Les coulisses de Camin Casa

En 2014 Aurélie et moi avions créé (surtout elle) le site de Camin Casa (groupe de chant de l’Association occitane de Paris, l’Estancada), site alors accessible sur camincasa.fr. Hélas, le suivi n’a pas  … suivi. Si bien que ce site, pourtant bien approvisionné en textes, tableaux, photos, a été supprimé par l’hébergeur du fait d’un paiement tardif. Négligence ! J’avais confectionné les diverses parties alimentant l’ouvrage avant de les envoyer par mail à Aurélie qui bâtissait ensuite ledit ouvrage. Je sauvegardais la plupart de ces écrits dans une clef USB, si bien qu’un bon nombre d’entre eux vivent encore. Je me propose donc de reformuler ces documents retrouvés et de rechercher d’autres originaux de documents disparus lors de la dissolution du site. Je compléterai par des commentaires supplémentaires, reviendrai sur des articles antérieurs du blog concernant Camin Casa et évoquerai un projet éventuel de reprise du groupe, souhait qui ne concerne pas que ma seule personne.
Remarque : on distinguera nettement 2 types d’écriture dans ce qui suit. Une police concerne celle de la rédaction directe sur le blog, la présente, l’autre provient de textes issus de l’ancien Site de Camin Casa recopiés puis numérisés puis inclus dans l’article présent du blog.


Historique de l’Estancada et de Camin Casa.

L’Estancada
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C’est en 1984 que naquit l’Estancada (la Halte). Association regroupant des Occitans de la région parisienne ainsi que des sympathisants vivant au « pays ». On ne peut énoncer tous les adhérents qui s’impliquèrent et firent progresser l’Estancada, lui accordant même une certaine notoriété dans le Sud de l’Hexagone. On citera toutefois les noms des quatre principaux artisans de cette initiative : Dominique Pivot (Villeneuve-sur-Lot), Alain Sibé (Campan, Bigorre), Yves Salanave-Péhé et Philippe Labarère (tous deux de Monein, Béarn). Autour d’eux s’activaient des personnalités engagées, natives de l’ensemble occitan : Landes, Var, Béarn, Aveyron, Gers, Haute-Garonne, Tarn, Limousin , de la Corse, du pays catalan et aussi des ami(e)s non occitans mais intéressés par la démarche de l’Estancada et sa culture ouverte vers l’extérieur. Sans compter les visiteurs d’autres provinces ou même parfois de l’étranger.
La devise de l’Association, « Occitans faidits« , indiquait sa vocation à accueillir et soutenir les jeunes travailleurs de toutes ces contrées occitanes, venus chercher un emploi, et parfois un habitat, dans la région parisienne. Tout ce beau monde se retrouvait chaque vendredi soir, dans un premier temps dans un local aimablement prêté par la famille Salanave.
Parmi les secteurs d’activité de l’Estancada figuraient des Ateliers, souvent hebdomadaires : danse, cuisine, chant, volley-ball. De temps en temps certains membres participaient à des émissions de radio (Radio-Païs de Paris)et d’autres proposaient une ébauche de Calandreta organisée autour des enfants de l’Association. En plus du Liguet  (le Lien) mensuel qui rendait compte des activités passées et du calendrier, l’Estancada publia durant plusieurs années une revue trimestrielle bilingue, lo Shiulet (le Sifflet), qui pouvait aborder des thèmes généraux intéressant les abonnés de la Revue, pas seulement sur Paris, et aussi quelques pages humoristiques. Un groupe de chant, los Tinhos (les Teigneux), sous l’impulsion de Dómé Pivot, animait les rencontres, débats, conférences, projections, soirées caritatives. Son répertoire se constituait de chants folkloriques de Gascogne et du Sud Est principalement, ainsi que des œuvres de compositeurs contemporains comme Claude Marti.
Après le départ de plusieurs membres de ce groupe, une deuxième entité vocale fut mise sur pied autour des « survivants » : on l’appela Camin Casa (le chemin de la maison), à connotation phonétique symbolique puisque prononcé « kami kaso » (nous n’avions pas anticipé l’apparition et l’essor des futurs kamikazes).

Camin Casa.

L’histoire de Camin Casa se divise en deux périodes.
La première de ces périodes débuta dans les années 90 et se paracheva par l’édition d’un premier CD, noté CD 1 par la suite. Les participants travaillaient encore presque tous dans la région parisienne. Répétitions et représentations sont décrites sommairement un peu plus loin ainsi que la constitution du groupe. L’ensemble reste plutôt vocal, s’appuyant sur un nombre restreint d’instruments de musique : guitare, flûte à bec, piano, percussions simples. En avril 1996, pour l’enregistrement de CD 1, Camin Casa reçut l’aide de quatre amis de Saint-Pée d’Oloron (64), de la même famille, pour un tiers des chansons.
A l’origine de la deuxième période annoncée plus haut, différents événements qui bouleversèrent la composition du groupe : disparition de deux chanteurs, retour au « pays » de trois membres de Camin Casa, arrivée sur Paris de quatre nouveaux jeunes Béarnais, apportant leurs voix, leur tonus mais aussi quelques instruments supplémentaires (clarinette, percussions …), apport de deux autres musiciens vivant déjà à Paris (guitare, flûte traversière). Même si de nouvelles mutations peu à peu scindèrent la collectivité en deux parties (ceux du Nord et ceux du Sud, pour simplifier), l’envie de travailler et de faire connaître de nouveaux textes ne se démentit pas, se concrétisa par quelques prestations, sur Paris et en Béarn, et aboutit à l’enregistrement de CD 2 en mai 2008.
Nous pouvons maintenant détailler dans ce qui suit la composition du groupe, ses productions, son fonctionnement, ses projets éventuels.

Constitution du groupe Camin Casa.

Nous donnons d’abord les noms des 18 acteurs des deux CDs du groupe, ainsi que leur type de participation, vocale ou (et) instrumentale (musicale).

Sébastien ARRIEUX (voix, trompette) : CD 2
Yannick ARRIEUX (voix) : CD 2
Alain BERDOT (voix, guitare) : CD 1 et CD 2
Graciele BERDOT-VILLANUEVA (voix, piano, percussions) : CD 1 et CD 2
Michel BERDOT (voix) : CD 1 et CD 2
Séverine BERDOT (voix, flûte traversière) : CD 2
Jean-Pierre BERGÉ (voix, percussions) : CD 2
Constant BERGERAS (voix) : CD 1
Éloi BERGERAS (voix) : CD 1
Angèle FOURCADE-BERGERAS (voix) : CD 1 et CD 2
Jean FOURCADE (voix) : CD 1
Gilles GAYRAL (voix, flûte à bec) : CD 1 et CD 2
Sylvain GAYRAL (guitare) : CD 2
Philippe LABARÈRE (voix) : CD 1 et CD 2
Christian MAYSONNAVE (voix, saxophone, clarinette, basse) : CD 2
Joëlle PEYRILLER (voix) : CD 1
Servais SÉVERIEN (percussions) : CD 1
Alain SIBÉ (voix) : CD 1

Citons ensuite les noms des quelques amis qui eurent l’occasion de nous accompagner lors de quelques représentations : Michel Géraut, Jean-Mathieu Canniccioni, Henri Bousquet (guitare), Jean-Michel Haritchabalet, Bruno Bigué, Jean Traille, Laurent Pédelaborde.

Parmi les 18 membres de Camin Casa certain(e)s ont collaboré simultanément ou antérieurement ou continuent de collaborer avec d’autres bandas, chorales, ensembles vocaux ou musicaux …
Gilles Gayral, Michel Berdot et Alain Sibé  sont issus des Tinhos de l’Estancada, Joëlle Peyriller provient d’une chorale gasconne de Paris. Dans les années 1970 à 1980 les frères Berdot eurent la chance de participer avec le groupe de Saint-Pée d’Oloron (mené par les Bergeras et Fourcade) au festival de Siros de la chanson béarnaise, à des émissions de Radio Oloron et à des fêtes villageoises. Jean-Pierre Bergé percute également chez les Pagalhós depuis pas mal d’années ainsi que chez les Copains d’abord à l’époque. Christian Maysonnave s’investit entre autres chez les Eclectics.
Si on se projette à l’an 2020 on trouve Jean Fourcade et Éloi Bergeras à Évada, Séverine Berdot à la Famil’ Óc et à la Chorale de Barétous, Michel Berdot à Passatge.
Terminons ce paragraphe par un hommage plein d’émotion à quatre disparus du groupe : Constant, Joëlle, Angèle et Gilles. L’écoute de nos deux CDs permet de les garder définitivement avec nous.

Fonctionnement.

Ce qui suit appartenait à l’ancien Site de Camin Casa.

Résumé des représentations.

Tableau extrait de l’ancien Site de Camin Casa.

Au tableau précédent des représentations il convient d’ajouter un oubli : le 28 septembre 1996 participation au 30éme Festival de la chanson béarnaise de Siros.
Ami(e) lecteur qui aime les chiffres, en voici touchant aux répétitions. J’en ai comptabilisé autour de 280, en 16 lieux différents. Je ne vous inflige que les premiers de la classe, avec au moins 50 répétitions : apleguem-nse (94), mon país qu’ei la montanha (94), lo taulèr (80), Melinà (63), Nònò (58), atau qu’ei la vita (51).

Discographie
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Nous reproduisons les deux listes de l’ancien Site de Camin Casa, suivies d’un ajout succinct.


Remarques : 
Les participants provenaient soit de Paris et sa banlieue, soit de plusieurs villages du Béarn. En ces deux occasions on ne put se réunir que pour une fin de semaine (et à chaque fois travailler et enregistrer 15 chants)
Entre ces deux productions de 1996 et 2008 on peut observer quelques évolutions qui concernent la composition du groupe et sa structure musicale, comme indiqué dans un paragraphe précédent.

Les pochettes de CD 1 et 
CD 2


A gauche, CD 1.
Sur la photo : Accroupis, de gauche à droite Graciela Villanueva, Michel Berdot, Philippe Labarère.
Debout, au premier plan, de gauche à droite Servais Séverien, Jean Fourcade, Joëlle Peyriller, Constant Bergeras, Angèle Fourcade, Alain Berdot.
En arrière plan, de gauche à droite Gilles Gayral, Éloi Bergeras, Alain Sibè.
 A droite, CD 2.
Sur la photo de gauche à droite : Yannick Arrieux, Séverine Berdot, Sylvain Gayral, Philippe Labarère, Michel Berdot, Gilles Gayral, Graciela Villanueva, Jean-Pierre Bergé, Sébastien Arrieux, Christian Maysonnave, Angèle Fourcade, Alain Berdot.

Compléments sur les chansons
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D’autres textes sur Camin Casa ont déjà agrémenté ce blog. Après un « retour sur Camin Casa » publié le 04 mars 2014, je reviens en détails sur la genèse de toutes les chansons de chaque CD, en précisant la date et le lieu de démarrage de la chanson, parfois sa motivation. Pour CD 1 articles publiés les 14 et 22 février 2019, pour CD 2 les 05 et 27 mai 2019. Je complète par l’histoire des textes non parus et pour certains totalement inédits, les 08 et 23 avril 2020.

Les chants interprétés : titres et nombre d’interprétations.

On s’intéresse ici aux chansons interprétées par Camin Casa  lors des 36 prestations citées plus haut, donc celles figurant dans les listes des deux CDs (26) mais aussi celles de compositeurs externes au groupe et 2 autres personnelles hors CD.
En plus des chants exclusivement béarnais la liste comprend un chant basque très connu, Hegoak, et une chanson traditionnelle en Français, « où vas-tu de ce pas Nicolas ? » que le groupe de Saint-Pée avait interprété à Siros en … 1970.
Bon nombre des textes du CD 2 n’apparaissent pas dans les concerts car le CD sortit en mai 2008 et le groupe cessa de se produire en 2019.
Nous mettons en évidence les chants interprétés autour ou plus de 10 fois.

Atau qu’ei la vita (CC) 16 – Sonque l’enveja de marchar 5 – Marterór (CC) 2 – Pescaire de lua 16 – Que soi partit 1 – Jan 9 – L’Estancada (CC) 5 – L’Immortèla 14 – Nònò 17La mar 5 – Paisans de noste (CC) 6 – Apleguem-nse (CC) 15 – Montanhas sus montanhas 11 – Mau de còr (CC) 12 – Tostemps seguir (CC) 2 – Lo desbrombat (CC) 7 – T’on vas ? 5 – Nosta lenga (CC) 11 – Ací l’amor t’apèra (CC) 5 – Lo Guilhem 13 – Amistat 1 – La nòvia 7 – Melinà (CC) 6- Coheta 2 – Color dolor (CC) 1 – Que’t vau parlar (CC) 2 – Mon país qu’ei la montanha (CC) 14 – Baptista (CC) 1Lo taulèr (CC) 9 – Cecila, Miquèu, Nicolau 3 – Praube de tu (C) 2 – Hegoak 2 – Lo desertor (CC) 2 – Aqueras montanhas 1 – Qu’es pertot (CC) 4 – Aimar (CC) 1 – Cap a Cap Nòrd (CC) 1 – Cap a Cap Sud (CC) 1 – Lo monde arrevirat (CC) 4 – Los tres motociclistas (CC) 1 – Comunicacion (CC) 1 – Canta beròia (CC) 1 – Encontre (CC) 2 – Mainada (CC) 1 – L’entròpia (CC) 1 Où vas-tu de ce pas Nicolas ? 1.
Cela donne un total de 46 titres : 29 de CaminCasa, 3 de Pagalhós, 8 de Nadau et 6 d’auteurs différents.

Les refrains des chants personnels.

Dans les 26 textes personnels de CD 1 et CD 2 seuls 15 comportent un refrain. Nous en livrons l’inventaire.
Ací l’amor t’apera. Ací l’amor t’apera, tà la vita sancèra (Ici tappelle l’amour, pour toute la vie).
Aimar. Qu’ei conjugat lo vèrbe aimar, per tots los temps, per tots los lòcs – Qu’ei conjugat lo vèrbe aimar, dab lo ton còs, dab lo ton còr (J’ai conjugué le verbe aimer, par tous les temps, par tous les lieux – J’ai conjugué le verbe aimer, avec ton corps, avec ton cœur).
Atau qu’ei la vita. Atau son mas amoretas, pleas de navèras suspresas – Atau qu’ei la vita, un còp haut, un còp baish – Qu’ei com ua dança, pè dret e pè gauche (Mes amours sont comme ça, pleins de nouvelles surprises – La vie est ainsi, avec ses hauts et ses bas – C’est comme une danse, du pid droit au pied gauche).
Canta beròja. Canta, canta, canta beròja – Canta, canta, dinc a doman- Canta, canta, canta beròja – Canta, canta, dinc au matiau (Chante la belle jusqu’à demain – Chante la belle jusqu’au matin).
Cap a Cap. Cap a Cap, man a man, qu’ei la ronda deus sons – Cap a Cap, man a man, Atau dansan los mots (Face à face, main dans la main, c’est la ronde des sons – Tête contre tête, main dans la main, les mots dansent ainsi).
Color e dolor. Cadun agrada ua color, jo m’adromi dab ua dolor – La musica s’ei estancada, hèsta n’i averà mei nada (Chacun préfère une couleur, moi je m’endors avec une douleur – La musique s’est arrêtée, il n’y aura plus de fête).
Comunicacion. E permor qu’at sabè, la coda en darrèr, lo car qu’arroganhè, capvath de l’escalèr (Et parce qu’il le savait, la queue en arrière, le chien grognait, en bas de l’escalier).
L’entròpia. L’entròpia, l’entròpia, ua foncion termodinamica – L’entròpia, l’entròpia, qui s’i freta, s’i pica (L’entropie, une fonction thermodynamique, qui s’y frotte s’y pique).
Marteror. Qu’ei la cançon de Marteror, tà tu l’amor, tu Marilon (C’est la chanson de la Toussaint, pour toi l’amour, toi Marilou).
Melinà. Melinà, Melinà, au còrn de ton còr guarda ua plaça- Melinà, Melinà, Que vam vàder vielhs amassa (Mélina, dans le coin de ton cœur garde-moi une place – Mélina, nous allons vieillir ensemble).
Nosta lenga. Mes no calerè pas tocar a nosta lenga, qui luta tà non pas acabar engolida – Que vòli parlar, que vòli cantar, que vòli aimar, en Biarnès, en Òccitan (Mais il ne faudrait pas toucher à notre langue qui lutte pour ne pas finir engloutie – Je veux parler, je veux chanter, je veux aimer, en Béarnais, en Occitan).
Praube de tu. Qu’as desbrombat de te’n arrider, los uelhs barrats, perdès l’ahida – Praube de tu ! On vas atau ? (Tu as oublié de rire, les yeux fermés tu perds l’espoir – Pauvre de toi ! Où vas-tu ainsi ?).
Qu’es pertot. Qu’es partida d’ací, en deishar tot – Mes despuish per ací, qu’es pertot (Tu es partie d’ici en laissant tout, mes depuis par ici tu es partout).
Lo taulèr. Lo cèu qu’ei tròp haut, la tèrra qu’ei tròp baisha, sonque lo taulèr qu’ei a la mia hautor (Le ciel est trop haut, la terre est trop basse, seul le comptoir est à ma hauteur).
Tostemps seguir. Que cau tostemps seguir, quauqu’un o quauqu’arren – Que cau tostemps seguir, carrar’s e demorar darrèr (Il faut toujours suivre, quelqu’un ou quelque chose – Il faut toujours suivre, se taire et rester derrière).

Les thèmes abordés.

Pour la première fois « j’analyse » mes propres textes  abordés dans les deux CDs par une classification en divers genres, ce qui n’est pas aisé car à l’intérieur d’une même chanson on peut trouver plusieurs de ces genres. Je dégage toutefois deux principaux « thèmes ».
Le relationnel, l’amour (bien sûr), parfois contrarié, dans huit  chansons : Melinà, qu’es pertot, canta beròja, encontre, ací l’amor t’apèra, mau de còr, aimar, mainada.
La chanson dite « engagée« , sociale, avec six textes, principalement dans CD 1: apleguem-nse, paisans de noste, nosta lenga, lo desbrombat, tostemps seguir, praube de tu.
Et la montagne (quand même !) ? Si elle apparaît en plusieurs occasions par ci par là elle ne fait l’objet que d’une seule chanson à part : « mon país qu’ei la montanha« .
Et la fête (étonnant !) ? Elle aussi présente dans quelques couplets épars on ne la trouve à l’honneur exclusif qu’une seule fois : « lo taulèr« .
Pour le reste difficile de classer dans une seule catégorie car alternent des sujets divers où se mêlent descriptions de situations pas classiques (atau qu’ei la vita), utopie (lo monde arrevirat), nostalgie (color e dolor), plaisir de jouer avec les sonorités des mots (Cap a Cap), parodie (los tres motociclistas), personnel (mainada) …

Les amis et les liens de Camin Casa.

Coup de béret amical pour commencer aux deux ensembles qui nous inspirèrent lors de nos soirées endiablées , los Pagalhós et Nadau, icônes de la chanson béarnaise.
Clin d’œil amical à d’autres groupes croisés lors de nos soirées vocales, comme Arguibelle (jeunes, par rapport à certains d’entre nous, de Lanne en Barétous), los de Lanna (des moins jeunes de Lanne), Traucas Segas, los Remparts de Navarrenx, »affrontés » lors d’une joute parisienne naguère, Arraya (qui s’intéressa à une de nos compositions, Melinà), los Esberits de Cardesse, Eysus, Lambrusquera, les nombreux ensembles d’Oloron et sa région comme la Samaritaine, Dilunès, Evada, Passatge, Montanhas e Ribèras …
Salut amical enfin à des soutiens moraux et parfois financiers comme les viticulteurs Gaillot, Nigri, Larrieu-Lapeyre, les charcuteries Loge, Bergeras, les bergers d’Aramits.
Pour terminer, voyage sur Paris où à l’Estancada a succédé une autre Association : les Béarnais de Paris.

Dossier photos.


Cette première série de photos concerne les années 1991-92.
Les trois premières proviennent d’une fête  de l’Estancada dans un Foyer PTT parisien, la quatrième d’une exhibition de Camin Casa à l’Ecole Diderot de Vitry-sur-seine, le 27 juin 1992.
Photos 1 et 2 : de gauche à droite « sus l’empont » (sur l’estrade) Gilles Gayral, Philippe Labarère, Michel Berdot, Alain Sibé, Alain Berdot et Graciela Villanueva au piano.
Photo 3 : les enfants de membres de l’Estancada s’apprêtent à chanter l’Immortèla.

D’autres photos compléteront ce paragraphe, elles font l’objet de recherches, en particulier celles prises lors des deux enregistrements de nos CDs.

 Camin Casa et les Médias.

Radio
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Je me souviens de trois interviews auxquelles j’ai pu participer.
Avec Philippe Labarère sur Radio País Paris (radio associée alors à Radio libertaire).
Avec Angèle Fourcade sur Radio Oloron, lors de l’émission du mercredi soir de Janine et Jean Rongier, après la sortie du CD 2.
Sur Radio País Pau, questionné par David Grosclaude, aussi apràs CD 2.

Presse écrite.
Les journaux locaux, la République des Pyrénées et Sud-Ouest, ont parfois rendu compte de diverses interventions de Camin Casa sur scène, en région parisienne comme en Béarn. Bon nombre de ces articles furent regroupés dans la page « médias » de notre ancien Site et ont malheureusement disparu avec ce dernier. Les « rescapés » figurent dans les deux feuilles qui suivent, datées du 14 septembre 1992 et du 05 septembre 1996, avec la traduction en Français de mon interview, le 08 octobre 1996, par Jean-Paul Latrubesse, dans sa rubrique « Vent de Castanha », après la sortie de CD 1.
A ces commentaires de la presse écrite nous ajoutons l’affichette de la fête des 10 ans de l’Estancada (27 mai 1995), animée par Camin Casa et « los Tamponers », un « sous-groupe » des Pagalhós ».

Nouveaux textes de Camin Casa : deuxième partie

Après la première partie des textes inédits, pour la plupart, de Camin Casa, parue le 08 avril 2020, qui concernait 8 textes, nous proposons une liste de 9 autres écrits. Nous reproduisons l’introduction précédente.
Je fournis les titres d’anciens textes déjà écrits, presque toujours, avant la sortie de notre deuxième CD en 2008 et certains même avant celle du premier CD de 1997. En revanche, le premier brouillon de la toute dernière chanson (beróina) date … du 14 novembre 2019. La liste qui suit ne correspond pas à un ordre chronologique car la trace de la date d’écriture du texte est souvent absente. Chaque titre est accompagné de quelques commentaires sur le thème de la chanson et d’un échantillon de texte.
Se succèdent, sans ordre chronologique de création : un, dus, tres ; com la huelha ; los arrèrhilhs ; l’ors ; que vòs mainat ? ; Aràmits en davant ; la vita de l’aulhèr ; beròina ; lo Dédé de Lautrec. 

Un, dus, tres (un, deux, trois).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
Le titre de cette chanson aurait pu être « e un, e dus, e tres »  car initialement l’idée fut de s’inspirer du slogan post coupe du monde de foot de 1998 : « et un, et deux, et trois« , après la victoire en finale 3-0 de l’équipe de France face à celle du Brésil.
La chanson est construite sur 10 couplets assez courts, de thèmes différents, comportant 7 lignes dont la quatrième et la sixième identiques. La toute première ébauche date du 11 juillet 2001, écrite sur la pelouse de la Place des Vosges à Paris, sur fond de musique classique d’un orchestre de rue (basse, violoncelle …), avec seulement 3 paragraphes entamés en ce lieu mythique, à deux pas de la Place de la Bastille, du Lycée Victor Hugo que fréquenta Aurélie en Hypokhâgne, du Musée Carnavalet … Place des Vosges où il m’arriva de participer à la Fête de la Musique du mois de juin en compagnie des « Béarnais de Paris » et des « Arricouquets »d’Ossau.
Les brouillons retrouvés montrent l’apparition successive de nouveaux thèmes et aussi l’évolution de l’ensemble. Ainsi naît un quatrième couplet le 29 septembre 2001 puis les cinquième et sixième le 27 janvier 2002. On attendra le 03 juillet 2002 pour parvenir à la mouture pratiquement définitive. Un de ces brouillons a été conçu sur les quais de Seine, face à Notre-Dame-de-Paris, que j’ai « croquée » sur la même feuille avec sa flèche encore dominante.
Les dix « thèmes » de chanson : l’amor (l’amour), la canta (la chanson), lo rugbi (le rugby), la dança (la danse), l’amistat (l’amitié), la vinha (la vigne), la garbura (la garbure), lo milhòc (le maïs), la pintrura (la peinture), la pipèrada (la pipérade).
A chaque fois trois éléments sont associés au sujet traité dans le couplet.
Trois exemples avec la chanson, le maïs et la peinture.
Ua musica, duas trucadas, tres paraulas, un, dus, tres, la canta viu, e un, dus, tres, la canta viu (une musique, deux percussions, trois paroles, et un, deux, trois, la chanson vit).
Ua bona tèrra, dus dias de ploja, tres dias de sorelh, un, dus, tres, lo milhòc viu, e un, dus, tres, lo milhòc viu (une bonne terre, deux jours de pluie, trois jours de soleil et un, deux, trois, le maïs vit).
Ua grana tela, dus espincèus, tres colorinas, un, dus, tres, la pintrura viu, e un, dus, tres, la pintrura viu (une grande toile, deux pinceaux, trois couleurs, et un, deux, trois, la peinture vit).

Com la huelha (comme la feuille).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
Les feuilles des arbres diffèrent par leur couleur, leur forme, leur façon de voltiger entre la branche qui les soutenait et le sol. Mais toutes sont libres dans leur trajet ultime. Seul le vent les guide. En est-il de même pour les êtres humains ? Au lieu de les enrichir, leurs différences ne les handicapent-ils pas ? Se poser la question c’est déjà y répondre.
Les premières lignes de la chanson furent écrites dans le … métro parisien, en avril 1985 : juste le refrain et quelques idées éparses, en adoptant encore alors l’écriture phonétique. D’autres épreuves se succédèrent, en juin et juillet 1986 par exemple, et la toute dernière, classée 7, en septembre 1989. La musique varia également et je ne m’interdis pas de la modifier encore, à l’aide de mon diatonique.
Le refrain est encadré par 5 couplets. J’en propose deux.
Refrain : Que cadi com la huelha – Qui voleteja e torneja – Adiu donc, vita tan bèra – Me’n torni tà la tèrra. (Je tombe comme la feuille qui voltige et tournoie. Au revoir donc ma belle vie, je retourne à la terre).
Couplet 1 : Non m’agradi pas tròp aqueths camins tots drets – Qui esconan l’ahida, la tendressa e l’enveja – Que’m vaga mei quauques susprenants virolets – D’on hugis a tot còp un sovièr, un saunej. (Je n’aime pas beaucoup ces chemins tout droits qui cachent l’allégresse, la tendresse et l’envie. J’aime mieux ces tournants surprenants d’où surgit toujours un souvenir, un rêve).
Couplet 3 : Que pòt har la color o la car de la huelha ? – Qu’arriba tostemps com pòt despuis lo som de l’arbe – L’ua viatja au miei de las autas com l’oelha – L’auta camina sola com aciu-haut la craba. (Qu’importe la couleur ou l’allure de la feuille. Elle arrive toujours comme elle peut du sommet de l’arbre. L’une voyage au milieu des autres comme la brebis dans le troupeau, l’autre chemine seule comme la chèvre en haut de la montagne).
 
Los arrèrhilhs (les petits enfants).

Chanson écrite en 2018, en l’honneur de nos deux (à ce moment là) petits-enfants Jeanne et Artús, titre d’ailleurs initial formé de ces deux prénoms, avant de devenir los arrèrhilhs afin que ce texte fête aussi les futurs autres possibles petits-enfants. Pour nos filles Aurélie et Séverine j’ai composé une autre chanson, mainada, qui figure dans le deuxième CD de Camin Casa (mai 2008), interprétée a cappella par Séverine et moi. Je pense que il me sera difficile de composer pour les arrières-petits-enfants.
La première ébauche date du 15 décembre 2017 lors d’une balade à Saint-Pée avec Aurélie et Artús (2 mois et 10 jours) dans son écharpe. D’autres étapes « a casa » suivent puis dans la Scénic nous amenant sur Epinay le 23 décembre, entre Bordeaux et Paris. Ultimes modifications ou apports le 14 février 2018, dans une chambre de … l’hôpital d’Oloron pour me faire retirer un catheter.
La musique accompagnant ce chant me tient particulièrement à cœur car elle provient d’un air que chantonnait, avec force, lorsqu’une fête nocturne se terminait, mon ami Bernard Bersans, trop tôt disparu en 2016. Air sans paroles mais qui ne m’a jamais quitté depuis, une façon pour moi de garder Bernard auprès de nous. De plus j’ai construit la partition musicale et je l’interprète à l’accordéon diatonique (la mélodie pour l’instant avant de m’intéresser aux accords).
La chanson comprend un refrain et 5 couplets. Un échantillon suit.
Premier couplet : Ua gojateta e un gojat son vaduts ací – Dus arridolets, dus espiars tan clars – Tremolan lo còr (une petite fille et un petit garçon sont nés chez nous. Deux sourires et deux regards si clairs qui nous font vibrer le cœur).
Quatrième coupletUa gojateta e un gojat son vaduts ací – Dus diamants brilhants, duas perlas vivas – Esclairan lo cap (une petite fille et un petit garçon sont nés chez nous. Deux brillants diamants et deux perles vives qui nous éclaircissent la tête).
Refrain : Trincatz, bebetz, entà d’aqueth par – Dançatz, cantatz, jamei acabatz (Trinquez, buvez, en l’honneur de cette paire, dansez, chantez, ne vous arrêtez jamais).

L’ors (l’ours).

Ces dernières  et futures années la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées a été/est/sera au centre de nombreuses discussions/affrontements. Chacun(e) argumente ou s’oppose, même sans être spécialiste ou connaisseur de l’environnement ou de la vie pastorale. Il serait hasardeux de réduire les intervenants en seulement deux groupes : les associations  écologistes protectrices de l’ours d’une part, les producteurs éleveurs de montagne d’autre part.
Dans la chanson que je consacre à l’ours dialoguent deux personnes : un jeune garçon (qui peut être bien sûr une jeune fille) et son grand-père (sa grand-mère). L’enfant positive la présence de l’ours et l’aïeul lui révèle quelques aspects négatifs, non pas de l’ors en lui-même mais de sa réintroduction non contrôlée dans le massif pyrénéen.
La chanson se compose d’un refrain et de 7 couplets, construits en plusieurs étapes (je relève au moins 9 ébauches numérotées et datées) entre septembre et octobre 2010. Sur mes brouillons je note souvent les lieux d’inspiration ou d’écriture, très variés, comme le Parc-du-Coteau de Vitry-sur-Seine, les quais de la Seine, face à Notre-Dame-de-Paris, le Lac de Créteil, les gares ferroviaires de Pau et de Bordeaux.
Lors d’une répétition du groupe Camin Casa nous avons travaillé ce texte, le 27 octobre 2010. Participaient les frères Sébastien et Yannick Arrieux, Gilles Gayral et Jean-Pierre Bergé.
Je résume quelques arguments de l’enfant : l’ours a toujours vécu en montagne – il est gentil puisqu’on le représente par une peluche toute douce – c’est un maillon de la chaîne de la nature – ce pourrait être une manne touristique – quand un berger subit des pertes à cause de l’ours il est indemnisé – heureusement on a fait appel à un ours slovène – il ne faudrait pas qu’il soit à la merci des chasseurs.
Quelques réponses du grand-père : le nombre d’ours doit rester limité, donc leur reproduction – l’ours est débonnaire mais ses griffes ne sont pas de velours – si les troupeaux devaient diminuer ou même disparaître qui nettoierait les prairies de montagne ? – la montagne ne doit pas devenir un Parc d’attraction – les indemnisations ne compensent pas tout le travail antérieur et n’effacent pas le traumatisme subi par les rescapés du troupeau – l’ours slovène ne retrouve pas ses conditions de vie habituelles et il ne sait pas lire les pancartes écrites en Occitan si bien qu’il risque sa vie en traversant nos routes de montagne (là je crois que grand-père s’amuse) – les chasseurs réservent leurs munitions pour les palombes et les sangliers, l’ours n’a rien à craindre.
Refrain : Ò, Papi, ditz-me – Perqué tant d’arrueit ? – Ò, Papi, ditz-me – Perqué tant d’arrueit – Tà l’ors en la montanha ? (Oh, Pépé, dis-moi pourquoi tant de bruit autour de l’ours en montagne ?)
Couplet 1 : Que sabes plan que l’ors a tostemps viscut en las nostas contradas –  Mes seré un problèma si n’i en avé autant com las flors e las pèiras deu camin. (Tu sais bien que l’ours a toujours vécu dans nos contrées. Mais cela deviendrait un problème s’il y en avait autant que les fleurs et les pierres du chemin).
Couplet 2 : Totun l’ors vertadèr qu’ei autant brave com l’ors de peluisha – Avisa té de cadèr enter sas patas – Urpas d’ors ne son pas heitas en estòfa. (Pourtant l’ours véritable est aussi gentil qu’un ours en peluche – Méfie-toi de ne pas tomber entre ses pattes car les griffes de l’ours ne sont pas faites en étoffe).

Que vòs mainat ? (que veux-tu garçon ?)

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque
.
Peut-être bien la chanson qui a subi le plus de modifications, dans la forme, les expressions, la mélodie. L’orthographe de la première épreuve est encore phonétique : le titre en est « que bos maynat ? ». Les différentes versions couvrent les années 1990 à 2010, soit deux décades, durant lesquelles je remodelais, j’éliminais, je m’abstenais quelques mois …
A l’origine le texte repose sur 6 couplets, chacun formé par la répétition du précédent, augmenté d’une nouvelle ligne. Le premier couplet comprend donc une ligne, le second deux lignes … le sixième six lignes.
Résumé : A la question qu’on lui pose : « Quels sont tes désirs, garçon ? », le jeune homme énumère un certain nombre de souhaits : viver per ací (vivre ici), aimar per ací (aimer ici), tribalhar per ací (travailler ici), decidar tà jo (décider pour moi) …
Au fil des ans désirs et exigences se précisent : être utile au pays, protéger son air, son eau, sa langue. J’ai ajouté de plus dans chaque strophe une formulation qui n’a rien à voir avec le thème mais qui est supposée amener un peu de fantaisie et de rythme : baisha lo cap, lheva la cama (baisse la tête, lève la jambe).
A l’heure d’aujourd’hui, avril 2020, je me demande si je ne me lancerais pas dans une nouvelle écriture de cette chanson.
Refrain : Que vòs mainat, tà estar urós ? Que’t cau mainat, per estar gaujós ? (Que veux-tu, garçon, pour être heureux ? Que te faut-il, garçon, pour être joyeux ?)
Je ne donne que le dernier couplet puisqu’il reprend les précédents.
Dernier couplet : Tot simplament, baisha lo cap, lheva la cama, tot simplament viver per ací, shens mendiar, ni panar, ni plorar. Aimar per ací, ua d’ací o d’aulhors, Aver tribalh, utile e agradable. Viatjar tanben, conéisher lo monde. Tot simplament, baisha lo cap, lheva la cama, tot simplament viver au país  (Tout simplement vivre par ici, sans mendier, ni  voler, ni pleurer. Aimer par ici, une d’ici ou d’ailleurs. Avoir un travail, utile et agréable. Voyager aussi pour connaître le monde. Tout simplement, vivre au pays).


Aràmits en davant ! (en avant Aramits !)

Chanson conçue en 2013. Elle débute le 26 mai 2013 lors d’une balade avec Hélène autour de notre maison en passant par la Mielle qui arrose Saint-Pée de haut et Saint-Pée de bas. Simplement un couplet ou refrain, je n’ai pas choisi tout de suite. Quatre épreuves suivent, la définitive le 13 juin 2013.
Si ce chant en l’honneur de l’équipe de rugby d’Aramits-Asasp n’a jamais été interprété, je l’ai quand même confié dès sa conception finale,  à un des entraîneurs de la formation barétounaise. Aucune suite ou réaction depuis, le texte doit dormir au fond d’une poche ou d’un tiroir.
Le club Aramits-Asasp officie en Fédérale 2 depuis quelque temps. Le stade se situe à Aramits, en pleine vallée de Barétous, à une quinzaine de kilomètres d’Oloron. Il fêta naguère ses 50 ans d’existence.
Certains joueurs de l’équipe et une partie de l’entourage, dirigeants et supporteurs, ont des occasions de chanter, parfois en Béarnais, lors de repas communs ou sur le stade, face aux tribunes … après une victoire. Ils entonnent systématiquement ce que l’on pourrait assimiler à un hymne le refrain suivant : « en Barétous que i a de bons garçons (prononcer bous garçous), Baré-Baré-Baré- Baré-Barè-Baré-Baré-Baré-Baré-Baré-Barétous (le tout bis) » (en Barétous il y a de bons garçons … )
« Aràmits en davant » repose sur quatre couplets.
Premier couplet : En davant, Varetons – Vienguts ací que son tots – En davant, Aràmits – Que son ací  los amics – Varetons, Cap e tot – Aràmits, tots hardits. (En avant, Baretous, tous les amis sont venus. Baretous, tout dans la tête, Aramits plein d’hardiesse).
Deuxième couplet : En davant, los avants – Tostemps ganhar la veishiga – En davant los tres-quarts – Jamei cadèr la veishiga – Varetons, Cap e tot – Aràmits, tots hardits(En avant les avants, toujours gagner le ballon ovale. En avant les trois-quarts, jamais laisser tomber le ballon).

La vita de l’aulhèr (la vie du berger).

Dans notre entourage familial gravitent plusieurs bergères et bergers (et il y en a  aussi chez quelques amis). Ainsi, dans la génération des nièces et neveux, et notre gendre, on en dénombre 6. Six exemples que nous observons et fréquentons, que ce soit dans leurs fermes de la vallée de Barétous ou dans les estives d’Aspe et Barétous. Dans cette chanson je salue la vie de ces « aulhers » en mettant en exergue quelques uns de leurs travaux ou occupations.
J’ai testé ce texte, vocalement, un soir avec deux chanteurs du groupe Arguibelle, Michou et Bruno et je l’ai proposé une autre fois, sans la musique, à leur chef de chœur Jean-Claude O en pensant que cela pourrait les intéresser. Mais point de retour à ce jour.
L’idée originelle remonte au 28 août 2006, assis face à la Pyramide du Louvre (le premier brouillon en atteste). D’autres apports et améliorations suivront (épreuves numérotées de 1 à 8) jusqu’en juillet 2010, pour les paroles, en des lieux souvent nommés dans mes brouillons, tels que le Lac de Choisy-le-Roi où se déroulait notre footing, le Parc du Coteau de Vitry-sur-Seine, plusieurs fois (il jouxtait notre appartement), le Bus 183 qui nous menait dudit appartement au Métro de la Porte de Choisy. Le 17 novembre de la même année je fignolais un peu plus le rythme musical et ses temps forts.
Les travaux cités peuvent concerner le quotidien comme le saisonnier : en juin et en septembre la montée aux estives puis sa descente, là-haut matin et soir la traite des brebis et la fabrication du fromage en matinée ; entre octobre et mai labour, semences, fenaison et entretien des machines et des locaux …
Chacun des 6 couplets se termine par deux lignes adaptées à la strophe concernée. Exemples de deux de ces couplets :
Deuxième couplet : Au mes de junh l’amontanhatge – Lo tropèth trauca lo vilatge – Breçat au son de las esquiras – Ritmant lo pas de las anheras – Atau comença la sason, la sason de l’aulhèr. (La montée aux estives s’effectue au mois de juin – Le troupeau traverse le village, bercé par la musique des clochettes qui rythme le pas des brebis. Ainsi débute la saison du berger).
Cinquième couplet : Deu mes d’octobre au mes de mai – Jamei non manca lo tribalh – Tostemps laurar, semiar, dalhar – A còps totun hestassejar – Atau se passa l’annada de l’aulhèr (D’octobre à mai le travail ne manque pas : toujours labourer, semer, faucher, et parfois quand-même festoyer. Ainsi se passe l’année pour le berger).

Beròina (jolie petite).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
C’est la toute dernière création, commencée le 11 novembre 2019, achevée  (pour le moment) en 2020 : le 16 janvier, pour le texte, et le 02 février, pour la musique , chanson inspirée d’un paragraphe d’un livre de cours d’espagnol. Dialogue entre deux personnes, que j’ai développé et adapté. Comme cela m’arriva déjà en plusieurs occasions lors de mes marches dans les bois ou le long du gave je retins lors d’une d’elles, en décembre 2019, un air que je jugeai assez entraînant et de retour a casa je le jouais au diatonique avant d’écrire la partition. Il fallut bien sûr ensuite apporter quelques modifications aux paroles pour qu’elles cadrent correctement à la mélodie.
Les 7 couplets se construisirent peu à peu entre les deux dates signalées plus haut, en des lieux très différents : outre le logis, au parcours Santé de Saint-Pée, chez Aurélie et Matthieu (et Artús) lors du réveillon du 24 décembre, balade autour du château d’eau de Saint-Pée, TGV Pau-Paris …
Résumé : Le numéro 1 questionne son ami le numéro 2 sur la « belle » (beròina) qui vit depuis peu chez ce dernier. Age, taille, couleur des cheveux, couleur des yeux … Tout est parfait mais le numéro 2 paraît inquiet. Le numéro 1 ne comprend pas cette inquiétude. La réponse apparaît dans le dernier couplet (voir plus bas : suspens !)
Des 7 couplets je livre les numéros 1, 2, 6, 7.
Premier couplet : – Adiu l’amic, que t’arriba donc, tà estar tan gaujós ací ? – Qu’u te vau diser gójat, a noste despuish gèr vive ua beròina.– Bonjour l’ami, qu’est-ce qui t’arrive donc pour être aussi joyeux ici ? – Je vais te le dire, garçon, depuis hier une jolie petite vit chez nous).
Deuxième couplet : – Quina chança qu’as mon amic, quin atge a ta beròina ? – Qu’ei tota joeneta, doça, amistosa, la voleri guardar longtemps.( – Tu en as de la chance mon ami. Quel âge a donc ta jolie petite ? – Elle est très jeune, douce, affectueuse. J’aimerais la garder longtemps).
Sixième coupletQuina chança qu’as mon amic, dab era n’as pas nat chepic ? – Si pr’mor que demora tròp au solèr de haut, au ras deu frineston ubert ( – Tu en as de la chance mon ami, avec elle tu ne te fais pas de souci – Si parce qu’elle reste trop au grenier en haut tout à côté de la fenêtre ouverte).
Septième couplet : – Mes de qui me parlas mon amic ? Qui ei donc aquera beròina ? – Que’t parli de Pixu, ma navera gateta, qu’èi tan paur que cadosse.
( – Mais de qui me parles-tu mon ami ? Quelle est donc cette jolie petite ? – Je te parle de Pixu, ma nouvelle petite chatte, j’ai si peur qu’elle tombe de là-haut).

Lo Dédé de Lautrec.

Ce texte fut écrit à l’occasion des 50 ans de André (Dédé) Coste, un Aveyronnais perdu en plein Paris, depuis la fin des années 80, au milieu des autres Occitans de notre Association l’Estancada : Bigorre, Béarn, Landes, Lot et Garonne, mais aussi Corse, Catalogne …
Nous fûmes quelques uns de l’Estancada à être invités à Lautrec, pays natal de la vedette du jour et, à cette occasion, je composai une chanson très courte, sur un air provenant de C’Jérôme, un tube de la radio une dizaine (ou plus ?) d’années auparavant.
En quelques lignes concentrées sont décrits quelques épisodes de la vie parisienne de notre héros.
La chanson ne comprend que 3 couplets dont voici deux d’entre eux.
Premier couplet : Òc, soi jo, Dédé, Parisenc de Lautrec – Soi jo, Dédé, Occitan a Paris – Luenh deu país, a i deviéne pèc ! (Oui, c’est moi, Dédé, Parisien de Lautrec, c’est moi, Dédé, Occitan à Paris, loin du pays, à en devenir fou !)
Troisième coupletÒc, soi jo, Dédé, mitat sègle qui càd – Soi jo, Dédé, demori plan hardit – Atau qu’an dit amics de l’Estancada (Oui, c’est moi, Dédé, la moitié d’un siècle me tombe dessus, c’est moi, Dédé, je reste toujours « hardi », ce sont les amis de l’Estancada qui le disent).

 

Nouveaux textes de Camin Casa : première partie

Je fournis les titres d’anciens textes déjà écrits pour la plupart avant la sortie de notre deuxième CD en 2008  et certains même avant celle du premier CD de 1997. En revanche, le premier brouillon de la toute dernière chanson (beróina) date … du 14 novembre 2019. La liste qui suit ne correspond pas à un ordre chronologique car la trace de la date d’écriture du texte est souvent absente. Chaque titre est accompagné de quelques commentaires sur le thème de la chanson et d’un échantillon de texte.
Comme le nombre de textes analysés arrive à 17, afin d’alléger la lecture je divise en deux parties cette description. Cette première partie comprend donc 8 paragraphes relatifs aux compositions suivantes : l’exilat, l’Aberuat, la hesta deu vilatge, la pastora e lo charmant, Calandreta, la canha e la gata, l’Estancada, maridatge au Buzet.

L’exilat 
(l’exilé).

Certainement le premier texte écrit par moi en Béarnais (j’avais déjà sévi en Français), dans les années 70, le seul que je me souviens avoir fait lire à mon père. Comme peut le suggérer le titre, chanson nostalgique mêlant des scènes de la campagne, lieu de vacances exclusivement à l’époque, et de la ville. Et opposant évidemment les deux. J’ai modifié la musique plus tard en espérant rendre la chanson un peu moins « tristounette ». L’orthographe est phonétique au début car ce n’est qu’un peu plus tard que j’adopterai l’écriture dite normalisée (ou classique) lisible dans le terroir de culture occitane.
Au départ le titre diffère (les plaintes de l’exil)  et la structure est vraiment différente de la version définitive puisque on y trouvait alors un refrain, un couplet introduction et un couplet conclusion, qui vont tous disparaître par la suite, après que je les ai jugés trop « gnangnan ».
Je me permets quand même de les dévoiler 50 ans après. Prenez vos mouchoirs.
Introduction :  (je ne propose que l’orthographe classique)
Escotaz la cançon d’un qui’s desespera – Tròp luenh de sas amors – Qu’a quitat son país tot solet e adara – Que plora de dolor.
Ecoutez la chanson d’un désespéré trop éloigné de ses amours. Il a quitté en solitaire son pays et maintenant il pleure de douleur.
RefrainShens eths soi plen de tristessa. Mon país, mens amics, non, non, jamei, ne cau m’abandonar.
Sans eux ( le « eux » se rapporte aux différents lieux ou personnages décrits en chaque couplet) je suis plein de tristesse. Mon pays, mes amis, non, non, jamais vous ne devez m’abandonner.
Conclusion : Companhons, a pè, a chivau, o per batèu, jamei non cau partir, jamei quitar vòste beròi vilatge, si lèu non voletz pas morir.
Amis, ne partez jamais, jamais ne quittez votre beau village, si vous ne voulez pas mourir vite.
On ne peut pas dire que j’étais très aventureux en cette période.
Je repris cette chanson beaucoup plus tard et j’ai retrouvé des brouillons datant de 2010 et 2011, l’un provenant d’une réflexion alors que je marchais vers mon lieu de travail, le lycée Chérioux de Vitry. Je changeais alors le rythme et prévoyais un intermède musical entre chaque couplet, pour « égayer ». Il y en avait besoin.

L’Aberuat (nom d’un refuge de montagne).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
Histoire d’une mémorable randonnée, ratée, en montagne, dans les années 70, les premiers brouillons retrouvés de cette chanson datant de 1975L’Aberuat (prononcer Laberouat) est le nom du Refuge au-dessus du village de Lescun, en Vallée d’Aspe. A l’époque la chaussée entre Lescun et L’Aberuat n’est pas praticable pour les voitures de tourisme, accessible seulement pour quelques véhicules comme les jeeps.
Notre « expédition » comprenait 5 personnes et mon chien labrit, Moujik. Elle partit de Saint-Pée, exactement du Café Estrate, tenu par mes Oncle et Tante, Louis et Madeleine. Nous y commençâmes notre échauffement « liquide » avant d’aborder, vers 15 h, la longue route qui nous attendait (30 km en voiture de Saint-Pée à Lescun puis environ 5 à pied entre Lescun et L’Aberuat). Des clients dudit bistro Estrate voulurent trinquer avec nous, comme s’ils saluaient le départ pour des contrées lointaines de baroudeurs ou de cosmonautes. Dans ces années là chacun se souvient que les règles de la circulation, non pas sanguine mais routière, n’avaient pas la même vigueur/rigueur que maintenant, ce qui explique les excès que nous avons commis en ces moments là : pas des excès de vitesse car les 5 conducteurs qui se relayèrent, sûrement – aucune trace écrite à ce sujet – ne prirent aucun risque de cet ordre.
De Saint-Pée à L’Aberuat, plusieurs haltes s’imposaient dans des bars connus car si le (la) tenancier(ère) nous avait vus passer sans s’arrêter nous l’aurions vexé(e). Nous ne ferons que citer les lieux visités honorablement : deux sur Oloron, Gurmençon, Bedous, Lescun (chez Carafan), et peut-être en ai-je oublié un ou deux, sans m’attarder sur la nature et le nombre de consommations. Précisons que chacun(e) d’entre nous portait un sac à dos empli de victuailles (locales) et que les boissons s’accompagnaient de consistance solide : nous nous comportions en responsables.
Les derniers kilomètres, à pied, entre Lescun et L’Aberuat, s’avérèrent peut-être douloureux (la mémoire défaille pour certaines parties de notre périple) et nous atteignîmes le Refuge en fin d’après-midi. Nous devions nous lancer à l’assaut du sommet pyrénéen le lendemain matin à l’aube, après une soirée agitée et accompagnée de chants, et une courte nuit.
Le but de cette « excursion » était le Pic d’Anie, 2504 m, le plus élevé de la Vallée d’Aspe, Pic que nous apercevons d’Oloron et des villages qui l’entourent.
La chanson décrit avec précision les arrêts cités ci-dessus, l’annulation de notre projet montagnard car le petit matin dévoila un temps (dehors) exécrable avec pluie et brouillard. La conquête du Pic d’Anie fut donc remise à plus tard : effectivement quelques uns d’entre nous atteignirent plusieurs fois cette cime dans les années qui suivirent, avec une préparation plus sérieuse.
Le retour vers la civilisation le jour même mérite quelques phrases du texte.
Je ne donne que le 4éme couplet de cette chanson qui en compte 5.
Desbelhèm lo matin de bona òra – Per escadença cadè ploja dehòra – Se’n tornèm donc au lieit com a noste – Shens desbrumbar de minjar un nhac – Dètz òras, auta temptativa – Mes tostemps vent e ploja viva – Que’s virèm entà la valea – S’i cauhar lo mus – Com eth temps, lo cap embrumat – Maugrat ua baishada – Pléa de meishants virolets – Qu’arribèm vius a Lescun.
On se réveilla de bonne heure le matin. Par chance la pluie tombait dehors. Nous retournâmes donc au lit, sans oublier de casser la croûte. A dix heures, autre tentative mais toujours du vent et une pluie ardente. On s’en retourna donc vers la vallée pour se réchauffer le « museau ». Comme le temps, notre esprit n’était pas clair. Nous arrivâmes vivants à Lescun malgré une descente pleine de virages dangereux.

La hesta deu vilatge (la fête du village).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
Symboliquement une chanson très importante pour moi car composée dans mon lit d’hôpital entre janvier et avril 1984. Cloué dans ce lit pour trois mois par le virus Guillain-Barré – nerfs annihilés momentanément – qui m’avait paralysé totalement (ni paroles, ni mouvements des quatre membres), sauf la conscience. En attendant que ce virus me quitte je décidais de composer une chanson qui m’occuperait l’esprit et m’encouragerait à résister. Bien sûr l’élément majeur qui entretenait mon moral était la présence continuelle de la famille : femme, frères, parents (notre petite Aurélie, deux ans, était interdite de visite) qui se relayaient avec dévouement. Quelques amis aussi me visitèrent alors. Dans la situation précaire où je me trouvais j’optais au contraire pour une chanson « gaie » : la hesta deu vilatge (la fête du village). Cela me demanda un peu de temps car je devais tout mémoriser, ne pouvant ni écrire ni parler. Revenu à l’état « normal » je modifiai naturellement quelques paroles, tout en gardant le plan établi.
Quelques brouillons datés montrent l’évolution du texte, d’autant plus que je note, au début, le numéro de « l’épreuve » : une douzaine entre juillet 89 et juillet 90. Je relève enfin quelques reprises ultimes (en attendant les prochaines ?) durant le mois de juin 2007.
Arrepic : A la hesta deu vilatge,arrastèra, pica e pala, a la hesta deu vilatge, s’divertishen tots amassas. A la hesta deu vilatge,arrastèra, pica e pala, a la hesta deu vilatge, s’amusa tanben lo pegàs.
Refrain : Tout le monde se divertit à la fête du village. A la fête du village le « simplet » s’amusa aussi.
Dernier couplet (la chanson en compte quatre) : Qu’ei un dia a caçar la ploja – Un dia a desbrombar las brolhas – Qu’èm vienguts entà hestejar – E non pas entà peleja’s – Qu’ei la hesta de mon vilatge – Qu’ei la hesta de tots los atges.
C’est un jour à chasser la pluie – Un jour à oublier les embrouilles – Nous sommes venus pour faire la fête – Et non pas pour se quereller – C’est la fête de mon village – C’est la fête pour tous les âges.

 La pastora e lo charmantòt (la bergère et le charmant).

Je n’ai pour le moment jamais proposé ce texte à quiconque.
Les premières lignes écrites datent du 07 mars 1980. Entre ces débuts et les dernières retouches, en 2010, 4 titres se succédèrent : « ce n’est pas toi que j’aime » ; « qu’ei non ! » (c’est non !) ; « non ! » (non !) ; la pastora e lo charmantòt » (la bergère et le charmant). Les échanges entre la bergère et le charmant traduisent une certaine mésentente entre les deux. Les premières épreuves sont rédigées en Français puis vient l’alternance Français/Béarnais, chez les deux personnages. En consultant l’ensemble de mes textes écrits je constate que « la pastora e lo charmantòt » est la 3ème chanson où j’aborde des oppositions verbales ou de situation au sein d’un couple. Mais, pour les deux autres, « Melinà » et « encontre« , l' »histoire » se termine bien.
En ce qui concerne la musique, au départ je m’inspire d’un air traditionnel gascon dont les paroles commencent par « haut, haut, Pèiròt, desvelha-t« , chant évoquant la période de Noël. Dans le dernier brouillon retrouvé, 23 novembre 2010, j’évoque un changement de mélodie ainsi que l’apport d’un intermède musical entre les couplets.
Sur les 5 couplets je ressorts le premier et le dernier.
Premier couplet : Adishatz pastorèta, je voudrais t’embrasser – Tà que har charmantòt ? Tu en auras vite assez – Mes que non, pastorèta, serai toujours fidèle – Mensonger, charmantòt, d’une fille tu fais fi d’elle !
Bonjour petite bergère … Pour quoi faire … Mais que non … Charmant menteur …
Dernier couplet : Crudèla pastorèta, loin de toi je me meure – Ailàs tà tu, charmantòt, je reste en ma demeure – Adiu donc, pastorèta, je pars pour l’Angleterre – Viste escapa pé, charmantòt, enfin tu vas te taire !
Petite bergère cruelle … Hélas pour toi mon charmant … Au revoir donc … Échappe-toi vite …
Clôturons par les rimes des trois autres couplets :
ville/gens vils ; patois/ pas toi ; croix/ crois ; or/hors ; méchante/mais chante ; ailleurs/railleur.

 Calandreta (nom de l’école bilingue occitane).

C’est le 20 juin 2013 que l’air et les paroles du refrain de « Calandreta » me viennent à l’esprit, lors d’une balade avec Hélène entre Sait-Pée et Féas. Mais ce refrain initialement prévu sera vite remplacé car je le trouvai provocateur puisqu’il s’adressait à des enfants : « Ca … Ca … Calandreta – Calandreta d’Auloron – Qu’a … Qu’a … Qu’aprenem – Quaprenem a parlar Occitan ». Trois versions suivirent et la chanson fut achevée le 30 juin 2013.
Chanson en l’honneur de la Calandreta d’Oloron, école bilingue occitane. Au départ école privée laïque assurant les cours du Primaire, en Français et en Béarnais/Occitan. Il fallut batailler et attendre quelques années avant que l’Education Nationale ne reconnaisse à la Calandreta un Statut proche de celui d’une école publique et rémunère ses enseignants. Je connais personnellement depuis plus ou moins longtemps 3 de ces enseignants (ainsi que du personnel d’entretien et d’animation) : la directrice Maguy Bartalou, qui, avec son mari Jean-Jacques, nous accueillait chaleureusement, il y a de nombreuses années de cela, au restaurant lo Cotoliu de Ledeuix, lorsque j’y stationnais quelques heures de la soirée (nuit ?) avec les jeunes (nous le fûmes aussi) de Saint-Pée ; Françoise Navarro, membre, comme moi, de la troupe de théâtre los Mosquilhós d’Issor ; Patrick Rachou, que j’ai rejoint depuis peu au groupe vocal de Passatge.
Avant de revenir à ma chanson, quelques mots de certaines activités de la Calandreta, en plus de l’Enseignement.
Tous les ans, au mois de janvier, la Calandreta d’Oloron figure parmi les organisateurs de la Corruda : sur 10 km se déroulent une marche et une course lors desquelles les marcheurs et les coureurs versent une participation dont le montant alimente la trésorerie de la Calandreta. A l’origine de cette journée on trouve Miquèu Estanguet  lui aussi acteur chez los Mosquilhós et, au micro, comme animateur/présentateur Jacques Cazaurang. Départ et arrivée à la salle Palas d’Oloron, trajet par Saint-Pée et Moumour. Je fais partie des bénévoles utilisés pour réguler la circulation automobile à certains carrefours (pour moi Place des Oustalots). Le repas qui suit à Palas se termine bien évidemment par une Cantèra à une dizaine de participants.
Tous les ans également la Calandreta organise un repas lors duquel les élèves de l’école participent pleinement en chants et danses, sous la direction de Patrick.
La Calandreta tient en général un stand sur la Place Saint-Pierre du quartier Notre-Dame lors de la Foire du 1er mai d’Oloron et assure aussi un repas dans l’ancienne église puis ancien garage de la Place.
Enfin la Calandreta participe activement au Carnaval de février dans les rues d’Oloron jusqu’à la Place Saint-Pierre où elle s’occupe encore des repas.
Revenons à la chanson que m’ont inspirée les enfants de la Calandreta, avec bien sûr le souhait inavoué qu’ils interprètent à l’occasion cette chanson. J’ai donc proposé ce texte un jour à Patrick et Maguy, le 23 janvier 2014. A sa remise je n’ai pas senti un grand enthousiasme ni même un quelconque intérêt. La seule remarque concerna l’emploi de l’article « lo » pour le masculin « le » alors que l’école utilise « eth« . Personnellement j’alterne lo et eth selon le nom commun qui suit l’article. Mais je comprends que les responsables de la Calandreta ont suffisamment de soucis à gérer l’école pour ne pas perdre trop de temps à décortiquer des écrits qu’on leur propose.
Je termine par un des cinq couplets (le quatrième).
Qu’èm, qu’èm, qu’èm musica- Qu’èm la musica deu gave – Qu’èm, qu’èm, qu’èm color – Qu’èm color deu parpalhon.
Nous sommes musique, nous sommes la musique du gave. Nous sommes couleur, nous sommes la couleur du papillon.
Dans les autres couplets les enfants sont successivement aubeta (aube), flor (fleur), dança (danse), canta (chant), doçor (douceur), sentor (odeur).

La canha e la gata (la chienne et la chatte).

Chanson présentée cela fait un certain temps aux frères Arrieux, Yannick et Sébastien, ainsi qu’à Sylvain, notre guitariste.
Franz Schubert n’aurait jamais pu imaginer que j’écrirais un jour une chanson en son honneur. A l’origine, sa composition « la truite de Schubert« , en 1819, dont l’air me trottait dans la tête depuis de nombreuses années. C’est dans la nuit du 27 novembre 2010 (mon premier brouillon l’atteste) que je décidai d’associer des paroles à cette mélodie – il fallait oser. Au départ j’imaginais une opposition entre divers éléments : une chienne et une chatte, un torrent de montagne et une rivière calme de plaine (l’Adour), le feu et la neige. Cela constituait déjà 3 couplets. Plus tard, après des aménagements en décembre 2010 puis en mars 2011, je rajoutai 2 autres couplets, l’un annonçant la réconciliation de la chatte et de la chienne, l’autre faisant intervenir Schubert lui-même rencontrant une truite au bord d’une cascade (situation imaginée dans le car reliant Pau à Oloron). J’envisageais même d’intituler cette chanson « la truite de Schubert« .
A suivre, le premier et le dernier des 5 couplets.
Premier couplet : La canha e la gata – Ger ser que se son pelejadas – La canha a nhacat la gata – La gata a urpiat la canha – Ò quina bèra musica – De lairets e miaulets.
Hier soir la chienne et la chatte se sont battues. La chienne a mordu la chatte et la chatte a griffé la chienne. Ce fut une belle musique d’aboiements et de miaulements.
Dernier couplet : La trueita e lo Schubert – Aciu haut que se son crotzats – Trueita dança dab l’aiga viva – Schubert escota la cascada – Ò quina bèra armonia – La trueita e lo Schubert.
La truite et Schubert se sont rencontrés en montagne. La truite danse dans l’eau vive et Schubert écoute la cascade. Quelle belle harmonie entre la truite et Schubert.

L’Estancada (nom de l’association d’Occitans de Paris).

De toutes les chansons dites « inédites » présentées ici, « l’Estancada » est la seule que le groupe Camin Casa interpréta en public en plusieurs occasions, pour des fêtes annuelles de notre Association éponyme parisienne, parfois même avec les enfants de ladite Association, sans toutefois intégrer cette chanson dans les deux CD que le groupe enregistra en 1997 et 2008. En effet le thème ne concernant que l’Association, à laquelle appartient Camin Casa, nous avons jugé qu’elle risquait de ne pas intéresser des gens de l »extérieur ».
La musique provient d’un air traditionnel gascon que certains d’entre nous connaissions, grâce à Dominique (Dómé) Pivot, qui nous initia à l’accordéon diatonique : Gilles Gayral, Jean-Mathieu Canniccioni, moi-même et d’autres dont le nom m’échappe.
Pendant plusieurs années l’Estancada reçut tous les « exilés » occitans de la Capitale qui le voulaient (ce qui ne signifie pas que l’exil était une peine capitale) : Landais, Béarnais, Bigourdans, Lot-et-Garonnais, Aveyronnais, Provençaux, Catalans  …  avec aussi une ouverture vers d’autres régions que l’Occitanie. Outre l’accueil et l’entraide, diverses activités étaient proposées, le vendredi soir et parfois le samedi, comme la musique, la danse, la cuisine, des soirées avec ou sans thème particulier, des conférences et débats … La chanson « l’Estancada » fait revivre notre Association en 4 couplets.
Dans l’un je cite le groupe vocal « los Tinhós » auquel succéda « Camin Casa« . Dans un autre couplet j’évoque « lo Shiulet« , revue trimestrielle bilingue à laquelle je participais avec, entre autres, les 3 fondateurs Alain Sibé, Philippe Labarère et Alain Estrade.
Si l’Association l’Estancada vit le jour en 1985, sous l’impulsion prédominante de Yves Salanave-Péhé, Dominique Pivot, Alain Sibé et Philippe Labarère, la naissance de la chanson éponyme date du 18 février 1990 (mon brouillon l’atteste), jour du départ de la famille Salanave (Yves, Marie, Julien, Louise) pour un séjour de quelques années à Washington, au service de l’Ambassade de France.
Comme signalé plus haut Camin Casa chanta plusieurs fois sur scène « l’Estancada » : le 29 juin 1991 (AG de l’Estancada), le 09 novembre 1991 (fête de l’Estancada – et oui cela arrivait), le 28 mars 1992 (4ème anniversaire du Shiulet), le 27 mars 1993 (5ème anniversaire du Shiulet – une année passe très vite !), le 27 mai 1995 (10ème anniversaire de l’Estancada), le 18 novembre 1995 (fête – encore ! – de l’Estancada).
Dernière remarque avant de proposer quelques éléments de la chanson : une quinzaine d’années plus tard l’Estancada me servit encore de support pour une autre chanson, « lo taulèr » (le comptoir), dans laquelle je décris (sans chuchotement) quelques soirées parisiennes animées entre amis de l’Estancada et visiteurs. Cette chanson figure dans notre deuxième CD paru en mai 2008.
Retour à l »Estancada » :
Refrain : A París qu’us èi encontrats – Tots vaduts d’un país aperat Occitania – A París que s’èran juntats – Tà triomnfar amassas de la malenconia.
Ils se sont rencontrés à Paris, tous nés en un pays appelé Occitanie – A Paris ils se sont regroupés – Pour vaincre ensemble la mélancolie.
Troisième couplet : Dens la lor revista « lo Shiulet » – Qui piula a pausa impertinent – Arreconeishem un estil navèth – Açò s’amerita un gran còp de bonet.
Dans leur revue « le Sifflet », qui stridule parfois l’impertinence, on reconnaît un nouveau style qui mérite un grand coup de … béret.
Quatrième couplet : De quan en quan i a grana hesta – Tà s’orbir l’Estancada ei presta – Cantan los chins de la Calandreta – Tàu país de doman se lhèva l’aubeta.
De temps en temps il y a une grande fête car l’Estancada est toujours prête à s’ouvrir. Les enfants de la Calandreta chantent le pays de demain qui se lève avec l’aube.

Maridatge au Buzet (mariage au Buzet).

Dans mon répertoire plusieurs textes relatent un anniversaire, parfois en Français, parfois en mixte Français/Occitan, événements trop personnels pour que je les diffuse. En revanche c’est en Béarnais que  je parle volontiers dans cette chanson du mariage de deux amis de l’Estancada, Hélène Manaud-Palas et Thierry Conter, le 24 août 1990.
La fête (la hesta) se déroula dans un village des Landes, Uza, au lieu dit du Buzet. Nous « descendîmes » à 5 de Paris, dans le camping-car des Gayral : Evelyne et Gilles Gayral, Caty Sibé, Hélène Haritchabalet et moi. Partis le vendredi soir, après le travail d’Hélène à l’hôpital  de Kremlin Bicêtre. Deux nuits et deux jours « endiablés » allaient suivre. Je composai la chanson la semaine précédente, sur un air traditionnel très connu. Plusieurs fois durant ce week-end (pardon, durant cette fin de semaine) nous l’interpréterons, Gilles nous accompagnant avec son accordéon diatonique. De nombreux chanteuses et chanteurs participaient à ce mariage : outre les gens de l’Estancada, nous 5 « Parisiens » et d’autres venus du Béarn, les collègues des Beaux Arts de Thierry, des amis personnels des mariés, dont un jeune d’Arudy avec qui nous avons partagé pas mal de chansons béarnaises. On apprécia la prestation du frère de la mariée, Laurent, 1er violon d’un Orchestre renommé de Paris.
Une dernière anecdote : lors de l’apéritif, qui dura plus de cinq minutes, nous avons téléphoné à … Washington pour joindre Marie et Yves Salanave et leur faire partager l’ambiance du moment, avec une ou deux chansons qui ont dû leur réchauffer le cœur.
Refrain : Hesta de costat de Uza – Au Buzet vam plan amusa’s.
C’est la fête à Uza – Au Buzet on va bien s’amuser.
Premier couplet : Uei que vam maridar – Elena e lo Thierry – Vam cantar, vam cridar – E dançar com un sarri.
Aujourd’hui on marie Hélène et Thierry. On va chanter, crier, et danser comme un isard.
Dernier couplet : Orbritz gran la frinèsta – Tà deishar entrar la noça – Vam har pétar la hesta – Dinca l’aubeta tan doça.
Ouvrez en grand la fenêtre, pour laisser entrer la noce. La fête va exploser jusqu’à l’aube si douce.

 Rappel des titres déjà parus [entre parenthèses le numéro du CD correspondant, 1 (1997 Tostemps seguir) ou 2 (2008 Cap a Cap)].

Aimar (2) – Ací l’amor t’apera (1)Atau qu’ei la vita (1)Apleguem’nse (2) – Baptista (1)Canta beròia (2) – Cap a Cap (2) – Color e dolor (1)Comunicación (2) – Lo desbrombat (1)Encontre (2) – L’entròpia (2) – Mainada (2) – Mau de còr (1)Marteror (1)Melinà (1)Lo monde arrevirat (2) – Mon país qu’ei la montanha (1 et 2) – Nosta lenga (1)Paísans de noste (1)Praube de tu (2) – Qu’es pertot (2) – Que’t vau parlar (1)Lo taulèr (2) – Tostemps seguir (1)Los tres motociclistas (2).

Titres des traductions français /occitan.

A retrouver dans un autre article du blog.

L’amour qui nous mène (traditionnel béarnais).
Le p’tit bonheur (Félix Leclerc).
Le déserteur (Boris Vian).
Lorelou (Gilles Vigneault)
Occitanie (Marie-Andrée Balbastre).
Quand j’étais paysanne (Marie-Andrée Balbastre )
Le temps des cerises (J.B.Clément et

Camin Casa : commentaires sur CD 2 (deuxième partie)

La première partie des commentaires sur le CD 2 du groupe Camin Casa concernait les titres 1 à 8 de ce disque. Nous abordons maintenant les commentaires sur les titres 9 à 15, en conservant le même plan de route : date et lieu de naissance (quand mes archives retrouvées le permettent), thème et résumé, refrain s’il existe, quelques chiffres sur les répétitions (mais les archives s’arrêtent pour elles à 2007, pour l’instant), représentations (date, lieu, circonstance), anecdote ou commentaire personnel.
Rappels : Camin Casa est le groupe de chant de l’Association occitane de Paris,  l’Estancada. Le deuxième CD de ce groupe fut édité en mai 2008. Sa composition est donnée dans dans la première partie publiée le 5 mai 2019, ainsi que quelques infos sur l’enregistrement au studio Arbus de Pontacq.
La réalisation graphique de la pochette du CD 2 est à l’actif de Thierry Chauvin.

9. Encontre (rencontre).

Date et lieu : Plusieurs dates jalonnent les brouillons retrouvés : de janvier 1986 à septembre 1989. La chanson était donc terminée lors de l’enregistrement du CD 1 en mai 1996 mais je ne l’avais pas encore proposée au groupe.
Thème : Il s’agit de la rencontre de 2 skieurs ; elle (de Bordeaux) et lui (du Béarn). Dialogue difficile, finalisé par un espoir suggéré.
Résumé : Premier et dernier couplets à suivre.
Una démisela de Bordèu/Que’s passejava sus la nèu/A un cutorn qu’a encontrat/Un joen e amistós mainat.
Une demoiselle de Bordeaux se promenait sur la neige. Elle a rencontré dans un tournant un jeune garçon amoureux.
Perqué donc tant de désesper ?/Lo dia moreish tostemps au ser/Pèna demora au medish lòc/Un matin qu’at diserèi òc.
Pourquoi tant de désespoir ? Chaque soir le jour se meurt. Le rocher reste au même endroit. Un matin je te dirai oui.
Répétitions : Elles sont au nombre de 40.
Représentations : Aucune représentation en public pour « encontre ».
Commentaire : À l’introduction, parlée par Philippe Labarère (couplets 1 et 2), succède une alternance des voix féminines  (Graciela, Angèle, Séverine) pour les couplets 4, 6, 8 et des voix masculines pour les couplets 3, 5, 7. L’ensemble reprend en fin de chant le couplet 1.

10. L’Entròpia (l’Entropie).

Date et lieu : Le 06 octobre 2002, à l’issue d’un match de rugby à Vitry-sur-Seine, qui recevait Saint-Denis, après discussion avec l’ami Michel Rogel (avec lui ce n’était pas la première sur l’entropie) je pris la décision de composer une chanson sur ce sujet pas du tout classique. Les premières ébauches se répartissent entre décembre 2002 et juillet 2004, d’après les épreuves classées, en région parisienne. Une deuxième période se situe durant l’été 2006, pendant une traversée ralentie de la ville de Bordeaux puis , pour la première mise en forme réelle au lieu dit La Mouline à Arette, sur la route de la Pierre Saint-Martin.
Thème : Voici tout d’abord la définition de l’entropie, donnée par le dictionnaire Robert. L’entropie est une fonction exprimant le principe de dégradation de l’énergie et l’augmentation du désordre. Je reprends donc diverses notions liées au second principe de la thermodynamique, comme le désordre moléculaire, les échanges de chaleur entre deux systèmes, l’irréversibilité, l’évolution d’une transformation, en les appliquant à des êtres ou à des éléments de la nature qui nous entoure (mouvements de foule lors des manifestations populaires et mouvement de houle de la mer, ébats amoureux …).
Résumé : Quelques parties du premier et du dernier couplet.
Nosta dauna l’entròpia ei coneguda com dauna de princips, e sustot lo princip segond de la termò. L’entropie est connue comme une dame de principes, et surtout le deuxième principe de la Thermo.
L’entròpia preved l’evolucion en un sol sens d’ua transformacion,espontanament, shens nada constrenta. Qu’ei com lo temps qui passa, ne torna pas jamei. L’entropie prévoit l’évolution, d’une transformation, en un seul sens, spontanément, sans aucune contrainte. C’est comme le temps passé qui ne revient jamais.
Refrain : L’entròpia, l’entròpia, ua foncion termodinamica, qui s’i freta s’i pica.
L’entropie, une fonction thermodynamique, qui s’y frotte, s’y pique.
Répétitions : 17.
Représentations : Aucune prestation publique pour « l’entròpia ».
Commentaires : Pour l’enregistrement du disque on décide que le seul Sébastien chantera les 5 couplets afin que l’audition soit plus claire. Le groupe au complet n’intervient que sur le refrain.
Un café nommé « l’Entropie » existe à Pau, lieu de rencontres scientifiques. Peu de temps après la sortie du CD j’ai informé le tenancier de l’existence de notre chanson et de l’analogie de son titre avec le nom de son établissement, pensant que cette curiosité pourrait l’étonner. Mais nous (j’étais accompagné de Jean-Pierre Bergé) n’avons suscité ni commentaire ni intérêt de la part de notre interlocuteur, pas même une question polie sur le thème et la trame de la chanson.
En revanche, lors de l’édition juillet 2008 (ou 2009 ?) de la dégustation de Chapelle-de-Rousse une discussion, inattendue pour moi, autour de l’entropie réunit 3 gais mais lucides comparses, Momo, Président des Pagalhós et chimiste renommé, Jean-Loup Fricker et moi-même. Hélas, cette conversation ne fut pas enregistrée et l’opinion publique en sera donc privée.

11. Mon país qu’ei la montanha (mon pays c’est la montagne).

Date et lieu : La lecture des brouillons disponibles donne à penser que les deux premiers paragraphes de la version béarnaise (voir plus loin) datent du 08 juillet 1990. Pour les deux suivants il fallut attendre mars 1992.
Aucune indication relevée sur le lieu d’origine.
Thème : inspiré de la chanson du Québécois Gilles Vigneault (mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver). C’est grâce à cet auteur-compositeur, ainsi qu’à son compatriote Félix Leclerc, que je tombai amoureux du Québec, au point d’y vivre 18 mois dans les années 1972-73. Un peu plus tard, en septembre 1982 je finissais de composer, par mimétisme, en Français, « mon pays c’est la montagne » avant d’adapter le texte en Béarnais presque 10 ans plus tard.
Résumé Mon pays c’est la montagne et ses sommets majestueux, sentinelle de l’Espagne, siège de torrents, senteurs et pâturages, de bergers à fière allure et d’animaux multiples en liberté comme les brebis, les isards, les marmottes, les vautours, l’ours et le labrit.
Répétitions : Le meilleur score : 94 (normal puisque ce chant apparaît dans les deux cD).
Représentations : « mon país qu’ei la montanha » a été chanté en huit occasions. sur scène. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête de famille chez les Gayral. Le 28 septembre 1996 à Siros lors du 30ème festival de la chanson béarnaise. Le 19 septembre 1998 à Aramits, pour les 7èmes rencontres vocales pyrénéennes. Le 06 novembre 2002 à Neuilly-sur-Marne, dans le cadre d’un club de voile local. Le 27 mars 2005 à Pomponne pour les 50 ans de l’ami Jean-Claude Arrieux. Le 23 juin 2006 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques  (avenue de l’Opéra à Paris) pour la fête de fin de saison de l’Estancada. Le 27 décembre 2008 à l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques (avenue de l’Opéra à Paris) pour la soirée promotion de notre CD 2.
En plus de ces représentations de « mon país qu’ei la montanha » avec Camin Casa cette chanson fit partie du répertoire des Saint-Péens, que j’accompagnais, le 11 décembre 2010, à la maison de retraite du Parc Pommé d’Oloron. Elle fut également chantée sur la Péniche « le Mistral » , sur le Canal de Saint-Denis, jouxtant le Stade de France, après une finale du Championnat de France de rugby, par les copains de Camin Casa et du SDUS (club de St Denis), le 06 juin 2009.
Commentaires : Cette chanson est la seule qui figure sur les deux CD de Camin Casa : 1996 et 2008. Par rapport à 1996 un couplet supplémentaire a été ajouté en 2008, apparaissant en dernière position. Sa création débuta le 21 septembre 1996 … encore dans le métro.
« Mon país qu’ei la montanha » garde la préférence de nos amis de Saint-Pée Jean et Angèle qui l’ont entamé en plusieurs occasions dans des soirées animées, tout comme Laurent Pedelaborde.
Avant cette version occitane j’avais écrit, en Français, « mon pays c’est la montagne » en septembre 1982. La version occitane est une adaptation de la version initiale.

12. Mainada (ma fille).

Date et lieu : Dans mes archives le premier brouillon de « mainada » (encore écrit en phonétique « maynade ») date du 25 septembre 1988, à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis (!!). Aucune indication sur la raison de ma présence à l’hôpital ce jour-là : pour une visite à ma mère ? à un copain du rugby ? …
Les autres traces conservées se répartissent entre septembre et novembre 1989. Ces ébauches sont donc bien antérieures à la parution du CD 1 de Camin Casa (mai 1996) : je n’avais sûrement pas oser proposer cette chanson au groupe à ce moment là.
Une ultime correction paraît dans un brouillon des 25 et 30 août 2006.
Thème : En 1988 nos deux filles ont 5 ans (Aurélie) et 2 ans (Séverine). Je décide de leur consacrer une chanson où j’essaie d’exprimer toutes les émotions, les joies, les espoirs, qu’elles me procurent depuis leur naissance.
La musique provient d’un air traditionnel religieux de Pologne : Mahuski (Petit Jésus).
Résumé : La première partie du premier couplet sera répétée en fin de chanson.
Ò mainada, mainada, mainada/Tant aimada/Non jamei seràn las gaujors que m’as balhadas/Desbrombadas.
Ô ma petite fille tant aimée/Jamais ne seront oubliées les joies que tu as su me procurer.
Répétitions : 13.
Représentations : Pas de représentation sur scène pour « mainada ».
Commentaires : Dans cette chanson « a cappella » (la seule du disque) Séverine et moi sommes les seuls intervenants vocaux. Je suppose qu’à l’époque ce fut un souhait de nos compagnes et compagnons du groupe. Mais c’est assez tardivement que le titre « mainada » fut incorporé dans la liste des chansons du CD 2. En conséquence, paradoxalement le nombre de répétitions entre père et fille s’avéra certainement insuffisant, ce qui peut expliquer quelques défauts dans l’interprétation, auxquels il faut ajouter la voix « enrouée » du père.
Les années ont passé. Chacune de nos deux filles a à son tour engendré un enfant : ua mainada pour Séverine, Jeanne, et un mainat pour Aurélie, Artús. Au moment où j’écris ces lignes ces deux petits enfants approchent l’âge de 2 ans (mai 2019). Comme pour leurs mères, 30 ans plus tard, je me suis lancé dans une chanson en leur honneur, terminée il y a une année mais pas encore divulguée, pour l’instant sans titre.

13. Praube de tu (pauvre de toi).

Lieu et date : Pour la première fois depuis l’existence de Camin Casa la musique d’une de leurs chansons, en l’occurrence « praube de tu », provient d’un membre du groupe, Gilles Gayral, qui me proposa cet air lors d’une de nos rencontres/répétitions, au piano, à Epinay, chez Alain et Graciela. Je gardai cet air en tête quelque temps avant de songer à lui associer des paroles. Ainsi naquit « praube de tu » en l’année 1997.
Quelques dates jalonnent la création de ses 8 couplets. Citons, dans un premier temps, pour les 6 premiers couplets, le 10 avril 1997, le 03 juin 1997 au Parc des Coteaux de Vitry, et le 09 février 2000. Les deux derniers couplets furent élaborés en août et septembre … 2006.
Thème : La musique de Gilles plutôt entraînante ne m’a pourtant pas inspiré des paroles follement gaies puisque le texte énumère des réalités quotidiennes (personnes ou situations) pour moi gênantes ou mal ressenties. Vacuité de celui (celle) qui croit tout savoir, cheminement sans espoir de celui (celle) qui n’a pas d’ami(e)s, sécheresse de cœur de celui (celle) qui ne vit que pour l’argent, esprit mesquin de celui (celle) pour qui l’autre n’est que danger, mal-être d’un pays auquel on réprime sa propre langue, triste journée quand on la prive de musique, noirceur du temps qui passe sans aucun rêve. Heureusement l’espoir renaît avec le jeune garçon (la jeune fille) dont les yeux s’ouvrent sur la joie de vivre.
Résumé : Le premier et le dernier couplets résument ces états d’âme.
Quin pòt estar vuèit lo cap/Lo cap d’un qui sap tot.
Comme elle peut être vide /La tête de celui qui sait tout.
Mes quin pareish clar/L’espiar d’un joen gojat.
Mais comme il paraît clair/Le regard du jeune enfant.
Répétitions : 44.
Refrain : Refrain après chacun des 7 premiers couplets :
Qu’as desbrembat de te’n arrider/Los uelhs barrats, perdes l’ahida/Praube de tu ! On vas atau ?
Tu as oublié de rire/Les yeux fermés, tu perds espoir/Pauvre de toi ! Où vas-tu ainsi ?
Refrain modifié après le dernier couplet, couplet 8 :
N’as pas deishat de te’n arrider/Los uelhs uberts cercas l’ahida/Atau qu’ei plan ! Demora atau.
Tu n’as pas oublié de rire/Les yeux ouverts tu cherches l’entrain/C’est bien comme ça poursuis ainsi.
Représentations : En une occasion Camin Casa interpréta « praube de tu » sur la scène : le 25 juin 2006 à la Maison des Pyrénées Atlantiques de Paris, avenue de l’Opéra, lors de la fête de fin de saison de l’Estancada. Ce local nous fut gracieusement prêté par le Conseil Départemental durant plusieurs années pour nos répétitions.
Commentaire : Les arrangements musicaux de cette chanson proviennent de Graciela Villanueva et Christian Maysonnave.

14. Qu’es pertot (tu es partout).

Date et lieu :  « qu’es pertot » fut élaboré en octobre 1977. Le brouillon suivant date du 18 décembre 2006. Certainement un des tous premiers brouillons car seuls les titres des futurs couplets apparaissent, accompagnés d’un commentaire sur la mélodie : « rondeau » enlevé.
Thème : Un amoureux se désespère car sa belle vient de quitter les lieux mémorables où ils vécurent quelque temps ensemble. Il lui semble revoir l’absente en de multiples endroits qu’ils avaient fréquentés ensemble.
Résumé : A chacun des 5 couplets de la chanson correspondent deux images. J’en propose trois de ces dix parties.
Un shiulet de pastór dens la prada/ Ton arrider se’n moresh en cascada.
Un sifflet de berger dans la prairie/Ton rire vient mourir en cascade.
Huec de heuguèra catsus deu prat/Tons uelhós esclarits m’an troblat.
Un feu de fougère en haut du pré/Tes yeux clairs m’ont troublé.
Pèira lusenta a l’arrai deu só/Tas dents an l’esclat viu d’un tresaur.
Une pierre luisante aux rayons du soleil/Tes dents ont le vif éclat d’un trésor.
Refrain : Qu’es partida d’ací/En deishar tot/Mes despuish per ací qu’es pertot.
Tu es partie d’ici laissant tout/Mais depuis par ici tu es partout.
Répétitions : 47.
Représentations : « qu’es pertot » fut interprété trois fois par Camin Casa en public. Le 29 septembre 2007 au 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros, Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de l’Ecole Calandreta. Le 14 mai 2009 à la Maison des Pyrénées Atlantiques lors de la fête de l’Estancada et la promotion du CD 2.
Mais cette chanson « retentit » aussi sur la péniche le Mistral du Canal de Saint-Denis, le 06 juin 2009, après une finale du championnat de France de rugby, sur l’invitation de copains du club de la ville, le SDUS.
Commentaire : Cette chanson fut programmée assez tardivement pour le CD 2. Je me souviens très bien l’avoir proposée à une répétition du vendredi soir, à la Maison des Pyrénées Atlantiques, et avoir recueilli de suite l’accord de Yannick Arrieux pour chercher une « haute ».

15. Lo taulèr (le comptoir).

Date et lieu
: En août 2004, lors d’une randonnée en montagne à laquelle participait notre ami Bernard Guillou (lacs d’Anglas et Uzouis, au -dessus de Gourette), ce dernier me confia un dicton appris de son oncle breton : la Terre est basse, le Ciel est haut, seul le comptoir est à ma hauteur. Cette affirmation fulgurante ne devait plus me quitter et devenir, traduite en Béarnais et à peine transformée, le refrain d’une future chanson , « lo taulèr ».
Dès septembre 2004, au bord du Lac de Choisy-le-Roi puis dans le cadre du Parc du Coteau de Vitry-sur-Seine, notre lieu d’habitation, une première version de ce refrain apparaît, d’abord sous le titre en Français « le comptoir » puis « lo comptador » puis enfin « lo taulèr ». Les 5 couplets s’élaborent ensuite petit à petit entre septembre et novembre 2004, toujours dans le Val de Marne. En juin et juillet 2005 la structure se rapproche de sa forme définitive. Les dernières étapes datent d’avril 2006, avec l’aide des frères Sébastien et Yannick Arrieux, dans le local de la Maison des Pyrénées, Avenue de l’Opéra, pour une version finale en fin avril 2006.
ThèmePour changer des thèmes traditionnels utilisés jusqu’alors dans mes textes (amour, montagne, vie sociale ou politique) je profite du « message » festif du refrain cité plus haut pour décrire la vie nocturne de Paris, fréquentée au sein de notre Association l’Estancada. Sont ainsi abordés différents lieux et situations connus des noctambules parisiens.
Résumé : Quelques parties des couplets 1, 2, 4 et 5.
Quan tots los frustrats que glapan la télé/Jo que’m deishi plan sedusir per la nueit.
Quand tous les frustrés se gavent de télévision/Moi je me laisse séduire par la nuit.
Los marronièrs que m’aperan tà dançar/E jo pegòt que proseji dab la nueit.
Les marronniers m’attendent pour danser/Et moi comme un fou je parle à la nuit.
A l’aubeta que va tornar har lo monde/E jo qu’enviti a taula l’utòpia.
A l’aube nous refaisons le monde/Et moi j’invite l’utopie à ma table.
Uei n’èi pas trobat nat café de barrat/Hart de béver qu’ei tanben un art de víver.
Aujourd’hui je n’ai trouvé aucun café fermé/S’enivrer est aussi un art de vivre.
Refrain : Lo cèu qu’ei tròp haut, la tèrra qu’ei tròp baisha/Sonque lo taulèr qu’ei a la mia hautor.
Le ciel est trop haut, la terre est trop basse/Il n’y a que le comptoir qui soit à ma hauteur.
Répétitions : Avec 80 répétitions « lo tauler » est dans le Top 3 des 30 titres de nos deux CD.
Représentations : En cinq occasions le groupe Camin Casa monta sur scène pour chanter « lo taulèr ». Le 23 juin 2006 pour la fête de fin de saison de l’Estancada, dans l’enceinte de la Maison des Pyrénées Atlantiques à Paris. Le 17 novembre 2006 à la Maison des Associations de Villejuif, sur l’invitation des Anciens du Rugby de Villejuif. Le 29 septembre 2007 pour le 41éme Festival de la Chanson béarnaise de Siros. Le 27 décembre 2008 en l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 pour la promotion, par l’Estancada, du CD 2 de Camin Casa, à la Maison des Pyrénées Atlantiques.
Mais « lo taulèr » fut aussi entendu sur la péniche le Mistral, sur le Canal de Saint-Denis, face au Stade de France, au soir d’une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009 où quelques membres de Camin Casa reçurent le soutien d’amis du rugby dionysien.
CommentaireJe le répète en conclusion, les scènes et les impressions décrites ou ressenties dans « lo taulèr » ne proviennent pas uniquement de l’imaginaire.

Camin Casa : commentaires sur CD 2 (première partie)

Même méthode que pour le CD 1 dont les deux parties ont été publiées le 14 février et le 22 avril 2019. Pour le CD 2 je divise aussi l’étude en deux parties : la première comprend les chansons numérotées de 1 à 8, la deuxième les chansons de 9 à 15.
Je recopie l’introduction toujours valable.
Dans ce qui suit j’apporte quelques commentaires sur les textes et les musiques (quand ils sont personnels), pour chaque composition : date et lieu du début de création  (de mémoire ou à partir de document retrouvé), parfois motivation d’écriture, quelques chiffres sur les répétitions, retour sur l’interprétation en public …  Pour étayer cela  j’ai retrouvé dans notre grange de nombreux documents en décembre 2018.
Ce deuxième CD a été enregistré au Studio Arbus de Pontacq (comme le premier) en mai 2008. La composition du groupe diffère pour deux raisons essentielles. La première du fait de la disparition de deux chanteurs de CD1, Constant Bergeras et  Joëlle Peyriller, auxquels nous rendons hommage dans la couverture du livret. La deuxième parce que 4 jeunes Béarnais « montés » à Paris pour le travail ont rejoint notre Association l’Estancada et par conséquent son groupe de chant Camin Casa. Les « nouveaux » : les frères Sébastien (voix et trompette) et Yannick Arrieux (voix), Jean-Pierre Bergé (voix et percus), Séverine Berdot (voix et flûte traversière), Sylvain Gayral (guitare) et Christian Maysonnave (voix, saxophone, clarinette et basse). Les autres interprètes déjà présents au CD 1 : Angèle Fourcade (voix), Graciela Villanueva-Berdot (voix et piano), Alain Berdot (voix et guitare), Philippe Labarère (voix), Gilles Gayral (voix  et flûte à bec), Michel Berdot (voix). Soit 12 intervenants.

1. Aimar (aimer).

Date et lieu : Au départ il s’agit d’un texte écrit en Français (pour le moment je n’ai pas retrouvé en quelle année) intitulé « j’ai conjugué le verbe aimer« . Je l’ai ensuite traduit et adapté en Béarnais, les débuts de cette traduction datant du 21 juillet 1992, à Saint-Pée, la version finale en août 92.
Thème : Il s’agit d’une description des relations amoureuses dans le cadre ô combien bucolique de la montagne toujours accueillante.
Résumé : Sovien-te’n suberbèra hada/Pitnavam sus l’èrba rasada/Cernats de mila flors perhumadas/La montanha èra tota nosta/Sus dus còs ligats en un sol/Los crums nodavan un linçòu/A mieitat esconut lo só/Lissava lièt de velós doç.
Souviens-toi superbe fée/Quand nous gambadions sur l’herbe rase/Entourés de mille fleurs parfumées/La montagne était toute à nous/Sur nos deux corps liés en un seul/Les nuages ont lié un drap/Et le soleil à moitié caché/Lissait un lit de velours doux.
Refrain : Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Per tots los temps, per tots los lòcs/Qu’èi conjugat lo vèrbe aimar/Dab lo ton còs/Dab lo ton còr.
J’ai conjugué le verbe aimer/Par tous les temps, par tous les lieux/J’ai conjugué le verbe aimer/Avec ton cœur, avec ton corps.
Répétitions : 38 répétitions  pour »aimar », sur les 279 étalées entre 1991 et 2013.
Représentations : Les deux CD enregistrés par Camin Casa en 1996 et 2008 comprennent une trentaine de chansons. Les 36 apparitions sur scène se répartissent entre juin 1991 et décembre 2012. Ce sont essentiellement des textes du premier CD qui furent interprétés. On verra que seulement 6 appartiennent à CD 2.  

2. Apleguem-nse (regroupons-nous).

Date et lieu : Le début de la première version date du 07 juin 1989. Le titre provisoire était alors « té d’oc » (prononciation en Français). Car je suivis dans un premier temps la musique d’une chanson populaire du compositeur grec Théodorakis. Le titre se transforma vite en « aplegam » (regroupons) et cette chanson était destinée au départ au premier CD de Camin Casa en mai 1996. Mais comme nous ne voulions pas prendre le risque d’un conflit avec Théodorakis (droits d’auteur) nous avons envoyé à celui-ci une demande d’autorisation, rédigée, en Anglais, par Yves Salanave, en incluant dans la lettre les paroles de Camin Casa… Aucune réponse de Gréce nous parvenant, nous avons exclu la chanson du CD1. Pour le CD2 de 2008 (soit 12 années plus tard) j’ai donc proposé au groupe d’intégrer « apleguem-nse » (regroupons-nous) mais en changeant complètement la musique : Yannick Arrieux et Gilles Gayral furent à la base de ce nouvel air.
Thème : Nous avons conscience d’appartenir à un peuple déterminé à conserver sa langue et sa culture. Pour cela nous allons chanter et danser avec les fées réunies dans la prairie.
Résumé : Quan l’ausèth s’escapa deu nid/Non sauneja qu’a viatjar/Mes quan devien mei atjat/Que parla de tornar/Víver près de l’ostau.
Quand l’oiseau s’échappe du nid/Il ne songe qu’à voyager/Mais quand il vieillit/Il parle de revenir/Pour vivre près de chez lui.
Répétitions : Première place avec 94 répétitions, ce que l’on peut comprendre puisque la chanson fut envisagée sur les deux CD (à égalité avec « mon país qu’ei la montanha », texte figurant aussi dans les deux CD).
Représentations : En public « aplegam » puis « apleguem-nse » fut interprété 10 fois.
Le 09 novembre 1991 au Foyer PTT rue de Nantes pour une fête de l’Estancada. Le 28 mars 1992, encore rue de Nantes, pour le 4ème anniversaire du Shiulet, la revue trimestrielle de l’Estancada. Le 27 mars 1993, encore rue de Nantes, dans le cadre du 5ème anniversaire du Shiulet. Le 29 mai 1993, rue de Nantes, à l’occasion d’un concert commun avec « los deus remparts » de Navarrenx . Le 29 janvier 1994, rue de Nantes, pour une fête de l’Estancada et un débat sur l’ouverture du Tunnel du Somport. Le 07 mai 1994 sur la Place Saint-Louis de Choisy-le-Roi à l’occasion d’une brocante. Le 26 novembre 1994, rue de Nantes, lors de l’AG de l’Estancada. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand au cours de la Journée occitane organisée par l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour fêter les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée cabaret organisée par l’Estancada.
Commentaire : Pour l’enregistrement du CD nous nous sommes partagés les interventions vocales. Mais le jour J Alain ne se sentait pas tout à fait à l’aise pour interpréter son couplet (le 3ème). Au dernier moment Gilles se dévoua pour le remplacer et quitter pour une fois sa flûte.

3. Cap a Cap (nòrd)  et 4. Cap a Cap (sud(tête à tête).

Date et lieu : Dans les brouillons retrouvés apparaissent deux lieux parisiens et deux dates éloignées concernant des successions de sonorités et des jeux de mots. En septembre 1985 face au Musée du Louvre et devant la librairie Pandenas du 5ème arrondissement en juillet 1990. Un premier refrain construit à cette époque fut heureusement abandonné plus tard (je n’ose pas le répéter ici).
Thème : De longue date intrigué par les similitudes des consonances entre plusieurs mots je décidai d’associer et de faire succéder ces mots de même sonorité sans autre lien entre eux.
Résumé : Puisque le texte ne raconte pas une histoire ou une description ou un témoignage il est difficile d’isoler un couplet plutôt qu’un autre. J’en choisis toutefois un caractérisé par la syllabe « au« .
Haut d’Aussau/Vau mau nau/Plau sus Pau/Cèu hastiau/Cauta aubada/Cau la sau/Taus nau sauts/De l’aulhada.
Le haut d’Ossau/Vaut un mal neuf/Il pleut sur Pau/Ciel répugnant/Chaleureuse aubade/Il faut du sel/Pour les neuf sauts/De la brebis.
Refrain : Cap a Cap/Man a man/Qu’ei la ronda deus sons/Cap a Cap/Man a man/Atau dansan los mots.
Tête à tête, main dans la main, c’est la ronde des sons. Tête à tête, main dans la main, ainsi dansent les mots.
Répétitions : 37 répétitions pour Cap a Cap Nòrd (nous manquons d’information pour « Cap a Cap Sud)
Représentations : « Cap a Cap » ne fut jamais chanté sur scène à ce jour.
Commentaire : Pourquoi deux versions pour ce chant, de mêmes paroles mais de musiques différentes ? Le groupe Camin Casa de l’époque était constitué de deux entités géographiquement éloignées. La version « nord » fut élaborée par les membres vivant en région parisienne. Yannick Arrieux m’assista pour la composition, essentiellement parlée. La composition de la version « sud » , plus musicale, concerne Sébastien Arrieux et Jean-Pierre Bergé au sud de la Garonne.

5. Lo monde arrevirat (le monde à l’envers).

Date et lieu : Sur plusieurs anciens brouillons retrouvés ne figurent ni date ni lieu des premières moutures. Mais comme j’utilise encore dans ces écrits l’écriture phonétique du Béarnais, j’en déduis leur ancienneté.
Thème : Le texte est l’adaptation, pour les paroles, d’une chanson de Paco Ibañez (en gardant l’air dans un premier temps) « el mundo al revés » –le monde à l’envers. Il s’agit du rêve d’un monde transformé utopique car à l’opposé (à l’envers) des réalités quotidiennes.
Résumé : Premier couplet de Paco Ibañez : Era una vez/Un lobito bueno/Alqué maltraban/Todos los cordellos. Il était une fois un gentil petit loup que maltraitaient tous les agneaux.
Premier couplet pour moi : Que i avè un dia, papà/Un brave labrit tot dóç/Qui èra sovent mau-métat/Per los sons motons tinhos. Il y avait un jour, papa, un brave labrit tout doux, souvent maltraité par ses moutons hargneux.
Dernier couplet pour nous, ressemblant fort à celui de Paco I : Ailàs tot aquò, mamà/Non l’èi jamei vís qu’un còp/Qu’èra quan saunejavi/Lo monde arrevirat. Hélas tout cela maman, je ne l’ai jamais vu qu’une fois, c’est quand je rêvais le monde à l’envers.
Répétitions : Un score intéressant : 55.
Représentations : Camin Casa a joué 3 fois « lo monde arrevirat » en public :  le 27 décembre 2008, en l’église du Départ d’Orthez, pour une soirée au profit de la Calandreta, l’école occitane ; le 19 septembre 2009, à Aramits, pour les 18émes rencontres vocales pyrénéennes et le 09 décembre 2012, à Monein, lors de la Route des chais du Jurançonnais, dans le domaine Gaillot.
Quelques uns d’entre nous l’ont également chanté après une finale de championnat de France de rugby, le 06 juin 2009, sur la Péniche « le Mistral » amarrée dans le Canal de Saint-Denis à deux pas du Stade de France. Le club de St Denis, le Sdus, nous avait proposé d’animer l’après match, avec la  collaboration des membres de ce club, tous anciens joueurs comme nous.
Commentaires : Dans un des tous premiers brouillons parcourus je relève un vers pas retenu par la suite, sur l’équipe de rugby bien connue d’Oloron, le FCO (prononcer fécéo) : FCO prumèr de pora (FCO premier de poule). Car à l’époque le championnat de France était constitué de multiples « poules » de huit clubs – ce qui confirme l’ancienneté de ces premiers brouillons. Et le FCO d’alors ne craignait pas d’affronter le rival palois mais aussi l’ogre biterrois.
Avant de devenir « lo monde arrevirat » le titre premier de la chanson fut « lo monde a l’envers« , par analogie avec celui de Paco I (cité plus haut).

6. Los tres motociclistas (les trois motocyclistes).

Date et lieu : Cette chanson se veut être une parodie (respectueuse) d’un tube de nos amis les Pagalhós (suu pont de Mirabel) où la jeune Catherine reçoit l’hommage de trois cavaliers. J’adapte la situation à notre époque en faisant intervenir trois motocyclistes. Je modifie également l’air de ce chant.
Comme pour tout texte plusieurs versions se succèdent avant d’aboutir à l’ultime. Pour « los tres motociclistas » l’évolution du texte s’étend entre janvier et avril 1997 en divers endroits de la région parisienne.
Thème : Amandine, qui dort sur la place du village (alors que Catherine lavait son linge sous le pont), est réveillée par trois motocyclistes intéressés par sa personne. L’un des trois l’emmène sur sa moto 750 sous prétexte de se ravitailler en gazoil. On ne revit plus jamais ni la 750 ni Amandine.
Résumé : Couplet 1 : A l’ombra de las platanas la bèra Amandina que dromilhava. Tres joens motociclistas s’estacan, lo cap drin partvirat.
La belle Amandine dormait à l’ombre des platanes quand trois motocyclistes s’arrêtent près d’elle, le cœur un peu retourné.
Couplet 4 : A l’ombra de las platanas ua mair desesperada  despuish que plorava. A l’ombre des platanes, depuis, une mère désespérée ne cesse de pleurer.
Répétitions : 43 occasions de répéter cette chanson.
Représentations : Aucune représentation en public pour « los tres motociclistas »
Commentaires : Le titre choisi à l’origine était « Amandina« . Mais je l’éliminai  pour deux raisons. D’une part parce que un prénom apparaissait déjà dans deux de mes textes, dans le CD 1 : Melina et Baptista et je ne voulais pas en rajouter un troisième. D’autre part, l’originalité de la chanson est l’intervention de motocyclistes, ce qui est peu courant dans la chanson béarnaise.
Graciela joua un rôle important dans l’arrangement de cette chanson.

7. Comunicacion (communication).

Date et lieu : « Comunicacion » est la seule chanson de ce CD 2 dont je n’ai pas écrit les paroles, la paternité revenant à Philippe Labarère, l’ami Moneinchon bien connu (habitant de Monein comme chacun sait). A l’époque il vivait à Paris, membre influent de l’Estancada et de Camin Casa, et écrivit ce texte un peu avant 2005. Dans l’optique d’un futur enregistrement j’encourageai Philippe à me fournir son œuvre. Pour la musique je m’inspirai de plusieurs airs connus que j’accommodai à ma sauce, morceau découpé en 3 parties musicales. La dernière version date du 18 juillet 2006, certainement en Béarn.
Thème : La chanson traite des relations, voire des conflits, entre différents âges : papy et mamie, l’écolier et son père face aux résultats, la cuisinière et sa tablée …
Résumé : Des six couplets présents (durée totale : 4 min 06) j’isole le deuxième.
Quan lo vielh tornava hart/Hens la solharda en s’espatarar/Que i avè mus a casa/Eth temps de har ua analisa/E dab un gran cóp d’escoba/La mair-grana que hasè proba.
Quand le vieux revenait bien saoul/Et s’étalait dans la remise/On lui faisait une drôle de tête à la maison/Le temps de faire une analyse/Et à grands coups de balai/Grand-mère faisait de la poussière.
Refrain : E permor qu’at sabè/La coda en darrèr/Lo car qu’arroganhè/Capvath de l’escalèr.
Et parce qu’il le savait/La queue en arrière/Le chien grognait/Caché sous l’escalier.
Répétitions : 26.
Représentations : Aucune représentation en public pour « comunicacion ».

8. Canta beròja (chante la belle).

Date et lieu : C’est en juillet 1977, sur Paris puis en Béarn que « canta beròja » vit le jour et s’épanouit. Les feuilles disponibles prouvent l’ancienneté de la chanson car l’écriture utilisée est encore phonétique, par exemple le titre : « cante berroye« .
Thème : La chanson évoque les diverses étapes de l’histoire d’un couple, avec entre autres la première rencontre, la séparation et les retrouvailles.
Résumé : Je cite simplement le premier vers de chacune des huit parties.
S’èm encontrats, s’èm coneguts, s’èm embrassats, s’èm aimats, s’èm pelejats, s’èm separats, s’èm regrettats, s’èm retrobats.
On s’est rencontrés, connus, embrassés, aimés, disputés, séparés, regrettés, retrouvés.
Refrain : Canta, canta, canta beròja/Canta, canta, dinc a doman/Canta, canta, canta, beròja/Canta, canta, dinc au matiau.
Chante la belle/Chante jusque à demain/Chante la belle/Chante jusqu’au matin.
Répétitions : On atteint le bon score de 47.
Représentations : Aucune prestation en public pour »canta beròja ».
Commentaire : Le dernier couplet décrit la situation réelle que j’ai vécue avec Hélène, c’est à dire des retrouvailles, après quelques années, un jour de marché, en traversant la rue (mais oui).
S’èm retrobats
 quèra dia de mercat/Lo camin que l’avem tots dus traucat.
Nous nous sommes retrouvés un jour de marché/Nous avons tous les deux traversé le chemin.


 Les 7 autres chansons du CD 2 font l’objet de la deuxième partie de l’étude.

Camin Casa : commentaires sur CD 1 (deuxième partie)

La première partie des commentaires sur le CD 1 du groupe Camin Casa concernait les titres 1 à 8 de ce disque. Nous abordons maintenant les commentaires sur les titres 9 à 15, en conservant le même plan de route : date et lieu de naissance (quand mes archives retrouvées le permettent), thème et résumé, refrain s’il existe, nombre de répétitions, représentations (date, lieu, cause), anecdote ou commentaire personnel.
Rappels : Camin Casa est le groupe de chant de l’Association occitane de Paris,  l’Estancada. Le premier CD de ce groupe fut édité en avril 1996. Sa composition est donnée dans  la première partie publiée le 14 février 2019, ainsi que quelques infos sur l’enregistrement au studio Arbus de Pontacq.

9. Baptista (Baptiste).

Date et lieu : Les prémisses datent de juillet 1977 pour ce qui concerne l’idée générale et le plan à suivre mais après un plus ou moins long silence l’essentiel était dit en octobre 1993, pour les paroles du moins, car plusieurs moutures se succédèrent pour la musique avant le choix définitif.
Thème : Depuis les années 1970 je vivais assez mal les antagonismes entre classes sociales différentes (aujourd’hui cela reste encore le cas en partie) : paysan jalousant l’ouvrier, et inversement ; les uns et les autres critiquant les fonctionnaires etc … Pourtant chacun d’eux est « exploité » ou déconsidéré par le pouvoir, politique mais surtout économique et financier. Un peu plus tard j’allais même illustrer ce ressenti par une bande dessinée parue dans le Shiulet, la revue trimestrielle de l’Estancada.
Résumé : La chanson suit l’évolution de Baptiste à travers les générations : paysan puis ouvrier puis fonctionnaire, toujours dans la difficulté malgré leur investissement. Le dernier couplet exprime le souhait ou l’espoir que tous apprennent à se connaître mieux les uns et les autres.
Chacun des 3 premiers couplets commence par « jo mossur que m’apèri Baptista » (moi, monsieur, je m’appelle Baptiste). Le dernier commence par : « tots açi que s’apèram Baptista/tots amassa que’ns vam segotir drin » (ici nous nous appelons tous Baptiste/ tous ensemble nous allons réagir -on va se secouer un peu)
Répétitions : On en dénombre 13 sur les 279 élaborées entre 1991 et 2013.
Représentation :  Sur les 36 représentations en public de Camin Casa, entre juin 1991 et décembre 2012 « Baptista » ne fut jamais interprété, cas plutôt rare parmi les 15 textes de ce CD 1.
Commentaire : Pour bâtir « Baptista » je me suis dans un premier temps appuyé sur un air populaire connu, dont je ne me souviens pas du titre pour le moment.

10. Lo desbrombat (l’oublié).

Date et lieu : Cette chanson prit naissance réellement le 26 octobre 1989 sur … l’autoroute Paris-Libourne.
Thème : Depuis quelque temps déjà le Béarnais Casabonne était emprisonné en Espagne pour complicité avec l’E.T.A. Nous en parlions souvent dans le Shiulet. L’idée me vint d’écrire un texte en soutien à tous les prisonniers politiques dans le monde, acteurs réels ou sympathisans d’une cause : la chanson se veut donc universelle, aucun nom propre de personne ou de pays n’est cité.
Résumé : Cançon deu desbrombat /Qui’s poiresh en preson/Sonque per la rason/D’aimar la libertat/Tà tu vam caminar/Dinca sias desliurat.
Chanson de l’oublié/Qui pourrit en prison/Pour la seule raison/D’aimer la liberté. Pour toi nous marcherons/Jusqu’à ta délivrance.
Répétitions : Un peu plus que la précédente : 30.
Représentations : « lo desbrombat » fut interprété par Camin Casa en 6 occasions. Le 28 mars 1992 lors du 4ème anniversaire du Shiulet, au Foyer PTT de la rue de Nantes. Le 29 mai 1993 au cours d’un Concert commun avec « los remparts » de Navarrenx, rue de Nantes. Le 29 janvier 1994 pour une fête de l’Estancada centrée sur un débat concernant la construction du Tunnel routier du Somport en Vallée d’Aspe, encore rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand, dans le cadre de la journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour célébrer les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995 pour une soirée cabaret de l’Estancada, rue de Nantes.
Commentaire : En général je proposais une nouvelle composition lors d’une répétition de Camin Casa ou du moins à un ou plusieurs membres du groupe. Pour « lo desbrombat » je me souviens très bien avoir fait découvrir cette nouveauté lors d’une veillée du vendredi soir de l’Estancada rue des cinq diamants, Paris 13ème.

 11. Que’t vau parlar (je vais te parler).

Date et lieu : L’idée et le plan général de cette chanson ont démarré sur l’autoroute entre … Washington et New-York en février 1991. Pour quelques jours chez les Salanave pas loin de la Maison Blanche (mais sans y avoir été reçus) Yves nous mena en voiture à Brooklyn que nous découvrîmes sous la neige. La chanson se termina fin mars 1991.
Thème : Très souvent des êtres ou des éléments naturels au départ sympathiques peuvent avec le temps devenir menaçants.
Résumé : Chaque couplet débute par la même phrase : « que’t vau parlar » (je vais te parler). La beroja flor m’a urpiat/Lo sorelh cauhant ma cremat/La canha fidèu m’a nhacat/La hemna aimanta m’a quitat/Lo gaujós mainat a creishut/Lo tan preciós païs s’ei vueitat.
La fleur odorante m’a griffé/Le soleil réchauffant m’a brûlé/La fidèle chienne m’a mordu/La femme aimante m’a quitté/Le joyeux garçon a grandi/Le pays si précieux s’est vidé.
Répétitions : 11 répétitions pour ce chant.
Représentation : Nous n’avons interprété « que’t vau parlar » qu’une seule fois, le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne lors d’une fête familiale chez les Gayral.
Commentaire : Il me semble me rappeler que cette chanson, à sa sortie, fut la préférée de mon cher filleul Sébastien.

12. Color e dolor (couleur et douleur).

Date et lieu
: Les étapes successives de « color e dolor » furent décembre 1991, janvier 1992 (encore une fois en partie dans le métro) et mars 1992 pour la finition.
Thème : Cette chanson rend hommage à un ami cher, François Laplace, disparu en mer. Cette mer qu’il connaissait si bien en tant que pêcheur mais qui eut la cruauté de le garder définitivement un jour en son sein.
Résumé : Dehens l’aiga verda/La vita s’i perd/E l’alga glapauta/Se la guarda plan cauta.
Dans l’eau verte/La vie s’est perdue/Et l’algue goulue/La conserve bien au chaud.
Refrain : A cadun agrada ua color/Jo m’adromi dab ua dolor/La musica s’ei estancada/De hèsta n’i averà mei nada.
Chacun a une couleur préférée/Moi je m’endors avec une douleur/La musique s’est arrêtée/Il n’y aura plus de fête.
Répétitions : On en compte 19.
Représentation : Nous n’avons jamais interprété en public « color e dolor ».
Commentaire : Avant cette version occitane j’avais écrit un texte en Français, hommage au même ami disparu, intitulé « adieu l’ami ».

13. La nòvia (la mariée).

La deuxième chanson de ce disque empruntée, toujours avec autorisation de l’intéressé, au groupe Nadau.
Thème : Nadau décrit le cortège nuptial qui accompagne la mariée du couple.
Résumé : Com un plumajon blanc/La nōvia se’n anava/Que nevava lo tranc/Suu camin d’on passava.
Comme un flocon blanc/Allait la fiancée/L’aubépine neigeait/Sur son chemin.
Répétitions : Sur Paris, Camin Casa répéta « la nòvia » 25 fois mais le duo apparu dans le CD (voir commentaire) n’eut pas cette possibilité.
Représentations : Nous avons chanté en public « la nòvia » en 6 occasions.
Le 14 août 1993 en l’église de Saint-Saturnin (Charentes) pour le mariage de Dolo et Philppe Labarère (Camin Casa était accompagné de Hélène Manaud-Pallas, Thierry Conter et Pierre Lahitète). Le 29 janvier 1994 pour la fête de l’Estancada et le débat sur le Tunnel du Somport, au Foyer PTT rue de Nantes. Le 26 novembre 1994, rue de Nantes, lors de l’AG de l’Estancada. Le 25 mars 1995 à la Maison pour tous de Noisy-le-Grand dans le cadre de la journée occitane proposée par l’IEO. Le 27 mai 1995, rue de Nantes, pour fêter les 10 ans de l’Estancada. Le 18 novembre 1995 encore rue de Nantes lors d’une fête (encore une !) de l’Estancada.
Commentaire : « la nòvia » fut la seule chanson du disque interprétée en duo (Jean Fourcade et moi), avec l’accompagnement de Graciela au piano. Un peu au dernier moment pour compléter à 15 titres le CD.

14. Nosta lenga (notre langue).

Date et lieu : Lors de l’été 1984, à Saint-Pée, j’ébauchais une liste des métiers en voie de disparition dans la campagne et des changements ou bouleversements apparus dans l’organisation du travail chez les paysans. Je constatais que la langue du pays subsistait, en particulier autour du chant, mais que des menaces pesaient sur elle. D’où l’idée de la défendre à travers d’une chanson intitulée au départ « noste loengue », car j’utilisais alors l’écriture phonétique. Plusieurs étapes menèrent à la rédaction définitive, durant l’été 1985  et quelques retouches en 1991.
Thème : Nous sommes bientôt au XXIéme siècle. Tout change, tout évolue dans nos campagnes. C’est la rançon du progrès. Mais qu’on ne touche pas à notre langue maternelle, qui refuse de se laisser engloutir par le torrent du conformisme.
Résumé : Ara tot se’n va au nom de l’evolucion/Ara los tropèths son apielats dens camions com paquets/Ara cadun de son costat que’s hè eth tribalh.
Maintenant tout disparaît au nom de l’évolution/Maintenant les troupeaux s’entassent dans des camions comme des paquets/Maintenant chacun fait son travail de son côté.
Refrain : Mes no caleré pas tocar a nosta lenga/Qui luta tà non pas acabar engolida/Que vóli parlar, que vóli cantar, que vóli aimar/En Biarnès, en Occitan.
Mais il ne faudrait pas toucher à notre langue/Qui se bat pour ne pas finir engloutie/Je veux parler, chanter, aimer/En Béarnais, en Occitan.
Répétitions : Dans le peloton de tête avec 43 répétitions.
Représentations : En 9 occasions Camin Casa a chanté en public « nosta lenga ».
Le 26 septembre 1992 lors du 26ème festival de la chanson béarnaise à Siros (nous étions descendus en train pour ce week-end, pour cette fin de semaine, disent avec plus de justesse noa amis québécois). Le 27 mars 1993 pour le 5ème’ anniversaire de la revue lo Shiulet, au Foyer PTT rue de Nantes. Le 29 mai 1993 lors de la venue rue de Nantes, pour un concert  du groupe béarnais « los Remparts de Navarrenx« . Le 29 janvier 1994 au cours du débat organisé rue de Nantes au sujet du projet de tunnel sous le Somport. Le 07 mai 1994 Place Saint-Louis de Choisy-le-Roi, lors d’une brocante. Le 26 novembre 1994 lors de l’AG de l’Estancada rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le -Grand, à l’occasion de la Journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995 pour fêter les 10 ans de l‘Estancada, rue de Nantes. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée Cabaret de l’Estancada.
Commentaire : Quand Camin Casa fut invité au festival de Siros en septembre 1992 chaque groupe interprétait une seule chanson. Au cours de nos répétitions parisiennes nous disposions de plusieurs textes et il fallut donc en choisir un. Notre guitariste, mon frère Alain, émit le vœu qu’on écarte « nosta lenga » car il ne se sentait pas près. On vota. Une seule voix ne sollicita pas « nosta lenga » :  … celle d’Alain qui dut se résigner à nous suivre. Sur la scène, alors que le présentateur nous posait quelques questions, Alain eut un début de panique, pensant avoir oublié la première phrase, et Philippe dut lui souffler les premières paroles. Puis tout se déroula correctement. Il est vrai que face au public le guitariste d’un groupe a plus de responsabilité que les chanteurs plus nombreux.

15. Marteror (la Toussaint).

Date et lieu : La chanson « Marteror » débute au coin du feu de cheminée de la maison familiale en présence de mon père, en novembre 1982. Atmosphère propice associée au lieu, à la saison et à la présence paternelle. Les rimes phonétiques en « ou » s’enchaînant naturellement, avec Marteror, cançon, amor, maison … il restait à trouver un prénom féminin adapté à cette même rime. Avant de choisir Marilon (prononcer Marilou) d’autres prénoms furent essayés dont Ginon (prononcer Ginou) en premier.
Thème : La période de la Toussaint, outre l’aspect religieux et le recueillement auprès des disparus de la famille, est aussi la saison aux mille couleurs et senteurs, aux cueillettes et ramassages de fruits et champignons, à la chasse à la palombe.
Résumé : A Marteror pètan castanhas au còr deu huec, tot qu’ei color, tot qu’ei aulor, los caçadors pausan palomas e llevan pintons.
A la Toussaint éclatent les châtaignes au coin du feu, tout est couleur, tout est odeur, les chasseurs posent les palombes et lèvent les bouteilles.
Refrain : Qu’ei la cançon de Marteror/Tà tu l’amor, tu Marilon.
C’est la chanson de la Toussaint/Pour toi l’amour, toi petite Marie.
Répétitions : Nous avons répété « Marteror » en 24 occasions.
Représentations : En public « Marteror » ne fut chanté qu’une seule fois, par Camin Casa, le 29 juin 1991 pour l’AG annuelle de l’Estancada au Foyer PTT rue de Nantes. Mais « Marteror » fut auparavant interprété au Festival de Siros, en septembre 1984, par le groupe de Saint-Pée qui comprenait Constant et Eloi Bergeras, Angèle et Jean Fourcade, et votre serviteur, Michel Berdot . La même soirée mon frère Alain et moi étions intervenus avec « atau qu’ei la vita ».
Commentaire : La première personne à qui je présentai « Marteror » fut André Fourcade et une des premières fois que le groupe de Saint-Pée (avec moi) l’interpréta fut au restaurant Lacassie à Lurbe, lors du mariage de Marie-Pierre Bergeras-Mongrand.

Répertoire des chants pyrénéens en Français : deuxième partie

Avant de poursuivre par cette deuxième partie, je réitère l’introduction de la première partie, publiée fin janvier 2015.

Les chants polyphoniques pyrénéens (du moins ceux de ma connaissance, interprétés en Béarn) s’expriment soit en Français, soit en Béarnais-Gascon-Occitan (ces nuances devraient faire l’objet d’un article ultérieur).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer leur transmission et aussi leur développement depuis quelques décennies. Dans les années 60, pour notre part, la connaissance de ces chants puis leur pratique régulière résulte des échanges constants avec les générations plus âgées, au café du village principalement, mais aussi lors de cérémonies ou de fêtes familiales, sans compter les réunions autour des buvettes lors d’un marché, d’une foire, d’un match de rugby. Ces générations précédentes avaient elles aussi appris de leurs parents et grands-parents et reçu en plus l’apport de textes extérieurs à la région, ramenés en Béarn au retour de déplacements, professionnels ou non, dans l’hexagone : conscription, guerre, hivernage, estivage, migration des chevriers vers Paris, migration des châtreurs de cochons vers le Sud de la France (et même vers l’Espagne et le Portugal). Dans la période moderne interviennent deux éléments favorisant la propagation de ces chansons, anciennes ou nouvelles. Tout d’abord le développement des techniques d’enregistrement : cassettes et disques vinyle puis CD puis DVD puis Internet. Ensuite le foisonnement de festivals, concerts et diverses représentations, allant de pair avec la multiplication des groupes de chant et l’introduction d’instruments musicaux.

Pour mettre un peu d’ordre dans mes feuilles et cahiers de chants, je me lance dans une classification de ces chants, mais en me contentant des textes en Français car il existe déjà de nombreux livrets de chansons en Occitan. Les listes à venir proviennent du répertoire du groupe de Saint-Pée : parfois des chants interprétés régulièrement dans notre jeunesse, parfois de façon plus éphémère.
J’exclus les chansons de variété, qu’il nous arrivait de pratiquer, car leurs textes se retrouvent facilement ailleurs (Brassens, Ferré, Vian, Leclerc … )
Je me restreints aux titres des chansons et au premier couplet pour chacune d’elles, ainsi qu’au refrain s’il existe. Ne figurent que des textes dont je connais l’air musical. Les paroles complètes sont bien sûr à la disposition de toute demande.
Je dégage trois catégories notées 1) 2) 3) dans ce qui suit :
1) chants traditionnels de rencontres, d’amours (ça se termine mal bien souvent !), de berger et de bergère.
2) chants de chasse, de guerre (époque napoléonienne en général), d’engagement.
3) chants festifs : chansons à boire, paillardes (on eut notre époque), rugbystiques.
Du fait du nombre élevé de contributions, je regroupe l’ensemble en deux parties, de 36 puis 35 titres respectivement.

Classement alphabétique et catégoriel des 35 derniers textes.

I/ il y a sept ans (2) -(l’) Internationale (2)
J/ j’ai tant aimé une beauté (1) – je m’en vais joyeux (1) – je me suis engagé (2) – (la) jeune fille du métro
(3) – je viens d’entendre une chanson (1)
L/ là-haut sur la montagne (1) larirète (3)
M/ mon Dieu que j’en suis à mon aise (1) – montagnes Pyrénées (1)
.
N/ nous les gars du FCO (3).
O/ où vas-tu de ce pas Nicolas ? (1).
P/ par un lundi (1) – pom, pom, qui frappe à ma porte ? (1) – Prospère (1).
Q/ quand je suis né (3).
R/ (le) refuge (1) – rester célibataire (1) – riche paysan (1) – (la) rose et la lune (1) – rue Gay-Lussac (2).
S/ silence ! la nuit pas un bruit ! (1) – sous le beau ciel des belles Pyrénées (1) – sur la montagne le vrai bonheur (1) – sur la pente d’une colline (1) – sur le pont d’Avignon (1) – sur l’pont de l’Isle (2).
T/ tout en passant à l’entour du moulin (1) – trois jeunes filles (1).
U/ un beau soir au clair de lune (1) – une fillette de quinze ans (1).
V/ (le) vieux moulin (1) – vive la rose et le lilas (1).
Y/ y’a rien d’aussi charmant (1).

Détails : titre, premier couplet, (refrain).

Il y a sept ans.
Il y a sept ans que je suis dans l’armée, sans espérer de prendre mon congé.
L’Anglais m’a pris, pour déserteur de France, sur mon chemin est venu m’arrêter.

Internationale (l’).
(dans les premières années 70 des rencontres festives dérivaient parfois, pour quelques instants, sur des révolution-airs).
Debout les damnés de la terre ! Debout les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère, c’est l’éruption de la faim.
Du passé faisons table rase, foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout !
R : C’est la lutte finale, groupons-nous et demain,
      L’Internationale sera le genre humain.

J’ai tant aimé une beauté.
J’ai tant aimé une beauté mais à la fin elle devint farouche.
Je lui ai dit d’une voix douce belle, aimez-moi.
Faisant semblent de l’embrasser, sitôt la belle me repousse.

Je m’en vais joyeux.
Je m’en vais joyeux sur le chemin de pierre.
Je chante au ciel bleu la chanson du pays.
Fleur à mon chapeau, fleur à la boutonnière,
Je suis du hameau le vagabond fleuri.
R : Tralala … Chante mon cœur. Tralala … J’aime les fleurs.

Je me suis engagé.
Je me suis engagé pour l’amour d’une belle.
C’est pas pour un baiser qu’elle m’a refusé,
Mais pour l’anneau d’or qu’elle me refuse encore.

Jeune fille du métro (la).
C’était une jeune fille simple et bonne, qui ne demandait rien à personne.
Un jour dans l’métro y avait presse, presse, presse, presse.
Un jeune homme osa je l’confesse, fesse, fesse, fesse
Lui passer la main dans les … ch’veux.
Comme elle avait bon cœur elle s’approcha un peu.
Tagadagada pom pom pom (bis)

Je viens d’entendre une chanson.
Je viens d’entendre une chanson, d’une fillette et d ‘un garçon
Qui a trompé une fille.
Il l’amena dedans les bois faire des fantaisies

Là-haut sur la montagne.
Là-haut sur la montagne j’entends quelqu’un pleurer.
Semble la voix de ma maîtresse, ô oui j’irai la consoler.

Larirète.
Jeaneton prend sa faucille, larirète, lalirète,
Jeaneton prend sa faucille pour aller couper des joncs.

Mon Dieu que j’en suis à mon aise.
(ce chant n’appartenait pas à notre répertoire mais comme j’en apprécie texte et mélodie je l’inclus dans ce recueil : il est issu du « carnet de chansons » édité par Joan de Nadau).
Mon Dieu que j’en suis à mon aise, quand ma mie est auprès de moi.
Tout doucement je la regarde, et je lui dis : « embrasse-moi » (bis).

Montagnes Pyrénées.
Montagnes Pyrénées, vous êtes mes amours. Cabanes fortunées, vous me plairez toujours.
Rien n’est si beau que ma patrie, rien ne plaît tant qu’à mon amie.
Ô ! Montagnards ! (bis) Chantez en cœur (bis)
De mon pays (bis) La paix et le bonheur.
Tralalala …
R : Halte-là (ter) Les montagnards (bis)
     Halte-là (ter) Les montagnards sont là
     Les montagnards (bis) Les montagnards sont là.

Nous les gars du FCO.
Nous les gars du FCO, nous ne sommes pas très costauds.
Dès que l’on voit un ballon, nous sommes comme des lions.
R : Et l’on joue sans complexes, comme des Béarnais.

Où vas-tu de ce pas Nicolas ?.
Où vas-tu de ce pas Nicolas ? Où vas-tu de ce pas ?
Tu fais la triste mine, tu sembles un pénitent.
As-tu quelque maladie ? Quelque languissement ?

Par un lundi.
Par un lundi, dans la matinée, la belle s’en va dans son pré.
Elle lui dit : « amant trompeur, d’où reviens-tu ?
La promesse que je t’ai faite, je m’en démets« .

Pom, pom, qui frappe à ma porte ?.
Pom, pom, qui frappe à ma porte ? (bis)
Ouvrez, ouvrez, la belle ouvrez !
C’est votre amant vient vous parler.

Prospère.
Un jeune amant de 21 ans est parti pour l’armée.
Est parti pour l’armée, à l’âge de raison.
Quittant la plus belle des filles, qui reste dans Lyon.

Quand je suis né.
Quand je suis né je suis né en automne, père Bacchus me l’avait toujours dit,
Me baptisant au jus de la treille, il me donna le nom de sans souci.

Refuge (le).
Je sais, dans la montagne, un refuge perdu,
Qui se mire à l’eau claire, des lacs verts d’Orgélu.
Ouvert, aux quatre vents, aux montagnards perdus,
Dans la brume et la neige, comme un port de salut.
R : Qu’il fait bon, s’endormir, au refuge le soir,
     Près du feu, qui s’éteint, au pays des isards.

Rester célibataire.
Être marié c’est avoir une jambe cassée,
C’est être condamné à perpétuité.
Une femme qui crie, qui dépense votre argent,
Et qui vous trompe au moins dix fois par an.
R : Je suis, mon cher, célibataire, j’ai pas de beau-père,
      J’ai pas de belle-mère, j’ai pas à m’en faire.
Si je vous dis, bonheur sur terre,
      C’est de rester célibataire.

Riche paysan.
J’ai un amant devant ma porte (bis)
Qui vient une heure après minuit,
Frappe à la fenêtre près de mon lit.

Rose et la lune (la).
Un soir tout en me promenant tout le long de la rivière,
Me promenant à l’ombrage, craignant l’ardeur du soleil,
Sur mon chemin j’ai rencontré ma douce amie du temps passé.

Rue Gay-Lussac.
(encore une chanson qui put nous entraîner quelque temps, issue du mai 68 parisien)
Aux barricades de Gay-Lussac, les Enragés en tête,
Nous avons déclenché l’attaque, ah ! foutre-dieu, quelle fête !
On jouissait dans les pavés, en voyant le vieux monde flamber.
R : Tout ça a prouvé Carmela, qu’la Commune n’est pas morte (bis).

Silence ! La nuit pas un bruit !
Dans notre village grâce à leurs parents,
Les filles sont sages jusqu’à quatorze ans.
R : Silence ! Silence ! La nuit pas un bruit,
      Le jour s’avance, la nuit s’enfuit.

Sous le beau ciel des belles Pyrénées.
Vois là-haut ce pic rose plein d’audace, on dirait qu’il perce le firmament.
Le soleil ne peut y fondre la glace, la neige est là, blanche éternellement.
Viens, fuyons, sous les ailes du tourisme, grisons-nous des beautés du col d’Aspin.
Viens donc voir toutes les couleurs du prisme, du Tourmalet, enchantement sans fin.
R : Sous le beau ciel des belles Pyrénées, laissons nos cœurs vibrer à l’unisson.
      Faisons tous deux de belles randonnées, ivres d’amour et de chansons.
      Par leur splendeur, notre âme illuminée, s’extasiera devant tant de beauté.
      Sous le beau ciel des belles Pyrénées, chantons l’amour, chantons la volupté.

Sur la montagne le vrai bonheur.
Toi qui ne peux plus faire un pas, vois-tu là-bas cette chaumière,
Oui je vois la chaumière.
Allons, frère, pressons le pas.
R : Vois-tu cette chaumière ? Oui, je vois la chaumière,
      Qu’on aperçoit, là-bas.
      Là-haut, là-bas, (bis)
      Là-haut, là-bas sur la montagne,
     Sur la montagne c’est le vrai bonheur,
     Là-haut, là-bas sur la montagne,
     Sur la montagne c’est le bonheur.

Sur la pente d’une colline.
(même remarque que celle signalée pour « mon Dieu que j’en suis à mon aise »)
Sur la pente d’une colline, où je la voyais chaque jour,
Tout doucement je m’achemine, espérant toujours la revoir.
Moi, le cœur rempli de tristesse, j’erre à travers les buissons.
Oiseaux, suspendez vos chansons, car, moi, j’ai perdu mon amie.
R : Hélas, mon cœur, hélas ma joie, sans elle, ici bas tout pour moi
      Ne serait que soucis et peines.
      Oiseaux des bois, répondez-moi (bis)
      N’auriez-vous point vu (bis) Madeleine ?

Sur le pont d’Avignon.
Sur le pont d’Avignon, trois filles s’y promènent (bis).
La plus jeune des trois, plus belle que le jour,
Trois jeunes capitaines, qui lui faisaient la cour.

Sur l’pont de l’Isle.
Sur l’pont de l’Isle, y’avait une sentinelle,
Qui pendant la nuit, montait sa faction (bis).

Tout en passant à l’entour du moulin.
Tout en passant à l’entour du moulin, j’aperçois la meunière,
Astre du jour, soir et matin, la rose printanière.
Voudriez-vous, la belle en passant, m’entretenir un petit moment (bis).

Trois jeunes filles.
Trois jeunes filles sous un, pom, pom, oui sous un, lon, la, oui sous un pommier,
Trois jeunes filles sous un pommier, ohé.

Un beau soir au clair de lune.
Un beau soir au clair de lune, j’ai rencontré mes amours.
Mes amours, mes amourettes.
Je lui dis d’un air si doux, ma mignonne où allez-vous ?

Une fillette de quinze ans.
Une fillette de quinze ans, mon Dieu qu’elle est tant amoureuse,
Un jour s’en va dire à sa mère, ma mère il me faut un amant.
Car j’en serai la bienheureuse, je prierai dieu à tout moment.

Le vieux moulin.
(même remarque que « sur la pente d’une colline »)
C’est presque l’automne, les enfants moissonnent, et j’ai déjà rentré mon bois.
Ici, en uniforme, avec d’autres hommes, tu es parti, si loin d’ici, toi qui chantais.

Vive la rose et le lilas.
Mon amant me délaisse, oh ! Gai, vive la rose ! (bis)
Je ne sais pas pourquoi, vive la rose et le lilas (bis).

Y’a rien d’aussi charmant.
Y’a rien d’aussi charmant que la bergère aux champs.
Quand elle voit la pluie, désire le beau temps,
Afin que la bergère, puisse passer le temps.

 

 

 

Répertoire des chants pyrénéens en Français : première partie

Les chants polyphoniques pyrénéens (du moins ceux de ma connaissance, interprétés en Béarn) s’expriment soit en Français, soit en Béarnais-Gascon-Occitan (ces nuances devraient faire l’objet d’un article ultérieur).
Plusieurs facteurs peuvent expliquer leur transmission et aussi leur développement depuis quelques décennies. Dans les années 60, pour notre part, la connaissance de ces chants puis leur pratique régulière résulte des échanges constants avec les générations plus âgées, au café du village principalement, mais aussi lors de cérémonies ou de fêtes familiales, sans compter les réunions autour des buvettes lors d’un marché, d’une foire, d’un match de rugby. Ces générations précédentes avaient elles aussi appris de leurs parents et grands-parents et reçu en plus l’apport de textes extérieurs à la région, ramenés en Béarn au retour de déplacements, professionnels ou non, dans l’hexagone : conscription, guerre, hivernage, estivage, migration des chevriers vers Paris, migration des châtreurs de cochons vers le Sud de la France (et même vers l’Espagne et le Portugal). Dans la période moderne interviennent deux éléments favorisant la propagation de ces chansons, anciennes ou nouvelles. Tout d’abord le développement des techniques d’enregistrement : cassettes et disques vinyle puis CD puis DVD puis Internet. Ensuite le foisonnement de festivals, concerts et diverses représentations, allant de pair avec la multiplication des groupes de chant et l’introduction d’instruments musicaux.

Pour mettre un peu d’ordre dans mes feuilles et cahiers de chants, je me lance dans une classification de ces chants, mais en me contentant des textes en Français car il existe déjà de nombreux livrets de chansons en Occitan. Les listes à venir proviennent du répertoire du groupe de Saint-Pée : parfois des chants interprétés régulièrement dans notre jeunesse, parfois de façon plus éphémère.
J’exclus les chansons de variété, qu’il nous arrivait de pratiquer, car leurs textes se retrouvent facilement ailleurs (Brassens, Ferré, Vian, Leclerc … )
Je me restreints aux titres des chansons et au premier couplet pour chacune d’elles, ainsi qu’au refrain s’il existe. Ne figurent que des textes dont je connais l’air musical. Les paroles complètes sont bien sûr à la disposition de toute demande.
Je dégage trois catégories notées 1) 2) 3) dans ce qui suit :
1) chants traditionnels de rencontres, d’amours (ça se termine mal bien souvent !), de berger et de bergère.
2) chants de chasse, de guerre (époque napoléonienne en général), d’engagement.
3) chants festifs : chansons à boire, paillardes (on eut notre époque), rugbystiques.
Du fait du nombre élevé de contributions, je regroupe l’ensemble en deux parties, de 36 puis 35 titres respectivement.

Classement alphabétique et catégoriel des 36 premiers textes.

A/ adieu, ville de Perpignan (1) – ah ! que l’amour est agréable ! (1) – ah ! si j’avais des diamants et couronnes ! (2) – à la claire fontaine (1) – à l’Orient je vois briller l’aurore (2) – (l’) amour qui nous mène (3) – Appolonie (1) – au début de ma vie (1) – auprès d’une fontaine (1) – autrefois le trône de France (2) – aux marches du palais (1).
B/ (la) belle s’en va au jardin d’amour (1) – Blanche la batelière (1).
C/ c’est un de mes amis (1) – chanson d’un jeune amant (1) – chantons la gloire et le bonheur (2) – chevaliers de la table ronde (3) – (les) chiens sont sur la piste (2) – (les) cloches du hameau (1) – comme les autres (3).
D/ (la) Dacquoise aux yeux noirs (1) – de bon matin je me suis levé (1) – dedans Paris il y a (1) – derrière chez moi (1) – divertissons-nous (3).
E/ en passant par la frontière (2) – (l’) épinette (3) – (l’) équipe oloronaise (3) – et le grand vicaire (3) – étoile des neiges (1) – Eugénie (1).
F/ Fanchon (3) – (les) fêtes de Mauléon (3) – fleur d’épine, fleur de rose (1).
H/ (l’) heure du rendez-vous (1).
I/ il y a cinq ans au mois d’avril (1).

Détails : titre, premier couplet, (refrain).

Adieu, ville de Perpignan.
Adieu, ville de Perpignan, adieu, la fleur de ma jeunesse.
C’est à présent qu’il faut partir, sans dire adieu à ma maîtresse.

Ah ! Que l’amour est agréable !

Ah ! Que l’amour est agréable, quand on sait bien le ménager.
J’aime l’amour et la tendresse, j’aime la joie.
J’aime les yeux de ma maîtresse, quand je la vois.

Ah ! Si j’avais des diamants et couronnes !
Ah ! Si j’avais des diamants et couronnes, je les mettrais à tes pieds pour avoir
Un doux regard trop aimable personne. C’est-il du feu que lance ton œil noir ? (version 1)
Un doux baiser sur tes lèvres mignonnes, un doux baiser me refuseras-tu ? (version 2)
R : Oh ! Toi que j’aime, d’amour extrême, daigne accepter et ma main et mon cœur.
      Dans cette vie, ma douce amie, toi seule qui peut me donner le bonheur.
     N’entends-tu pas là-bas la biche dans les bois.
     Le chasseur la chasse mais ne la tue pas.
     N’entends-tu pas dans ces vallons, le chasseur sonner du clairon :
    « Sonnez à perdre haleine, sonnez, vaillants et piqueurs.
     Que l’écho de la plaine répète nos chants joyeux et clameurs »
Tralalala …

À la claire fontaine.
À la claire fontaine, m’en allant promener,
J’ai trouvé l’eau si claire, que je m’y suis baigné (bis).
R : Je suis le roi d’Espagne, j’aime les filles, aux yeux noirs.
      Là-haut, sur la montagne, nous irons danser le soir,
     Tous les soirs, digue digue don on, digue digue don, tous les soirs nous dansons.(version 1)
R : Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai. (version 2)

À l’Orient je vois briller l’aurore.
À l’Orient je vois briller l’aurore, debout chasseur il est temps de partir.
Déjà j’entends une trompe sonore, au fond des bois tout au loin retentir.
Et la nature (bis), au doux murmure (bis), paraît en fête ce matin.
Les alouettes et les fauvettes lancent au ciel des roulades sans fin.
Dans les prés verts, sur l’herbette, là-bas, le lièvre encore se livre à ses ébats.
Allons debout ! (bis) Gais compagnons ! (bis) Venez-tous, trinquons et partons.
Vous, chiens à perdre haleine, fouillez avec grand soin,
Des bois et de la plaine, le plus petit recoin.
Tralalala …(bis)

Amour qui nous mène (l’).
Quand il m’en prend l’envie, oui d’aller voir ma belle,
Je prends mon cheval blanc, ma bride et ma selle.
R : Don-daine, l’amour qui nous mène, don-don.

Appolonie.
Point de plaisir, point de bonheur, je viens de perdre Polonie,
Elle m’avait promis, de me donner son cœur, de me chérir toute sa vie.

Au début de ma vie.
Au début de ma vie, lorsque j’avais vingt ans,
Dans mon âme ravie, et mon cœur palpitant,
Comme un doux son de lyre, qu’un ange fait vibrer,
Tout pour moi semblait dire : « Enfant, il faut aimer ».
Les oiseaux chantaient, pour moi douce chose,
Les grands bois parlaient, les blés frémissaient.
Pour moi soupiraient, les lys et les roses,
C’est beau le printemps, quand on a vingt ans.

Auprès d’une fontaine.
Auprès d’une fontaine, la belle soupirait.
Là-bas sur cette plaine, il y avait un berger,
Ne faisait que chanter :
« Oh ! Qu’il est doux ! Que d’être aimé de vous »(version 1)

Au bord d’une fontaine, la belle s’y reposait.
Un berger de la plaine, près d’elle s’en allait,
Qui chantait, qui disait :
« Oh ! Qu’il est doux ! Que d’être aimé de vous »

Autrefois le trône de France.
Autrefois le trône de France, faisait trembler tout l’univers.
Depuis Paris jusqu’à Lisbonne, on n’y voyait que pavillon français.

Aux marches du palais.
Aux marches du palais (bis)
Y’a une tant belle fille – lon la – y’a une tant belle fille.

Belle s’en va au jardin d’amour (la).
La belle s’en va au jardin d’amour, pour y passer quelques semaines,
Son père va, cherchant partout, et son amant qui est en peine.

Blanche la batelière.
Blanche la batelière, laisse là ton bateau.
Préfère la chaumière, aux honneurs du château.
Y viendras-tu dans la vallée, par les champs et les bois ?
Ne reste pas seule isolée, Blanche, viens avec moi.
Non, j’aime mieux mon bateau, tralalala …
Ma chaloupe au bord de l’eau, tralalala …

C’est un de mes amis.
C’est un de mes amis qui vient de m’avertir
Que ma maîtresse avait changé d’avis.
Et de ce pas, moi je m’en suis allé
Dans sa maison pour savoir ses pensées.

Chanson d’un jeune amant.
Chanson d’un jeune amant, et d’une jolie fille,
Qui gardait son troupeau tout le long du ruisseau.

Chantons la gloire et le bonheur.
Chantons la gloire et le bonheur, d’une fillette qui a bon cœur.
Son amant s’en va à l’armée, dans les dragons s’est engagé.
Il abandonne sa maîtresse :
Oh ! Grands dieux ! Quelle cruauté !

Chevaliers de la table ronde.
Chevaliers de la table ronde, goûtons voir si le vin est bon.
Goûtons voir, oui, oui, oui,
Goûtons voir, non, non, non,
Goûtons voir si le vin est bon.

Chiens sont sur la piste (les).
Les chiens sont sur la piste (bis).
Dans les bois, dans les bois, courrons vite (bis)
Le chevreuil, le chevreuil est lancé, à travers la futaie.
R : Franchissons les montagnes, à travers les sentiers, à travers les montagnes …
      Ces forêts sont à nous … , y’a du plaisir chez nous … (bis).
      Chasseur, voici l’aurore, déjà l’écho va retentir,
      Vois ! L’horizon se colore, amis il faut partir.
      Déjà, déjà, le soleil dore.
      Du haut des vallons … amis nous irons … (bis)
      Du haut des vallons …
      Allons mes amis, partez, partons (bis).
      Tralalala …

Cloches du hameau (les).
Voici le jour qui fuit, qui fuit dans la montagne,
Et l’ombre de la nuit, s’étend dans nos campagnes.
Voici l’heure du jour où la jeune bergère,
Du ruisseau suit le cours sautant de pierre en pierre (v.o. : en faisant sa prière).
R : L’on entend (bis), les bergers (bis), chanter dans la prairie
     Ce refrain doux et léger qui charme son amie.
Tralalala …

Comme les autres.
Oh ! Ma mère, ma pauvre mère, je voudrais bien me marier,
Comme les autres,
Avoir des filles et des garçons,
Comme les autres font.

Dacquoise à l’œil  noir (la).
Ah ! Grands Dieux qu’elle est belle ! La Dacquoise à l’œil noir.
Quand sa vive prunelle étincelle le soir.
Lorsque son doux sourire sur ses lèvres avives
Comme léger zéphyr baisant les prés fleuris.
R : Ô rondes fugitives de l’Adour, vous qui passez plaintives sans retour,
      Gardez sur vos rives mes amours, gardez mes amours, toujours, toujours.

De bon matin je me suis levé.
De bon matin je me suis levé, plus de matin qu’à l’ordinaire,
Dedans un bois je m’en suis allé, pour aller chasser.
Quand j’ai entendu une jolie voix qui m’a tant charmé.

Dedans Paris il y a.
Dedans Paris il y a (bis), une jolie couturière,
Qui, toute la journée (bis), brodait pour le vicaire.
À chaque point qu’elle faisait, son cher amant la regardait,
Tout en la regardant, l’embrassait tendrement.

Derrière chez moi.
Derrière chez moi il y a une montagne, moi, mon amant nous la montions souvent.
Moi, mon amant, moi, mon amant nous la montions souvent.

Divertissons-nous.
Buvons, trinquons, divertissons-nous, la loi nous ordonne de faire la cour,
A une jolie fille, de l’âge de quinze ans.

En passant par la frontière.
En passant par la frontière un coup de feu partit.
Une balle meurtrière, me mit hors de combat.

Épinette (l’).
Dans notre ville est venu (bis), un fameux joueur de luth (bis).
Il a mis sur sa boutique, pour attirer la pratique :
« À l’auberge de l’écu, on apprend à jouer de l’épinette,
À l’auberge de l’écu, on apprend à jouer du …  »
Troulala, troulala , … (bis)

Équipe oloronaise (l’).
Sous le ciel d’Oloron, l’air est si pur, si bon
Que chaque fils du gave, a l’étoffe d’un champion.
Tout sport a ses amis, les grands et les petits,
Les plus fous, les plus sages, sont piqués du rugby.
Et face aux Pyrénées, le stade de Saint-Pée,
Est le cadre rêvé de luttes acharnées.
R : C’est nous, l’équipe oloronaise, qui descend des Pyrénées, pour conquérir des trophées.
      Avec la fougue béarnaise, c’est toujours sportivement qu’on se défend.
      Nous sommes les fils de la montagne, au cœur solide, aux bras nerveux,
     Car toujours qu’on perde ou que l’on gagne,
      On peut se vanter bien haut d’appartenir au F.C.O.

Étoile des neiges.
Dans un coin perdu de montagne, un tout petit Savoyard,
Chantait son amour dans le calme du soir,
Près de sa bergère au doux regard.
R : Étoile des neiges, mon cœur amoureux,
      S’est pris au piège de tes grands yeux.
     Je te donne en gage, cette croix d’argent,
     Et de t’aimer toute ma vie j’en fais serment.

Et le grand vicaire.
Chez nous le rugby, c’est de la folie (bis).
Mon père botte les coups francs, ma mère fait les en-avants,
Et le curé la touche (bis).
Et le grand vicaire, toujours par derrière (bis)
N’a jamais pu la toucher (bis), c’est ce qui l’emmerde (bis).

Eugénie.
Eugénie, les larmes aux yeux, je viens te faire mes adieux.
Nous partons pour le Mexique, nous mettons les voiles au vent.
Adieu donc, charmante belle, je m’en vais droit au couchant.

Fanchon.
Amis il faut faire une pause, j’aperçois l’ombre d’un bouchon,
Buvons à l’aimable Fanchon, chantons pour elle quelque chose.
R : Ah ! Que son entretien est doux ! Qu’elle a de mérite et de gloire !
      Elle aime à rire, elle aime à boire, elle aime à chanter comme nous (ter).

Fêtes de Mauléon (les).
Jusqu’au plus petit coin de Navarre, de la Soule et même du Labourd,
On vous parle de Mauléon-Licharre avec envie et beaucoup d’amour,
De Mauléon de ses superbes fêtes, si vivantes, si pleines d’entrain,
De ses allées de Soule coquettes, de son beau folklore souletin.
R : Farandoles, qui s’envolent, flambant au feu de la Saint-Jean,
      Jolies filles, qui pétillent, dans les bras de leur cher galant,
      Cavalcades, sérénades, d’irrintzina et de chansons,
      Nuit d’ivresse, d’allégresse, tout ça c’est les fêtes de Mauléon.

Fleur d’épine, fleur de rose.
Fleur d’épine, fleur de rose, c’est un nom qui coûte cher (bis).
Car il coûte, car il coûte,
Car il coûte la valeur de cent écus que j’ai perdus.
Tralalala …

Heure du rendez-vous (l’).
Du bois nous revenions par une nuit profonde
Et nous allions rêvant par le même chemin,
Nous souciant fort peu s’il existait un monde
Car nous n’étions que deux et le ciel pour témoin.
R : Puis je disais alors, ô ma belle au cœur tendre,
      Demain sous les bosquets, loin des regards jaloux,
      Quand sonnera minuit, seul j’irai vous attendre,
      N’allez pas oublier l’heure du rendez-vous (bis).

Il y a cinq ans au mois d’avril.
(ce chant n’appartenait pas à notre répertoire mais comme j’en apprécie texte et mélodie je l’inclus dans ce recueil : il est issu du « carnet de chansons » édité par Joan de Nadau).
Il y a cinq ans au mois d’avril, que mes amours je n’ai point vus.
Ma mignonnette, m’avez-vous bien gardé, mes amourettes, du joli temps passé.
 

 

 

Retours sur Camin Casa (avant le grand retour ?)

Les lignes qui suivent ont été publiées en mars 2014. Elles faisaient référence à un site qui a malheureusement disparu à cause d’un manque de vigilance de notre part. Je laisse toutefois l’article dans sa totalité, sans les photos irrécupérables pour certaines. Si le site de Camin Casa n’existe plus, je compte, en ce jour d’avril 2020, le reconstituer en partie, en partant à la recherche de photos et d’écrits retrouvés dans une clef USB. Cela sera l’objet d’un nouvel article de ce blog, qui pourrait être publié en mai 2020.
Les lignes qui suivent ne se veulent pas une description ni même une synthèse du site existant de Camin Casa, groupe de chant occitan que nous avons créé en 1990 au sein de l’Association Occitane de Paris, l’Estancada. Je rappelle le lien de ce site : camincasa.fr  (ce site ne répond plus)
Le « Chemin de la Maison » (Camin Casa), nous l’avons retrouvé définitivement, Hélène et moi, depuis bientôt trois ans. Au niveau chorale, quoi de neuf durant cette dernière période ? J’en parle un peu plus loin.

Site Internet de Camin Casa.
Outre l’historique du groupe, la trajectoire de ses membres, l’énumération de ses activités entre 1991 et 2012, que ce soit en région parisienne ou en Béarn, une revue de presse, le site contient les textes, traductions et enregistrements des deux CD édités en 1996 et 2008. Les quelques photos incluses ci-dessous proviennent de la fête des bergers d’Aramits en septembre 2009 (répétitions et représentation) et de l’enregistrement du CD de mai 2008 chez Arbus à Pontacq. Ces photos ne font que compléter celles du site du groupe.

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Camin Casa « sus l’empont » d’Aramits, présenté par Jean Lassalle

Aramits - 19 et 20 sept 2009 026 Aramits - 19 et 20 sept 2009 080 Aramits - 19 et 20 sept 2009 129 Aramits - 19 et 20 sept 2009 131 Aramits - 19 et 20 sept 2009 149

enregistrement 048 enregistrement 013

Camin Casa aujourd’hui.
La
dernière apparition publique du groupe date de décembre 2012 chez le viticulteur de Monein Jean-Louis Gaillot, lors de la visite annuelle des chais du Jurançonnais. Plusieurs raisons expliquent l’inactivité de l’ensemble depuis lors.
La dispersion des acteurs musiciens et chanteurs dans tout l’hexagone (région parisienne, Béarn, Pays Basque, Perpignan, Agen) ne saurait être considérée comme la cause majeure de cette inaction car le deuxième CD de Camin Casa fut élaboré avec ces mêmes acteurs vivant en ces mêmes lieux. En revanche la maladie puis la disparition d’Angèle Fourcade ont bien sûr contribué au manque de motivation. Enfin les occupations ou problèmes personnels (maladie, famille, profession) n’ont pas permis un engagement régulier de chacun(e). Pour repartir vers d’autres aventures musicales il faudrait que démarre un nouveau projet, proposé par les membres du groupe ou par une sollicitation extérieure. Qui sait ?

Engagements personnels depuis le retour au « pays ».
Il y a deux ans nous avons repris des répétitions régulières (Jean, Angèle, Eloi et moi, de gauche à droite sur la photo qui suit) dans le but de remettre au goût du jour les anciennes chansons qui nous liaient dans les années 70 à 80, tant en Français qu’en Occitan. Nous commencions même à être sollicités pour monter sur scène pour des rencontres villageoises. L’indisponibilité progressive d’Angèle a stoppé cette démarche : notre dernière apparition publique date de novembre 2012 lors d’une journée hommage à Xavier Navarrot, célèbre auteur compositeur béarnais, dont chaque groupe convié interprétait un texte (pour nous ce fut « la bistanfluta »).

 

été 2012 171
Le groupe de Saint-Pée en la Mairie d’Oloron en 2012

Parallèlement je continuais d’affiner d’anciens textes pas encore « divulgués » et commençais à les travailler avec notre guitariste Sylvain quand il passait par là. En espérant qu’ils pourraient intéresser un jour d’autres personnes du groupe.
L’an passé je me lançai dans deux nouvelles créations, très différentes, que je proposai aux structures concernées :  une pour les enfants de la Calandreta d’Oloron et une pour l’environnement du club de rugby d’Aramits. Pour l’instant je n’ai reçu aucun écho en retour, tout comme naguère un texte fourni au groupe Arguibelle sur la vie du berger de montagne.
Actuellement, je me suis engagé dans deux projets distincts, dont je parlerai plus tard s’ils se concrétisent réellement.

Chants d’été en Béarn

Un point commun aux nombreuses manifestations estivales en Béarn, passées ou à venir (entre début juillet et début octobre) : elles se ponctuent toujours par des chants, principalement en Occitan, spontanés et le plus souvent a capella, improvisés autour des buvettes ; des cantèras inorganisées donc. A des chanteurs connus pour leur appartenance à un groupe confirmé se mêlent des individuels, des duos, trios, … habitués à pratiquer ensemble et se découvrant les uns les autres.

Quelques exemples de rencontres auxquelles, pour certaines d’entre elles, j’ai personnellement assisté ou participé, et d’autres à venir : foire au fromage d’Etsaut, journée portes ouvertes dans une cabane de berger, fête de l’agneau d’Escos, déplacée cette année au Stade de Saint-Pée d’Oloron, dégustation de Jurançon où les producteurs se regroupent lors de la fête patronale de leur village (Chapelle de Rousse, Monein, Cuqueron, Lasseube, Lucq de Béarn …), la garburade d’Oloron, hèsta de la husta (fête du bois) à Lucq, fête du maïs à Laas, fête du sel à Salies de Béarn, fête du fromage de Laruns … Au départ donc, des thèmes différents, associés à la promotion des productions locales avec systématiquement une mise en valeur des chants traditionnels mais aussi de chants plus contemporains, selon l’ouverture des interprètes.

Pour rester en Béarn, mais nous savons bien que cette pratique orale se retrouve aussi chez nos amis Souletins et Bigourdans, d’autres événements festifs sont l’occasion de «har petar la cantèra » entre amis, mais, cette fois, à l’issue de concerts ou prestations de tout ordre sur scène : fête du berger à Aramits, festival de Siros, Hestiv’Òc, Nadau à Lescun, Pagalhόs à Arzacq (quarantième anniversaire)…

Pour conclure, saluons la présence très active de groupes de jeunes des différentes vallées pyrénéennes dont le répertoire s’enrichit à chaque rencontre et ne se restreint pas à celui de son village ou de son entourage proche. Alors que des voix pessimistes continuent de se faire entendre quant à l’avenir incertain de « la lenga noste », parfois même chez certains de ses pratiquants, comme il est réconfortant d’observer le nombre toujours plus élevé de jeunes qui l’utilisent avec fierté. Le chant n’est certes pas le seul vecteur porteur mais il contribue à la découverte et au développement de la langue et de la culture occitano-béarnaise.