution-airs).
Debout les damnés de la terre ! Debout les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère, c’est l’éruption de la faim.
Du passé faisons table rase, foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout !
R : C’est la lutte finale, groupons-nous et demain,
      L’Internationale sera le genre humain.

J’ai tant aimé une beauté.
J’ai tant aimé une beauté mais à la fin elle devint farouche.
Je lui ai dit d’une voix douce belle, aimez-moi.
Faisant semblent de l’embrasser, sitôt la belle me repousse.

Je m’en vais joyeux.
Je m’en vais joyeux sur le chemin de pierre.
Je chante au ciel bleu la chanson du pays.
Fleur à mon chapeau, fleur à la boutonnière,
Je suis du hameau le vagabond fleuri.
R : Tralala … Chante mon cœur. Tralala … J’aime les fleurs.

Je me suis engagé.
Je me suis engagé pour l’amour d’une belle.
C’est pas pour un baiser qu’elle m’a refusé,
Mais pour l’anneau d’or qu’elle me refuse encore.

Jeune fille du métro (la).
C’était une jeune fille simple et bonne, qui ne demandait rien à personne.
Un jour dans l’métro y avait presse, presse, presse, presse.
Un jeune homme osa je l’confesse, fesse, fesse, fesse
Lui passer la main dans les … ch’veux.
Comme elle avait bon cœur elle s’approcha un peu.
Tagadagada pom pom pom (bis)

Je viens d’entendre une chanson.
Je viens d’entendre une chanson, d’une fillette et d ‘un garçon
Qui a trompé une fille.
Il l’amena dedans les bois faire des fantaisies

Là-haut sur la montagne.
Là-haut sur la montagne j’entends quelqu’un pleurer.
Semble la voix de ma maîtresse, ô oui j’irai la consoler.

Larirète.
Jeaneton prend sa faucille, larirète, lalirète,
Jeaneton prend sa faucille pour aller couper des joncs.

Mon Dieu que j’en suis à mon aise.
(ce chant n’appartenait pas à notre répertoire mais comme j’en apprécie texte et mélodie je l’inclus dans ce recueil : il est issu du « carnet de chansons » édité par Joan de Nadau).
Mon Dieu que j’en suis à mon aise, quand ma mie est auprès de moi.
Tout doucement je la regarde, et je lui dis : « embrasse-moi » (bis).

Montagnes Pyrénées.
Montagnes Pyrénées, vous êtes mes amours. Cabanes fortunées, vous me plairez toujours.
Rien n’est si beau que ma patrie, rien ne plaît tant qu’à mon amie.
Ô ! Montagnards ! (bis) Chantez en cœur (bis)
De mon pays (bis) La paix et le bonheur.
Tralalala …
R : Halte-là (ter) Les montagnards (bis)
     Halte-là (ter) Les montagnards sont là
     Les montagnards (bis) Les montagnards sont là.

Nous les gars du FCO.
Nous les gars du FCO, nous ne sommes pas très costauds.
Dès que l’on voit un ballon, nous sommes comme des lions.
R : Et l’on joue sans complexes, comme des Béarnais.

Où vas-tu de ce pas Nicolas ?.
Où vas-tu de ce pas Nicolas ? Où vas-tu de ce pas ?
Tu fais la triste mine, tu sembles un pénitent.
As-tu quelque maladie ? Quelque languissement ?

Par un lundi.
Par un lundi, dans la matinée, la belle s’en va dans son pré.
Elle lui dit : « amant trompeur, d’où reviens-tu ?
La promesse que je t’ai faite, je m’en démets« .

Pom, pom, qui frappe à ma porte ?.
Pom, pom, qui frappe à ma porte ? (bis)
Ouvrez, ouvrez, la belle ouvrez !
C’est votre amant vient vous parler.

Prospère.
Un jeune amant de 21 ans est parti pour l’armée.
Est parti pour l’armée, à l’âge de raison.
Quittant la plus belle des filles, qui reste dans Lyon.

Quand je suis né.
Quand je suis né je suis né en automne, père Bacchus me l’avait toujours dit,
Me baptisant au jus de la treille, il me donna le nom de sans souci.

Refuge (le).
Je sais, dans la montagne, un refuge perdu,
Qui se mire à l’eau claire, des lacs verts d’Orgélu.
Ouvert, aux quatre vents, aux montagnards perdus,
Dans la brume et la neige, comme un port de salut.
R : Qu’il fait bon, s’endormir, au refuge le soir,
     Près du feu, qui s’éteint, au pays des isards.

Rester célibataire.
Être marié c’est avoir une jambe cassée,
C’est être condamné à perpétuité.
Une femme qui crie, qui dépense votre argent,
Et qui vous trompe au moins dix fois par an.
R : Je suis, mon cher, célibataire, j’ai pas de beau-père,
      J’ai pas de belle-mère, j’ai pas à m’en faire.
Si je vous dis, bonheur sur terre,
      C’est de rester célibataire.

Riche paysan.
J’ai un amant devant ma porte (bis)
Qui vient une heure après minuit,
Frappe à la fenêtre près de mon lit.

Rose et la lune (la).
Un soir tout en me promenant tout le long de la rivière,
Me promenant à l’ombrage, craignant l’ardeur du soleil,
Sur mon chemin j’ai rencontré ma douce amie du temps passé.

Rue Gay-Lussac.
(encore une chanson qui put nous entraîner quelque temps, issue du mai 68 parisien)
Aux barricades de Gay-Lussac, les Enragés en tête,
Nous avons déclenché l’attaque, ah ! foutre-dieu, quelle fête !
On jouissait dans les pavés, en voyant le vieux monde flamber.
R : Tout ça a prouvé Carmela, qu’la Commune n’est pas morte (bis).

Silence ! La nuit pas un bruit !
Dans notre village grâce à leurs parents,
Les filles sont sages jusqu’à quatorze ans.
R : Silence ! Silence ! La nuit pas un bruit,
      Le jour s’avance, la nuit s’enfuit.

Sous le beau ciel des belles Pyrénées.
Vois là-haut ce pic rose plein d’audace, on dirait qu’il perce le firmament.
Le soleil ne peut y fondre la glace, la neige est là, blanche éternellement.
Viens, fuyons, sous les ailes du tourisme, grisons-nous des beautés du col d’Aspin.
Viens donc voir toutes les couleurs du prisme, du Tourmalet, enchantement sans fin.
R : Sous le beau ciel des belles Pyrénées, laissons nos cœurs vibrer à l’unisson.
      Faisons tous deux de belles randonnées, ivres d’amour et de chansons.
      Par leur splendeur, notre âme illuminée, s’extasiera devant tant de beauté.
      Sous le beau ciel des belles Pyrénées, chantons l’amour, chantons la volupté.

Sur la montagne le vrai bonheur.
Toi qui ne peux plus faire un pas, vois-tu là-bas cette chaumière,
Oui je vois la chaumière.
Allons, frère, pressons le pas.
R : Vois-tu cette chaumière ? Oui, je vois la chaumière,
      Qu’on aperçoit, là-bas.
      Là-haut, là-bas, (bis)
      Là-haut, là-bas sur la montagne,
     Sur la montagne c’est le vrai bonheur,
     Là-haut, là-bas sur la montagne,
     Sur la montagne c’est le bonheur.

Sur la pente d’une colline.
(même remarque que celle signalée pour « mon Dieu que j’en suis à mon aise »)
Sur la pente d’une colline, où je la voyais chaque jour,
Tout doucement je m’achemine, espérant toujours la revoir.
Moi, le cœur rempli de tristesse, j’erre à travers les buissons.
Oiseaux, suspendez vos chansons, car, moi, j’ai perdu mon amie.
R : Hélas, mon cœur, hélas ma joie, sans elle, ici bas tout pour moi
      Ne serait que soucis et peines.
      Oiseaux des bois, répondez-moi (bis)
      N’auriez-vous point vu (bis) Madeleine ?

Sur le pont d’Avignon.
Sur le pont d’Avignon, trois filles s’y promènent (bis).
La plus jeune des trois, plus belle que le jour,
Trois jeunes capitaines, qui lui faisaient la cour.

Sur l’pont de l’Isle.
Sur l’pont de l’Isle, y’avait une sentinelle,
Qui pendant la nuit, montait sa faction (bis).

Tout en passant à l’entour du moulin.
Tout en passant à l’entour du moulin, j’aperçois la meunière,
Astre du jour, soir et matin, la rose printanière.
Voudriez-vous, la belle en passant, m’entretenir un petit moment (bis).

Trois jeunes filles.
Trois jeunes filles sous un, pom, pom, oui sous un, lon, la, oui sous un pommier,
Trois jeunes filles sous un pommier, ohé.

Un beau soir au clair de lune.
Un beau soir au clair de lune, j’ai rencontré mes amours.
Mes amours, mes amourettes.
Je lui dis d’un air si doux, ma mignonne où allez-vous ?

Une fillette de quinze ans.
Une fillette de quinze ans, mon Dieu qu’elle est tant amoureuse,
Un jour s’en va dire à sa mère, ma mère il me faut un amant.
Car j’en serai la bienheureuse, je prierai dieu à tout moment.

Le vieux moulin.
(même remarque que « sur la pente d’une colline »)
C’est presque l’automne, les enfants moissonnent, et j’ai déjà rentré mon bois.
Ici, en uniforme, avec d’autres hommes, tu es parti, si loin d’ici, toi qui chantais.

Vive la rose et le lilas.
Mon amant me délaisse, oh ! Gai, vive la rose ! (bis)
Je ne sais pas pourquoi, vive la rose et le lilas (bis).

Y’a rien d’aussi charmant.
Y’a rien d’aussi charmant que la bergère aux champs.
Quand elle voit la pluie, désire le beau temps,
Afin que la bergère, puisse passer le temps.

 

 

 

Répertoire des chants pyrénéens en Français : première partie

Les chants polyphoniques pyrénéens (du moins ceux de ma connaissance, interprétés en Béarn) s’expriment soit en Français, soit en Béarnais-Gascon-Occitan (ces nuances devraient faire l’objet d’un article ultérieur).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer leur transmission et aussi leur développement depuis quelques décennies. Dans les années 60, pour notre part, la connaissance de ces chants puis leur pratique régulière résulte des échanges constants avec les générations plus âgées, au café du village principalement, mais aussi lors de cérémonies ou de fêtes familiales, sans compter les réunions autour des buvettes lors d’un marché, d’une foire, d’un match de rugby. Ces générations précédentes avaient elles aussi appris de leurs parents et grands-parents et reçu en plus l’apport de textes extérieurs à la région, ramenés en Béarn au retour de déplacements, professionnels ou non, dans l’hexagone : conscription, guerre, hivernage, estivage, migration des chevriers vers Paris, migration des châtreurs de cochons vers le Sud de la France (et même vers l’Espagne et le Portugal). Dans la période moderne interviennent deux éléments favorisant la propagation de ces chansons, anciennes ou nouvelles. Tout d’abord le développement des techniques d’enregistrement : cassettes et disques vinyle puis CD puis DVD puis Internet. Ensuite le foisonnement de festivals, concerts et diverses représentations, allant de pair avec la multiplication des groupes de chant et l’introduction d’instruments musicaux.

Pour mettre un peu d’ordre dans mes feuilles et cahiers de chants, je me lance dans une classification de ces chants, mais en me contentant des textes en Français car il existe déjà de nombreux livrets de chansons en Occitan. Les listes à venir proviennent du répertoire du groupe de Saint-Pée : parfois des chants interprétés régulièrement dans notre jeunesse, parfois de façon plus éphémère.
J’exclus les chansons de variété, qu’il nous arrivait de pratiquer, car leurs textes se retrouvent facilement ailleurs (Brassens, Ferré, Vian, Leclerc … )
Je me restreints aux titres des chansons et au premier couplet pour chacune d’elles, ainsi qu’au refrain s’il existe. Ne figurent que des textes dont je connais l’air musical. Les paroles complètes sont bien sûr à la disposition de toute demande.
Je dégage trois catégories notées 1) 2) 3) dans ce qui suit :
1) chants traditionnels de rencontres, d’amours (ça se termine mal bien souvent !), de berger et de bergère.
2) chants de chasse, de guerre (époque napoléonienne en général), d’engagement.
3) chants festifs : chansons à boire, paillardes (on eut notre époque), rugbystiques.
Du fait du nombre élevé de contributions, je regroupe l’ensemble en deux parties, de 36 puis 35 titres respectivement.

Classement alphabétique et catégoriel des 36 premiers textes.

A/ adieu, ville de Perpignan (1) – ah ! que l’amour est agréable ! (1) – ah ! si j’avais des diamants et couronnes ! (2) – à la claire fontaine (1) – à l’Orient je vois briller l’aurore (2) – (l’) amour qui nous mène (3) – Appolonie (1) – au début de ma vie (1) – auprès d’une fontaine (1) – autrefois le trône de France (2) – aux marches du palais (1).
B/ (la) belle s’en va au jardin d’amour (1) – Blanche la batelière (1).
C/ c’est un de mes amis (1) – chanson d’un jeune amant (1) – chantons la gloire et le bonheur (2) – chevaliers de la table ronde (3) – (les) chiens sont sur la piste (2) – (les) cloches du hameau (1) – comme les autres (3).
D/ (la) Dacquoise aux yeux noirs (1) – de bon matin je me suis levé (1) – dedans Paris il y a (1) – derrière chez moi (1) – divertissons-nous (3).
E/ en passant par la frontière (2) – (l’) épinette (3) – (l’) équipe oloronaise (3) – et le grand vicaire (3) – étoile des neiges (1) – Eugénie (1).
F/ Fanchon (3) – (les) fêtes de Mauléon (3) – fleur d’épine, fleur de rose (1).
H/ (l’) heure du rendez-vous (1).
I/ il y a cinq ans au mois d’avril (1).

Détails : titre, premier couplet, (refrain).

Adieu, ville de Perpignan.
Adieu, ville de Perpignan, adieu, la fleur de ma jeunesse.
C’est à présent qu’il faut partir, sans dire adieu à ma maîtresse.

Ah ! Que l’amour est agréable !

Ah ! Que l’amour est agréable, quand on sait bien le ménager.
J’aime l’amour et la tendresse, j’aime la joie.
J’aime les yeux de ma maîtresse, quand je la vois.

Ah ! Si j’avais des diamants et couronnes !
Ah ! Si j’avais des diamants et couronnes, je les mettrais à tes pieds pour avoir
Un doux regard trop aimable personne. C’est-il du feu que lance ton œil noir ? (version 1)
Un doux baiser sur tes lèvres mignonnes, un doux baiser me refuseras-tu ? (version 2)
R : Oh ! Toi que j’aime, d’amour extrême, daigne accepter et ma main et mon cœur.
      Dans cette vie, ma douce amie, toi seule qui peut me donner le bonheur.
     N’entends-tu pas là-bas la biche dans les bois.
     Le chasseur la chasse mais ne la tue pas.
     N’entends-tu pas dans ces vallons, le chasseur sonner du clairon :
    « Sonnez à perdre haleine, sonnez, vaillants et piqueurs.
     Que l’écho de la plaine répète nos chants joyeux et clameurs »
Tralalala …

À la claire fontaine.
À la claire fontaine, m’en allant promener,
J’ai trouvé l’eau si claire, que je m’y suis baigné (bis).
R : Je suis le roi d’Espagne, j’aime les filles, aux yeux noirs.
      Là-haut, sur la montagne, nous irons danser le soir,
     Tous les soirs, digue digue don on, digue digue don, tous les soirs nous dansons.(version 1)
R : Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai. (version 2)

À l’Orient je vois briller l’aurore.
À l’Orient je vois briller l’aurore, debout chasseur il est temps de partir.
Déjà j’entends une trompe sonore, au fond des bois tout au loin retentir.
Et la nature (bis), au doux murmure (bis), paraît en fête ce matin.
Les alouettes et les fauvettes lancent au ciel des roulades sans fin.
Dans les prés verts, sur l’herbette, là-bas, le lièvre encore se livre à ses ébats.
Allons debout ! (bis) Gais compagnons ! (bis) Venez-tous, trinquons et partons.
Vous, chiens à perdre haleine, fouillez avec grand soin,
Des bois et de la plaine, le plus petit recoin.
Tralalala …(bis)

Amour qui nous mène (l’).
Quand il m’en prend l’envie, oui d’aller voir ma belle,
Je prends mon cheval blanc, ma bride et ma selle.
R : Don-daine, l’amour qui nous mène, don-don.

Appolonie.
Point de plaisir, point de bonheur, je viens de perdre Polonie,
Elle m’avait promis, de me donner son cœur, de me chérir toute sa vie.

Au début de ma vie.
Au début de ma vie, lorsque j’avais vingt ans,
Dans mon âme ravie, et mon cœur palpitant,
Comme un doux son de lyre, qu’un ange fait vibrer,
Tout pour moi semblait dire : « Enfant, il faut aimer ».
Les oiseaux chantaient, pour moi douce chose,
Les grands bois parlaient, les blés frémissaient.
Pour moi soupiraient, les lys et les roses,
C’est beau le printemps, quand on a vingt ans.

Auprès d’une fontaine.
Auprès d’une fontaine, la belle soupirait.
Là-bas sur cette plaine, il y avait un berger,
Ne faisait que chanter :
« Oh ! Qu’il est doux ! Que d’être aimé de vous »(version 1)

Au bord d’une fontaine, la belle s’y reposait.
Un berger de la plaine, près d’elle s’en allait,
Qui chantait, qui disait :
« Oh ! Qu’il est doux ! Que d’être aimé de vous »

Autrefois le trône de France.
Autrefois le trône de France, faisait trembler tout l’univers.
Depuis Paris jusqu’à Lisbonne, on n’y voyait que pavillon français.

Aux marches du palais.
Aux marches du palais (bis)
Y’a une tant belle fille – lon la – y’a une tant belle fille.

Belle s’en va au jardin d’amour (la).
La belle s’en va au jardin d’amour, pour y passer quelques semaines,
Son père va, cherchant partout, et son amant qui est en peine.

Blanche la batelière.
Blanche la batelière, laisse là ton bateau.
Préfère la chaumière, aux honneurs du château.
Y viendras-tu dans la vallée, par les champs et les bois ?
Ne reste pas seule isolée, Blanche, viens avec moi.
Non, j’aime mieux mon bateau, tralalala …
Ma chaloupe au bord de l’eau, tralalala …

C’est un de mes amis.
C’est un de mes amis qui vient de m’avertir
Que ma maîtresse avait changé d’avis.
Et de ce pas, moi je m’en suis allé
Dans sa maison pour savoir ses pensées.

Chanson d’un jeune amant.
Chanson d’un jeune amant, et d’une jolie fille,
Qui gardait son troupeau tout le long du ruisseau.

Chantons la gloire et le bonheur.
Chantons la gloire et le bonheur, d’une fillette qui a bon cœur.
Son amant s’en va à l’armée, dans les dragons s’est engagé.
Il abandonne sa maîtresse :
Oh ! Grands dieux ! Quelle cruauté !

Chevaliers de la table ronde.
Chevaliers de la table ronde, goûtons voir si le vin est bon.
Goûtons voir, oui, oui, oui,
Goûtons voir, non, non, non,
Goûtons voir si le vin est bon.

Chiens sont sur la piste (les).
Les chiens sont sur la piste (bis).
Dans les bois, dans les bois, courrons vite (bis)
Le chevreuil, le chevreuil est lancé, à travers la futaie.
R : Franchissons les montagnes, à travers les sentiers, à travers les montagnes …
      Ces forêts sont à nous … , y’a du plaisir chez nous … (bis).
      Chasseur, voici l’aurore, déjà l’écho va retentir,
      Vois ! L’horizon se colore, amis il faut partir.
      Déjà, déjà, le soleil dore.
      Du haut des vallons … amis nous irons … (bis)
      Du haut des vallons …
      Allons mes amis, partez, partons (bis).
      Tralalala …

Cloches du hameau (les).
Voici le jour qui fuit, qui fuit dans la montagne,
Et l’ombre de la nuit, s’étend dans nos campagnes.
Voici l’heure du jour où la jeune bergère,
Du ruisseau suit le cours sautant de pierre en pierre (v.o. : en faisant sa prière).
R : L’on entend (bis), les bergers (bis), chanter dans la prairie
     Ce refrain doux et léger qui charme son amie.
Tralalala …

Comme les autres.
Oh ! Ma mère, ma pauvre mère, je voudrais bien me marier,
Comme les autres,
Avoir des filles et des garçons,
Comme les autres font.

Dacquoise à l’œil  noir (la).
Ah ! Grands Dieux qu’elle est belle ! La Dacquoise à l’œil noir.
Quand sa vive prunelle étincelle le soir.
Lorsque son doux sourire sur ses lèvres avives
Comme léger zéphyr baisant les prés fleuris.
R : Ô rondes fugitives de l’Adour, vous qui passez plaintives sans retour,
      Gardez sur vos rives mes amours, gardez mes amours, toujours, toujours.

De bon matin je me suis levé.
De bon matin je me suis levé, plus de matin qu’à l’ordinaire,
Dedans un bois je m’en suis allé, pour aller chasser.
Quand j’ai entendu une jolie voix qui m’a tant charmé.

Dedans Paris il y a.
Dedans Paris il y a (bis), une jolie couturière,
Qui, toute la journée (bis), brodait pour le vicaire.
À chaque point qu’elle faisait, son cher amant la regardait,
Tout en la regardant, l’embrassait tendrement.

Derrière chez moi.
Derrière chez moi il y a une montagne, moi, mon amant nous la montions souvent.
Moi, mon amant, moi, mon amant nous la montions souvent.

Divertissons-nous.
Buvons, trinquons, divertissons-nous, la loi nous ordonne de faire la cour,
A une jolie fille, de l’âge de quinze ans.

En passant par la frontière.
En passant par la frontière un coup de feu partit.
Une balle meurtrière, me mit hors de combat.

Épinette (l’).
Dans notre ville est venu (bis), un fameux joueur de luth (bis).
Il a mis sur sa boutique, pour attirer la pratique :
« À l’auberge de l’écu, on apprend à jouer de l’épinette,
À l’auberge de l’écu, on apprend à jouer du …  »
Troulala, troulala , … (bis)

Équipe oloronaise (l’).
Sous le ciel d’Oloron, l’air est si pur, si bon
Que chaque fils du gave, a l’étoffe d’un champion.
Tout sport a ses amis, les grands et les petits,
Les plus fous, les plus sages, sont piqués du rugby.
Et face aux Pyrénées, le stade de Saint-Pée,
Est le cadre rêvé de luttes acharnées.
R : C’est nous, l’équipe oloronaise, qui descend des Pyrénées, pour conquérir des trophées.
      Avec la fougue béarnaise, c’est toujours sportivement qu’on se défend.
      Nous sommes les fils de la montagne, au cœur solide, aux bras nerveux,
     Car toujours qu’on perde ou que l’on gagne,
      On peut se vanter bien haut d’appartenir au F.C.O.

Étoile des neiges.
Dans un coin perdu de montagne, un tout petit Savoyard,
Chantait son amour dans le calme du soir,
Près de sa bergère au doux regard.
R : Étoile des neiges, mon cœur amoureux,
      S’est pris au piège de tes grands yeux.
     Je te donne en gage, cette croix d’argent,
     Et de t’aimer toute ma vie j’en fais serment.

Et le grand vicaire.
Chez nous le rugby, c’est de la folie (bis).
Mon père botte les coups francs, ma mère fait les en-avants,
Et le curé la touche (bis).
Et le grand vicaire, toujours par derrière (bis)
N’a jamais pu la toucher (bis), c’est ce qui l’emmerde (bis).

Eugénie.
Eugénie, les larmes aux yeux, je viens te faire mes adieux.
Nous partons pour le Mexique, nous mettons les voiles au vent.
Adieu donc, charmante belle, je m’en vais droit au couchant.

Fanchon.
Amis il faut faire une pause, j’aperçois l’ombre d’un bouchon,
Buvons à l’aimable Fanchon, chantons pour elle quelque chose.
R : Ah ! Que son entretien est doux ! Qu’elle a de mérite et de gloire !
      Elle aime à rire, elle aime à boire, elle aime à chanter comme nous (ter).

Fêtes de Mauléon (les).
Jusqu’au plus petit coin de Navarre, de la Soule et même du Labourd,
On vous parle de Mauléon-Licharre avec envie et beaucoup d’amour,
De Mauléon de ses superbes fêtes, si vivantes, si pleines d’entrain,
De ses allées de Soule coquettes, de son beau folklore souletin.
R : Farandoles, qui s’envolent, flambant au feu de la Saint-Jean,
      Jolies filles, qui pétillent, dans les bras de leur cher galant,
      Cavalcades, sérénades, d’irrintzina et de chansons,
      Nuit d’ivresse, d’allégresse, tout ça c’est les fêtes de Mauléon.

Fleur d’épine, fleur de rose.
Fleur d’épine, fleur de rose, c’est un nom qui coûte cher (bis).
Car il coûte, car il coûte,
Car il coûte la valeur de cent écus que j’ai perdus.
Tralalala …

Heure du rendez-vous (l’).
Du bois nous revenions par une nuit profonde
Et nous allions rêvant par le même chemin,
Nous souciant fort peu s’il existait un monde
Car nous n’étions que deux et le ciel pour témoin.
R : Puis je disais alors, ô ma belle au cœur tendre,
      Demain sous les bosquets, loin des regards jaloux,
      Quand sonnera minuit, seul j’irai vous attendre,
      N’allez pas oublier l’heure du rendez-vous (bis).

Il y a cinq ans au mois d’avril.
(ce chant n’appartenait pas à notre répertoire mais comme j’en apprécie texte et mélodie je l’inclus dans ce recueil : il est issu du « carnet de chansons » édité par Joan de Nadau).
Il y a cinq ans au mois d’avril, que mes amours je n’ai point vus.
Ma mignonnette, m’avez-vous bien gardé, mes amourettes, du joli temps passé.
 

 

 

Retours sur Camin Casa (avant le grand retour ?)

Les lignes qui suivent ne se veulent pas une description ni même une synthèse du site existant de Camin Casa, groupe de chant occitan que nous avons créé en 1990 au sein de l’Association Occitane de Paris, l’Estancada. Je rappelle le lien de ce site : camincasa.fr
Le « Chemin de la Maison » (Camin Casa), nous l’avons retrouvé définitivement, Hélène et moi, depuis bientôt trois ans. Au niveau chorale, quoi de neuf durant cette dernière période ? J’en parle un peu plus loin.

Site Internet de Camin Casa.
Outre l’historique du groupe, la trajectoire de ses membres, l’énumération de ses activités entre 1991 et 2012, que ce soit en région parisienne ou en Béarn, une revue de presse, le site contient les textes, traductions et enregistrements des deux CD édités en 1996 et 2008. Les quelques photos incluses ci-dessous proviennent de la fête des bergers d’Aramits en septembre 2009 (répétitions et représentation) et de l’enregistrement du CD de mai 2008 chez Arbus à Pontacq. Ces photos ne font que compléter celles du site du groupe.

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Camin Casa « sus l’empont » d’Aramits, présenté par Jean Lassalle

Aramits - 19 et 20 sept 2009 026 Aramits - 19 et 20 sept 2009 080 Aramits - 19 et 20 sept 2009 129 Aramits - 19 et 20 sept 2009 131 Aramits - 19 et 20 sept 2009 149

enregistrement 048 enregistrement 013

Camin Casa aujourd’hui.
La
dernière apparition publique du groupe date de décembre 2012 chez le viticulteur de Monein Jean-Louis Gaillot, lors de la visite annuelle des chais du Jurançonnais. Plusieurs raisons expliquent l’inactivité de l’ensemble depuis lors.
La dispersion des acteurs musiciens et chanteurs dans tout l’hexagone (région parisienne, Béarn, Pays Basque, Perpignan, Agen) ne saurait être considérée comme la cause majeure de cette inaction car le deuxième CD de Camin Casa fut élaboré avec ces mêmes acteurs vivant en ces mêmes lieux. En revanche la maladie puis la disparition d’Angèle Fourcade ont bien sûr contribué au manque de motivation. Enfin les occupations ou problèmes personnels (maladie, famille, profession) n’ont pas permis un engagement régulier de chacun(e). Pour repartir vers d’autres aventures musicales il faudrait que démarre un nouveau projet, proposé par les membres du groupe ou par une sollicitation extérieure. Qui sait ?

Engagements personnels depuis le retour au « pays ».
Il y a deux ans nous avons repris des répétitions régulières (Jean, Angèle, Eloi et moi, de gauche à droite sur la photo qui suit) dans le but de remettre au goût du jour les anciennes chansons qui nous liaient dans les années 70 à 80, tant en Français qu’en Occitan. Nous commencions même à être sollicités pour monter sur scène pour des rencontres villageoises. L’indisponibilité progressive d’Angèle a stoppé cette démarche : notre dernière apparition publique date de novembre 2012 lors d’une journée hommage à Xavier Navarrot, célèbre auteur compositeur béarnais, dont chaque groupe convié interprétait un texte (pour nous ce fut « la bistanfluta »).

 

été 2012 171
Le groupe de Saint-Pée en la Mairie d’Oloron en 2012

Parallèlement je continuais d’affiner d’anciens textes pas encore « divulgués » et commençais à les travailler avec notre guitariste Sylvain quand il passait par là. En espérant qu’ils pourraient intéresser un jour d’autres personnes du groupe.
L’an passé je me lançai dans deux nouvelles créations, très différentes, que je proposai aux structures concernées :  une pour les enfants de la Calandreta d’Oloron et une pour l’environnement du club de rugby d’Aramits. Pour l’instant je n’ai reçu aucun écho en retour, tout comme naguère un texte fourni au groupe Arguibelle sur la vie du berger de montagne.
Actuellement, je me suis engagé dans deux projets distincts, dont je parlerai plus tard s’ils se concrétisent réellement.

Chants d’été en Béarn

Un point commun aux nombreuses manifestations estivales en Béarn, passées ou à venir (entre début juillet et début octobre) : elles se ponctuent toujours par des chants, principalement en Occitan, spontanés et le plus souvent a capella, improvisés autour des buvettes ; des cantèras inorganisées donc. A des chanteurs connus pour leur appartenance à un groupe confirmé se mêlent des individuels, des duos, trios, … habitués à pratiquer ensemble et se découvrant les uns les autres.

Quelques exemples de rencontres auxquelles, pour certaines d’entre elles, j’ai personnellement assisté ou participé, et d’autres à venir : foire au fromage d’Etsaut, journée portes ouvertes dans une cabane de berger, fête de l’agneau d’Escos, déplacée cette année au Stade de Saint-Pée d’Oloron, dégustation de Jurançon où les producteurs se regroupent lors de la fête patronale de leur village (Chapelle de Rousse, Monein, Cuqueron, Lasseube, Lucq de Béarn …), la garburade d’Oloron, hèsta de la husta (fête du bois) à Lucq, fête du maïs à Laas, fête du sel à Salies de Béarn, fête du fromage de Laruns … Au départ donc, des thèmes différents, associés à la promotion des productions locales avec systématiquement une mise en valeur des chants traditionnels mais aussi de chants plus contemporains, selon l’ouverture des interprètes.

Pour rester en Béarn, mais nous savons bien que cette pratique orale se retrouve aussi chez nos amis Souletins et Bigourdans, d’autres événements festifs sont l’occasion de «har petar la cantèra » entre amis, mais, cette fois, à l’issue de concerts ou prestations de tout ordre sur scène : fête du berger à Aramits, festival de Siros, Hestiv’Òc, Nadau à Lescun, Pagalhόs à Arzacq (quarantième anniversaire)…

Pour conclure, saluons la présence très active de groupes de jeunes des différentes vallées pyrénéennes dont le répertoire s’enrichit à chaque rencontre et ne se restreint pas à celui de son village ou de son entourage proche. Alors que des voix pessimistes continuent de se faire entendre quant à l’avenir incertain de « la lenga noste », parfois même chez certains de ses pratiquants, comme il est réconfortant d’observer le nombre toujours plus élevé de jeunes qui l’utilisent avec fierté. Le chant n’est certes pas le seul vecteur porteur mais il contribue à la découverte et au développement de la langue et de la culture occitano-béarnaise.

Cantèras

Les cantèras sont vécues régulièrement depuis plusieurs années, sur Pau, un mercredi par mois, sous l’impulsion de l’Ostau Bearnais, au bar La Tireuse, dans l’esprit du chant traditionnel et spontané.

Traditions.
Le chant labouré puis semé, c’est indubitablement une tradition de l’expression béarnaise ; labouré et semé car transmis spontanément de génération en génération, sous des formes variables. Les occasions de se retrouver, parfois provoquées, mais parfois imprévues, sont multiples. Dans ces groupes qui se forment au gré d’une réunion ou manifestation, l’envie de chanter est en fait une manière de communiquer, un besoin de mieux connaître l’autre, sans hiérarchie musicale.
* Fêtes familiales , mariages…
* Fête annuelle du village, apéros divers…
* Buvettes après le match de rugby (peut-être d’autres sports concernés ?)
* Dégustations de Jurançon (mais je suppose qu’en Madiran on festoie de même) : Chapelle de Rousse, Cuqueron, Monein, Lasseube, Lucq…
* Autour des podium de Hestiv’Òc.
* Foire du 1er mai à Oloron.
* Foire au fromage d’Etsaut.
* Septembre en Béarn : Garburade d’Oloron, fête du sel à Salies, festival de Siros, fête des bergers à Aramits, fête du fromage à Laruns …
……………
But des cantèras.
Entretenir et développer cette tradition de chant a capella, même si quelques instruments de musique soutiennent parfois ces chants.
Regrouper des personnes souvent géographiquement éloignés mais dont l’envie de chanter est le point commun, et permettre à des groupes de chant par ailleurs connus de se mélanger à d’autres groupes ou à des anonymes.
Reprendre d’anciens chants presque oubliés et aussi en découvrir d’autres (chaque vallée a en général son répertoire propre).
Essayer de nouvelles créations : pourquoi pas ?

Organisation des cantèras.
On observe bien sûr des différences d’organisation d’un lieu à l’autre mais toujours dans le même esprit de convivialité et de participation. Personnellement je n’ai participé qu’à deux cantèras dans deux cafés : chez Chabanne à Oloron et à Louvie-Juzon, cafés aménagés en débarrassant tables et chaises. Boissons et casse-croûte disponibles au bar. Parfois des textes sont distribués, ce qui permet d’accompagner les initiateurs de la chanson du moment, même si les paroles ont été oubliées. Pas de programme fixé à l’avance : souvent ce sont 2 ou 3 personnes qui  entament un chant et ceux qui veulent entonnent avec eux. Au démarrage de la soirée on se rassemble par affinité ou connaissance puis, au fur et à mesure que la soirée avance les différents acteurs se mélangent et sympathisent. Bilan de la rencontre : votz fatigada mes plan contents d’estar vienguts ! (voix fatiguée, mais bien contents d’être venus ! )