Camin Casa : commentaires sur CD 1 (première partie)

Le premier CD édité par le groupe occitan Camin Casa date de avril 1996. Dans ce qui suit j’apporte quelques commentaires sur les textes et les musiques (quand ils sont personnels), pour chaque composition : date et lieu du début de création  (de mémoire ou à partir de document retrouvé), parfois motivation d’écriture, retour sur les répétitions et sur l’interprétation en public  …  Pour étayer cela  j’ai retrouvé dans notre grange de nombreux documents en décembre 2018.
Je décompose cette étude en deux parties, pour alléger chacune d’elles. La première partie contient les chansons numérotées de 1 à 8, la seconde de 9 à 15.
L’enchaînement des chansons ne respecte pas la chronologie des créations ou des représentations mais l’ordre dans lequel elles apparaissent dans le CD. Je compléterai cette étude au fur et à mesure des documents retrouvés. Ce travail sur CD 1 pourra plus tard se renouveler avec CD 2.
Outre le thème on retrouvera le refrain quand il y en a un, un aperçu du nombre de répétitions et le lieu des représentations ainsi que les circonstances de cette représentation.
Douze personnes sont à la base de CD enregistré et mixé dans le studio Arbus de Pontacq. Six voix de membres de l’Estancada, domiciliés en région parisienne à l’époque : Alain, Graciela et Michel Berdot, Philippe Labarère, Joëlle Peyriller et Alain Sibé. Quatre voix du village de Saint-Pée d’Oloron, intervenant sur cinq des quinze chansons du disque : Constant et Eloi Bergeras, Angèle et Jean Fourcade. Deux musiciens s’ajoutant à la guitare d’Alain Berdot et au piano de Graciela : Gilles Gayral pour la flûte à bec et Servais Severin pour les percussions (avec l’aide de notre preneur de son Jeannot Arbus pour une chanson).
L’enregistrement de ces 15 chansons s’étala sur … deux journées d’avril 1996 (les 27 et 28), ce qui peut expliquer certaines insuffisances que ce peu de temps nous empêcha de corriger.

1.Tostemps seguir (toujours suivre).

Date et lieu : C’est en avril 1991 que s’ébauchèrent le refrain et quelques têtes de paragraphes, à Lanne en Barétous, chez Manaoüt, en marchant, seul, sur le chemin descendant vers Mendiondo, pour le tout début. L’essentiel fut élaboré et terminé en septembre 91 à Vitry-sur-Seine ; le 14 de ce mois deux couplets prirent naissance dans le métro parisien (mais oui), ceux concernant le curé et le Président.
Thème : Enfant, ado, adulte, on est dirigé, conditionné, par des individus ou des institutions. Obéir d’abord avant de se lancer dans toute initiative.
Refrain : Que cau tostemps seguir / Quauqu’un o quauqu’arren / Que cau tostemps seguir / Carratz e demorar darrèr.
Il faut toujours suivre / Quelqu’un ou quelque chose / Il faut toujours suivre / Se taire et rester derrière.
Résumé : Il faut suivre le père, la mère, le curé, l’instituteur, le Président, le général, un parti, l’Amérique. Mais un jour je serai devant quand les amis me suivront jusqu’à un trou dans la terre.
Répétitions : Sur les 279 répétitions répertoriées entre 1991 et 2013, en 16 lieux différents, en région parisienne et en Béarn, on en dénombre 24 pour « tostemps seguir ».
Représentations : Camin Casa a interprété « tostemps seguir » sur scène en une seule occasion, le 02 novembre 1989, pour une fête de l’Estancada (Association Occitane de Paris), dans le foyer PTT de la rue de Nantes à Paris.
Commentaires : Chanson préférée d’un copain du rugby de Saint-Denis, Patrick Gosselin, ça change ds chansons paillardes classiques.
En avril 1997 l’Association occitane d’Anglet « Ací Gasconha » me sollicita pour que je leur fasse parvenir tous les texte du CD ainsi que la musique de « tostemps seguir » et d’une autre chanson, comme nous le verrons un peu plus loin. Leur lettre se terminait par les remerciements gascons et par « croyez que nous ferons le meilleur usage de vos deux chansons ».

2. Ací l’amor t’apèra (ici l’amour t’appelle).

Date et lieu : Naissance de la chanson (pour l’idée générale du moins) le 15 mars 1991, dans le métro parisien (je n’ai pas relevé dans quelles stations). Elle se termina le 05 avril 1991.
Thème : La séparation de deux amants à cause du travail (ou du manque de travail au pays) oblige l’un(e) d’eux à en chercher ailleurs.
Refrain : Ací l’amor t’apèra / Tà la vita sancèra.
Ici l’amour t’appelle / Pour toute la vie.
Résumé : Promesses d’argent, promesses de vent, tu as trop rêvé à un ailleurs doré. Chez toi tu as perdu ton travail et tu as cru en retrouver un plus loin.
Répétitions : On en compte 34 pour cette chanson.
Représentations : Camin Casa a interprété « ací l’amor t’apèra » sur scène en quatre occasions. Le 27 mars 1993 pour le cinquième anniversaire de la Revue « lo Shiulet » et le 29 mai 1993 lors d’un Concert commun avec « los deus remparts » de Navarrenx, les deux fois rue de Nantes à Paris. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête familiale chez les Gayral et le 19 septembre 1998 lors du repas des 7èmes rencontres vocales pyrénéennes d’Aramits (18ème année du Concours des chiens de berger).
Commentaire : Dans un premier temps les paroles s’appuyaient sur la musique de … Lili Marlène. Facile à vérifier, les dites paroles s’accordent très bien avec cet air. Nos quatre amis de Saint-Pée participent à ce chant.

3. Mon país qu’ei la montanha (mon pays c’est la montagne).

Date et lieu : La lecture des brouillons disponibles donne à penser que les deux premiers paragraphes de la version béarnaise (voir plus loin) datent du 08 juillet 1990. Pour les deux suivants il fallut attendre mars 1992.
Aucune indication relevée sur le lieu d’origine.
Thème : inspiré de la chanson du Québécois Gilles Vigneault (mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver). C’est grâce à cet auteur-compositeur, ainsi qu’à son compatriote Félix Leclerc, que je tombai amoureux du Québec, au point d’y vivre 18 mois dans les années 1972-73. Un peu plus tard, en septembre 1982 je finissais de composer, par mimétisme, en Français, « mon pays c’est la montagne » avant d’adapter le texte en Béarnais presque 10 ans plus tard, à partir de juillet 1990.
Résumé
Mon pays c’est la montagne et ses sommets majestueux, sentinelle de l’Espagne, siège de torrents, senteurs et pâturages, de bergers à fière allure et d’animaux multiples en liberté comme les brebis, les isards, les marmottes, les vautours, l’ours et le labrit.
Répétitions : Cette chanson détient, avec un autre titre, le record des répétitions : 94.
Représentations : « mon país qu’ei la montanha » a été chanté en huit occasions. sur scène. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête de famille chez les Gayral. Le 28 septembre 1996 à Siros lors du 30ème festival de la chanson béarnaise. Le 19 septembre 1998 à Aramits, pour les 7èmes rencontres vocales pyrénéennes. Le 06 novembre 2002 à Neuilly-sur-Marne, dans le cadre d’un club de voile local. Le 27 mars 2005 à Pomponne pour les 50 ans de l’ami Jean-Claude Arrieux. Le 23 juin 2006 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques  (avenue de l’Opéra à Paris) pour la fête de fin de saison de l’Estancada. Le 27 décembre 2008 à l’Eglise du Départ d’Orthez, au profit de la Calandreta. Le 14 mai 2009 dans la Maison des Pyrénées Atlantiques (avenue de l’Opéra à Paris) pour la soirée promotion de notre CD 2.
En plus de ces représentations de « mon país qu’ei la montanha » avec Camin Casa cette chanson fit partie du répertoire des Saint-Péens, que j’accompagnais, le 11 décembre 2010, à la maison de retraite du Parc Pommé d’Oloron. Elle fut également chantée sur la Péniche « le Mistral« , sur le Canal de Saint-Denis, jouxtant le Stade de France, après une finale du Championnat de France de rugby, par les copains de Camin Casa et du SDUS (club de St Denis), le 06 juin 2009. 
Commentaire  : Cette chanson est la seule qui figure sur les deux CD de Camin Casa : 1996 et 2008. Par rapport à 1996 un couplet supplémentaire a été ajouté en 2008, apparaissant en dernière position. Sa création débuta le 21 septembre 1996 … encore dans le métro. « Mon país qu’ei la montanha » garde la préférence de nos amis de Saint-Pée Jean et Angèle qui l’ont entamé en plusieurs occasions dans des soirées animées, tout comme Laurent Pedelaborde.

4. Melinà (Mélina).

Date et lieu : Le 18 août 1993 , dans la voiture nous ramenant d’Oloron à Vitry-sur-Seine, en présence de nos deux filles Aurélie et Séverine, je fredonnais l’air du futur refrain et une ébauche de ses paroles. La chanson fut pratiquement achevée, après plusieurs étapes, en septembre 1993.
Thème : La conquête de l’être aimé (ou espéré) peut parfois se réaliser grâce à  l’aide de l’alcool.
Refrain : Melinà, au còrn de ton còr guarda ua plaça/Melinà, que vam vàder vielhs amassa.
Mélina, garde-moi une place dans le coin de ton cœur/Mélina, nous allons vieillir ensemble.
Résumé : L’histoire de chaque couple reste gravée dans la mémoire. On ne peut pas leur voler. Pour nous c’est une boisson autorisée, mais dont il ne faut pas abuser dit-on, qui permit de franchir une barrière paraissant jusque là infranchissable.
Répétitions
: Pas mal aussi : 63 répétitions pour « Melina ».
Représentations : En deux occasions le groupe Camin Casa a interprété « Melinà » devant un public. Le 29 janvier 1994, au Foyer PTT rue de Nantes, pour une fête de l’Estancada lors de laquelle était organisée un débat sur le Tunnel de la Vallée d’Aspe. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour une fête de famille chez les Gayral.
« Melinà » fut également interprété par les Saint-Péens à la Maison de Retraite du Parc Pommé d’Oloron le 11 décembre 2010 ainsi que le 06 juin 2009 sur la péniche « le Mistral » aux abords du Stade de France, par Camin Casa et quelques copains de l’équipe de rugby de Saint-Denis, regroupés sous l’étiquette de Cantoval.
Signalons aussi
 que deux formations béarnaises ont inclus « Melinà » dans leur production : « los remparts de Navarrenx » dans un CD et Arraya, dirigé par Didier Fois, dans un DVD. 
Commentaires
: Au départ on apprécie une musique créée par un copain africain qui se joignait à nous lors de certaines soirées de l’Estancada. J’ai ensuite adapté le refrain et modifié la mélodie des couplets. Le choix du prénom Mélina ne fut pas immédiat : les brouillons font apparaître Agata, Alicia, Elisa, Cristina, Irena ….
Finalement je gardai Mélina, prénom d’une nièce argentine de Graciela, qui devait avoir autour de 5 ans à l’époque. Des amis proches ne comprirent pas que je négligeai les prénoms de ma propre famille : Hélène, Aurélie, Séverine.
Les quatre Saint-Péens interviennent dans cette chanson, chanson qu’en plusieurs occasions Angèle et Jean Fourcade entamèrent au milieu des textes de Nadau ou Pagalhós – merci !

5. Mau de còr (mal de cœur).

Date et lieu : Débuts de cette chanson (mélodie et au moins le premier couplet) le mercredi 28 août 1991 à la Mouline, au pied de la Montée Impossible à Arette. Fin des vacances scolaires, à la veille de remontée sur Paris, personne au bord du Vert d’Arette, les vacanciers et touristes ont déjà quitté la région. Nous sommes tous les quatre seuls à bénéficier de cet après-midi ensoleillé : Hélène et moi avec nos deux filles Aurélie (8 ans) et Séverine (5 ans). De suite me vient l’envie de chanter le bonheur de se trouver ainsi en famille dans ce cadre idyllique, au bord de l’eau, en pleine montagne. Joie intérieure, extase, et pourtant chanson plutôt … mélancolique, d’où son titre.
Le texte fut achevé en septembre 1991 à Vitry.
Thème : Encore un hymne à la montagne, car elle est capable de transformer la peine du moment en l’espoir de retrouver la joie de vivre. 
Résumé : Si lo còr que hè tròp de mau/Ua musica me jumpa/L’arridèr d’ua mainada/O lo gorgolh deu gave (premier couplet).
Quand le cœur a trop mal/Une musique me berce/Le rire d’une enfant/Ou le « glouglou » du gave.
Pour la traduction du « gorgolha » du gave on pourrait trouver mieux que « glouglou ».
Répétitions : Un bon score pour cette chanson : 46 répétitions.
Représentations : Pas moins de dix représentations en public pour « mau de còr ». Le 09 novembre 1991 pour une fête de l’Estancada rue de Nantes à Paris, au Foyer PTT. Le 29 février 1992 à Saint-Denis (Bourse du Travail)  dans le cadre des Elections Régionales, en soutien à la liste Entau  Païs, menée par David Grosclaude. Le 28 mars 1992 pour le 4ème anniversaire de la revue de l’Estancada lo Shiulet au Foyer PTT de la rue de Nantes. Le 27 mars 1993 pour le 5ème anniversaire du Shiulet au Foyer PTT rue de Nantes. Le 29 mai 1993 lors de la réception du groupe de Navarrenx los remparts, au Foyer PTT. Le 29 janvier 1994 pour la fête de l’Estancada et le débat sur le Tunnel de la Vallée d’Aspe, au Foyer PTT. Le 26 novembre 1994 à l’issue de l’Assemblée Générale de l’Estancada, rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à Noisy-le-Grand (Maison pour tous) dans le cadre de la journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995 pour les 10 ans de l’Estancada, rue de Nantes. Le 18 novembre 1995, rue de Nantes, pour une soirée cabaret organisée par l’Estancada.
Commentaire : chanson préférée de Jean-Claude Larco, un professionnel de la chanson française, dans le show-biz quoi, de quoi flatter mon ego.

6. Atau qu’ei la vita (ainsi est la vie).

Date et lieu : En juillet 1982, à Avignon, naquit « atau qu’ei la vita », sur les bords du Rhône, en présence d’Hélène. Musique traditionnelle du Chili, rapportée par mon frère Alain après ses séjours en Amérique latine. Refrain de suite adopté et adapté ainsi que  les têtes des paragraphes – montagne, gave, plaine, animaux de ferme. Pour le moment les couplets sont complétés par lalalalala, avec en plus dans chaque cas l’opposition entre le positif et le négatif. Les autres étapes de la chanson datent de l’été 1984 et une ultime version en juin 1990.
Thème : La vie est faite de hauts et de bas (rapports amoureux, aléas financiers, santé … ) à l’image des soubresauts de la nature.
Refrain : Atau son mas amoretas/Pleas de navèras suspresas/Atau qu’ei la vita/Un còp haut un còp baish/Qu’ei com ua dança /Pè dret e pè gauche.
Ainsi sont mes amours/Pleines de nouvelles surprises/Ainsi est la vie/Une fois vers le haut, une fois vers le bas/C’est comme un pas de danse/Pied droit puis pied gauche.
Résumé : La montagne passe du sommeil au grondement, le gave du cours calme au torrent, la plaine de la lumière à la misère …
Voici quelques paroles de la chanson chilienne inspiratrice : Esta mujer està loca, quiere que la quiero yo, la quiere el su marido, el tiene l’obligacion.
Répétitions : On grimpe encore : 49 répétitions.
Représentations : En quatorze occasions (record) Camin Casa a interprété « atau qu’ei la vita » devant le public. Le 29 juin 1991 pour l’Assemblée Générale de l’Estancada, au Foyer PTT des Lilas rue de Nantes à Paris. Le 09 novembre 1991 pour une fête de reprise de l’Estancada rue de Nantes. Le 29 février 1992 à la Bourse du Travail de Saint-Denis en soutien de la liste Entau Païs de David Grosclaude aux Elections Régionales. Le 28 mars 1992 pour le 4ème anniversaire du Shiulet rue de Nantes. Le 18 avril 1992 au Palais des Sports de Saint-Denis à l’occasion d’une journée internationale de basket. Le 26 mai 1992 au restaurant Les Muses de la rue Saint-Honoré à Paris, sur invitation du Lion’s Club du 9ème arrondissement (vous avez bien lu). Le 27 juin 1992 à la fête de l’Ecole Diderot de Vitry (Aurélie et Séverine élèves). Le 27 mars 1993 pour le 5ème anniversaire du Shiulet, rue de Nantes. Le 29 janvier 1994 pour la fête de l’Estancada et son débat sur la Vallée d’Aspe, au Foyer PTT. Le 07 mai 1994 à l’occasion d’une brocante Place Saint-Louis à Choisy-le-Roi. Le 26 novembre 1994 pour l’A.G. de l’Estancada rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand (journée occitane de l’I.E.O.). Le 27 mai 1995 pour célébrer les 10 ans de l’Estancada rue de Nantes. Le 18 novembre 1995 pour une soirée cabaret de l’Estancada rue de Nantes.
À l’occasion d’une finale de Championnat de rugby on a chanté (Camin Casa et les copains de l’équipe de Saint-Denis, groupe Cantoval) « atau qu’ei la vita » sur une Péniche du Canall de St Denis le 06 juin 2009.
Avec mon frère Alain (qui nous accompagnait à la guitare) nous avons interprété « atau qu’ei la vita » au Festival de la Chanson béarnaise de Siros en septembre 1984.
Avec Alain et Joël Sourbet nous avons chanté ce tube à la fête annuelle du Réveil Basco Béarnais de Paris le 04 décembre 1984 et enfin, encore avec Alain, à la fête patronale d’Eysus l’été 1985.
Commentaire : Il arrive que l’expression « atau qu’ei la vita » soit employée dans la conversation de tous les jours. Chanson préférée d’une copine de l’Estancada, Hélène Manaud.

7. Paísans de noste (paysans de chez nous).

Date et lieu : Pour le moment (février 2019) aucune trace de brouillon indiquant l’origine de la chanson mais je sais que c’est certainement un de mes plus anciens textes écrits, entre 1965 et 1968.
Origine de la musique : traditionnel Limousin. Les deux sœurs Rosina et Peirina (j’ai oublié leur nom de famille) ont bâti une chanson sur cette musique. Je leur ai demandé l’autorisation (obtenue) de conserver l’air mais mes paroles n’ont aucun rapport avec les leurs.
Thème : Dans les années 70 politiquement agitées, voici une des chansons dites « engagées » qui voulait sortir des thèmes traditionnels du berger et de la bergère. À l’écoute du milieu paysan dans lequel je baignais durant mes séjours en Béarn, principalement évidemment sur Saint-Pée d’Oloron, je résumai les problèmes de l’époque du monde agricole, en les schématisant quelque peu pour apparaître plus percutant. La situation a-t-elle vraiment changé ?
Résumé : Alors que moutons et veaux, toujours aussi forts, sont payés moitié prix, dans nos villes le prix de la viande a doublé. Hier nous faisions du maïs, aujourd’hui du lait, demain un peu de tout, jamais ce que nous voulons, toujours ce que nous devons, maintenant ça suffit !
Répétitions : 31 occasions de répéter « paisans de noste »
Représentations : Pour « paísans de noste » je relève cinq représentations  en public. Le 09 novembre 1991 pour une fête de l’Estancada au foyer PTT des Lilas. Le 29 février 1992  à la Bourse du Travail de Saint-Denis lors d’un meeting sur les Élections Régionales (liste Entau País). Le 28 mars 1992 pour le 4ème anniversaire du Shiulet rue de Nantes. Le 18 avril 1992 au Palais des Sports de Saint-Denis pour une journée internationale de basket. Le 27 mars 1993 pour le 5ème anniversaire du Shiulet, rue de Nantes.
Commentaire : Dans les années 70, avec Marti dans le Sud-Est et los de Nadau (leur nom à l’époque) en Gascogne – mais d’autres groupes sévissaient comme los Pagalhós ou los de Larvath en Béarn – fleurissait la chanson engagée avec comme thèmes  la langue occitane ou l’économie, sacrifiées en Occitanie. Los de Nadau se produisirent à Aramits par une douce soirée estivale. À l’issue de leur concert nous les retrouvâmes dehors et, avec les Saint-Péens présents et mon frère Alain, nous leur avons chanté « paísans de noste ». Johan Nadau sembla apprécier et nous encouragea à continuer, trouvant le texte un peu « fort ». Même si à ce moment là le groupe n’avait pas encore la notoriété qu’il allait acquérir, en Occitanie mais aussi dans d’autres contrées de France, nous étions fiers de recevoir leur compliment.

8. La cançon de Guilhem (la chanson de Guilhem).

Une des deux chansons du groupe Nadau. J’avais préalablement demandé l’autorisation de l’inclure dans notre CD à Johan Nadau. Pour une fois nous ne nous sommes pas contentés des deux traditionnelles voix – la haute et la basse – mais Graciela nous arrangea une troisième voix qui nous obligea à sortir du train train habituel.
Thème : Le « simplet » du village mérite le respect car c’est un poète dont les yeux crient la solitude.
Résumé :  Que’n vas com ua randoleta/Qui descobreish lo primtemps/Boca ubèrta en har l’aleta/Com tà t’engolir lo temps.
Tu t’en vas comme une hirondelle/Qui découvre le printemps/Tournoyant, la bouche ouverte/Comme pour engloutir le temps.
Répétitions : 44.
Représentattions : En onze occasions nous avons interprété « lo Guilhem ». Le 27 mars 1993 pour le 5ème anniversaire du Shiulet au Foyer PTT rue de Nantes. Le 29 mai 1993 lors d’un concert commun avec le groupe « los deus remparts » de Navarrenx, rue de Nantes. Le Le 29 janvier 1994 à propos d’une fête de l’Estancada précédée d’un débat sur le Tunnel du Somport de la Vallée d’Aspe, au Foyer PTT. Le 07 mai 1994, place Saint-Louis à Choisy-le-Roi à l’occasion d’une brocante. Le 05 juin 1994 au restaurant « le contre-poids » de Choisy-le-Roi,pour la journée musicale de l’Esquisse. Le 26 novembre 1994 pour l’A.G. de l’Estancada rue de Nantes. Le 25 mars 1995 à la Maison pour Tous de Noisy-le-Grand dans le cadre de la journée occitane de l’IEO. Le 27 mai 1995 pour les 10 ans de l’Estancada, rue de Nantes. Le 18 novembre 1995 pour une soirée cabaret de l’Estancada rue de Nantes. Le 14 septembre 1996 à Prunay-sur-Essonne pour un anniversaire dans la famille Gayral. Le 06 novembre 2002 à Neuilly-sur-Marne à l’occasion d’une fête du Club de Voile local.

 

Images des années 60

Images des années 60 est le titre d’une exposition que j’ai parcourue le 09  janvier 2019 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, avenue des Gobelins, Paris 13.
Deux parties séparées : l’une présentant du matériel ancien du début du cinéma, l’autre de grandes affiches à la gloire de Pathé  ou en présentation de films très connus des années 60.

Quelques vues d’appareils datant des premières années du cinémascope.


Seul à parcourir cette pièce où sont exposés des appareils du début du cinéma je  savoure la présence de ces objets antiques grâce auxquels prirent naissance une infinité de films et je me laisse bercer par leurs noms évocateurs, relevés dans la liste qui suit :
phonographes, caméras variées, projecteurs, visionneuses, appareil à tirer les positifs, métreuses, enrouleuses, chronos, boîtes de films, générateur d’électricité, lanterne de projection, moto-caméra, valise filmathèque, tireuse, matériels et produits de développement, poste de projection …

Tout d’abord des affiches publicitaires épatantes sur … Pathé.

Affiches des films des années 60.

Pour chaque film je rappelle la date de sortie, les noms du réalisateur et  de quelques acteurs.

Zazie dans le métro

1960Louis Malle (d’après le roman de Raymond Queneau) – Catherine Demongeot, Philippe Noiret …


La femme et le pantin

1959Julien Duvivier – Brigitte Bardot, Antonio Vilar, Daniel Ivernel, Dario Moreno …


Le guépard

1963Luchino Visconti – Claudia Cardinale, Burt Lancaster, Alain Delon, Terence Hill …


Le déjeuner sur l’herbe

1959Jean Renoir – Paul Meurisse, Charles Blavette, André Brunot …


Les sorcières de Salem

1957Raymon Rouleau – Simone Signoret, Yves Montand, Mylène Demongeot …


Il gattopardo (le guépard)

Voir plus haut.

La dolce vita (la douceur de vivre)

1960Federico Fellini – Marcelo Mastoianni, Anita Ekberg, Anouk Aimée, Alain Cuny, Magali Noël …

Candido de Faria

En juillet 2018 je découvrais à Paris l’exposition « Cândido de Faria : un Brésilien à Paris ». Elle se tenait à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, au 73 Avenue des Gobelins.
Cândido de Faria est le principal créateur d’affiches cinématographiques pour la Maison Pathé, affiches de plusieurs mètres en général. Je photographie rapidement (car cela circule pas mal autour de moi) uniquement  les affiches disposées verticalement, sur les murs et les panneaux.
En sous-sol j’assiste au début de la projection d’un documentaire assez remarquable sur 2 personnalités à l’origine du cinéma : Pathé et Gaumont, dont je n’ai malheureusement pas retenu les prénoms. Je découvre qu’ils vécurent à la même époque, par moments rivaux. Dans le documentaire apparaissent les noms et visages d’autres précurseurs bien connus du cinéma comme Méliès et les frères Lumière, ainsi que plusieurs films ou séquences à l’origine du septième art.
Suivent les clichés d’affiches annoncés plus haut, parfois tronqués du fait des conditions difficiles d’accès à la photographie.

Autour du château d’eau de Saint-Pée : quatrième partie.

Nous revenons sur le schéma principal utilisé dans les deux premières parties.
Le nouveau parcours décrit ici, que nous pourrions numéroter 1 bis, part du point 14, se dirige vers le point 15, en laissant sur le côté le parcours 6 marqué en pointillés, puis rejoint le point 0 le long de la départementale D 919, dite Route de Barétous.
Entre 14 et 15.
Les premiers clichés concernent donc les alentours du point 14.

190. Nous venons de quitter 14 vers la Maison Lapuyade, marquée d’une croix X sur le schéma.
Devant la Maison Lapuyade, avant de nous diriger vers le point 15 , on jette un œil sur le sentier s’enfonçant dans la forêt, parcours noté 6 sur le schéma, en pointillés.
191. Si on suit ce sentier on parvient sous une ligne électrique à haute tension. Cette HT, vers la droite, traverse la D 919 et, sur la gauche, mène au Camp de César. En poursuivant le parcours après la HT on rejoint un chemin goudronné qui ramène vers la D 919, en face de la ferme Bedecarrax.
Revenons au départ de la ligne droite qui va nous mener au point 15.
192. Au bout de cette ligne droite, cernée par la forêt, la D 919. Je suis encore suivi par mon ombre, mais je photographie plus vite qu’elle.
Encore un cliché avant d’arriver en 15.
193. À mi-chemin entre la Maison Lapuyade et le point 15. Sur les deux côtés la haie d’honneur dressée par le Bois de Saint-Pée. On peut y ramasser des girolles mais rarement des cèpes. Même si on en trouvait je ne le dirais pas, c’est la tradition ici, chacun pour soi (je ne parle évidemment que de la collecte des champignons). De part et d’autre du chemin, selon la saison, le chœur des oiseaux nous accompagne : pépiements, gazouillis, trilles, sifflements …
Arrivée au point 15.
194. Point 15 à l’intersection du Chemin des Barthes et de la D 919. À gauche direction Féas, à droite direction Oloron ville (Rappel : Saint-Pée est un Quartier d’Oloron).
Entre 15 et 0.
Pour commencer, trois vues à partir du point 15.
195. La D 919 vers Féas.
196. Prairie en face du point 15 de l’autre côté de la route. Au fond un bâtiment blanc en bord du Vert (le gave passant à Saint-Pée).
197. La D 919 vers Oloron.
Nous empruntons maintenant cette dernière direction.
Photos prises entre 15 et le Pont de Titène situé à l’entrée du village.
196. À main gauche une vaste prairie, vide des bovins habituels qui s’y ébatent selon la période de l’année.
197. Juste avant d’arriver au Pont, à main droite cette fois, un bloc de EDF (je n’ai pas encore réactualisé le nouveau nom de l’Entreprise qui cherche à nous vendre ses nouveaux compteurs Linky).
198. Panneau de signalisation d’entrée dans Saint-Pée, le Pont vient juste après.
199. On revient sur la gauche, juste après le Pont, avec 3 maisons appartenant à la famille Labourdette.
Sous le Pont de Titène que nous atteignons s’écoule le Ru (peut-être le Gouloure).
200. Vue plongeante sur le ruisseau. Il y a 60 ans de cela l’endroit servait de dépotoir, ordures ménagères principalement, car les déchetteries n’existaient bien sûr pas et la conscience citoyenne peu développée.
Deux dernières vues entre Titène et le point 0.
201. Juste après le virage de Titène, une photo d’un pré Larroudé avec en fond la Maison Berdot, au bout de l’Impasse du Gouloure.
202. Sur la gauche de la Départementale cette fois, une des Maison Labourdette et, au bout du chemin, la Marbrerie Darget. Durant notre enfance les lieux étaient occupés par la Scierie Lafourcade avant de se transformer en Marbrerie. Celle-ci va se déplacer quelques hectomètres plus loin, face au Lycée Professionnel Guynemer en fin 2018.
Arrivée au point 0.
203. Le point 0, terminus de ce parcours 1 bis, fut le départ des parcours 123 décrits dans les précédentes parties. On reconnaît l’entrée de la ferme Larroudé et le départ de l’Impasse du Gouloure. Dans le fond les Maisons Casanave et Oscamou.

FIN DE LA QUATRIÈME PARTIE.

Autour du Château d’eau de Saint-Pée : troisième partie

Les deux premières parties de ce thème, éditées en novembre 2017 et en janvier 2018, concernaient les parcours notés 1,2,3 sur le schéma (dit général par la suite) ci-après.

Cette troisième partie, numérotée 4 sur ce même schéma, démarre au point 6 (en haut à gauche). Le parcours est donné ci-dessous.

Nous le prenons dans le sens trigonométrique (ça me rajeunit, ce langage mathématique) 12′2345616 … La portion entre 1 et 6 a déjà été décrite dans la première partie. J’y reviens quand même avec une photo complémentaire.
Entre les points 5 et 6.
On vient de quitter le château d’eau 5 et on descend vers la Maison Estanguet 6.
153. Sur notre gauche, au lointain apparaissent quelques habitations d’Oloron et en particulier le haut du quartier Sainte-Croix. Plus près un troupeau de vaches paisibles qui ne nous regardent même pas passer. Laissez-vous bercer par le tintement de leurs clochettes (réel). Au fond du pré, sur la droite, on distingue la portion qui sera empruntée dans quelques instants de 6 à 16.
Du point 6 trois prises de vue.
154. En direction de la Route des Crêtes menant au village de Lurbe, route parallèle à notre chemin .
155. Nous allons quitter 6 pour nous diriger vers 16. La première partie est pratiquement horizontale. A gauche, le pré précédent et un peu plus loin la Maison notée M sur le deuxième plan général.
Je rajoute une vue à l’angle du pré déjà cité.
155 bis. Trois ânes paisibles, un seul affronte la caméra du regard.
Entre 6 et 16.
Juste avant d’arriver à la hauteur de la Maison M.
156. Je me retourne vers la gauche et retrouve le troupeau de tout à l’heure, un peu plus en altitude car le chemin commence à descendre légèrement. Augmentez le son afin que la musique des sonnailles continue d’enchanter vos oreilles. Sur la partie supérieure de la photo se profile le chemin que nous venons de quitter, reliant 5 à 6.
Nous voici devant M.
157. Depuis le point M la route plonge par une belle pente vers le carrefour 16.

On approche de ce carrefour 16.
158. On devine les 4 routes qui se croisent en 16.
On continue de s’approcher de 16.
158 bis. À l’horizon le Collège Tristan Derême et le Lycée Jules Supervielle d’Oloron.
Dernière vue avant d’atteindre 16.
159. Dans le pré du haut se côtoient chevaux, vaches, aigrettes (pique-bœufs). Les deux pâturages visibles sont séparés par la route notée (1) sur le schéma précédent.
Photos prises au point 16 .
En utilisant les symboles du schéma général.
160. Chemin (1) de Baccarau menant au village d’Agnos.
161. Chemin (2) conduisant au Camping d’Oloron puis au Quartier Sainte-Marie d’Oloron.
162. Sur la droite, chemin (3) vers lequel nous allons nous diriger.
163. Chemin (4) que nous venons de quitter.

Entre 16 et 17
.

Longue ligne droite empruntée de 16 à 17 par les automobilistes car elle constitue un raccourci entre le « boulevard périphérique » venant de la Vallée d’Aspe et la D 919 menant à la Vallée de Barétous. Sur cette même portion on rencontre souvent des promeneurs/randonneurs à pied ou en vélo.
164. Nous voici donc en début du parcours noté (3) sur le schéma pour nous diriger vers le point 17 qui donne accès à la D 919.
A venir, deux petits virages qui nous font éviter la somnolence.
165. Premier virage précédé d’un bois sur la gauche et de prairies sur la droite.
166. A l’amorce du deuxième virage l’ombre d’un individu photographiant dans mon dos.
Et maintenant on approche du troisième virage.
167. Mon suiveur et moi remarquons que le maïs n’a pas encore été ramassé, en ce premier novembre 2017.
Pour le prochain cliché je me suis retourné, non pas pour surprendre ledit suiveur, mais pour montrer un des récents travaux de la voirie oloronaise.
168. L’ouvrage annoncé n’a rien de remarquable au point de vue architectural mais amène à une remarque à venir. C’est un petit parapet en pierre qui signale l’étroitesse de la chaussée en cet endroit. En effet, plusieurs voitures s’embourbèrent dans le fossé par le passé lors de croisements périlleux. À l’aide de son tracteur Jean Oscamou les a souvent tirées de ce guêpier.
Revenons au sens de parcours initial en côtoyant diverses végétations et cultures.
169. Sur notre gauche, une plantation de conifères à laquelle participa Roland Labaigt, un copain de Bernard Bersans, coéquipier de plusieurs randonnées montagnardes.
170. Sur notre droite cette fois l’entrée d’un pré appartenant à l’époque à René Casenave et exploité par Bernard Oscamou.
On poursuit entre les deux fossés toujours menaçants de part et d’autre.
171. Une bonne ligne droite encadrée de bois à gauche et de prés à droite.
Et maintenant une de ces prairies, et qui plus est, boisée.
172. En cet endroit verdâtre, souvent paît en paix un troupeau de vaches, qui aurait pu faire l’effort de pauser pour la photo.
Question : quel peut-être l’intérêt de la prochaine photo ? Ce qui laisse entendre que toutes les précédentes sont intéressantes.
  173. Réponse : aucun. Ou alors envisager la possibilité d’une sculpture sur bois sur une des souches présentes.
Derniers clichés avant l’arrivée au point 17 .

174. Au loin apparaît la D 919, terme de cette portion de route.
175. Avant dernière ligne droite avec un espace forestier important sur la gauche.
176. Sur notre droite, au fond, la Cité (appelée Impasse maintenant) Mirande, parallèle à notre chemin (dit des Candaus). Du temps de notre jeunesse il nous arriva de livrer le lait de la ferme Oscamou à plusieurs habitations de la Cité, en tant qu’accompagnateur de l’Oncle Louis Estrate, les bidons étant placés dans la charrette que tirait le cheval Bijou.
177. Et voici le début de la dernière ligne droite au bout de laquelle on distingue un toit.
178. À quelques encâblures du point 17, entouré de quatre habitations plus ou moins visibles en fond.
Vue encore plus proche du point 17.
179. Les 4 demeures en question se détachent.
Arrivée en 17.
180. Le Chemin des Candaus vient de rejoindre la D 919 (qui s’appelait Route du 19 mars 1962 depuis le Stade de Saint-Pée, et qui prend à partir de ce croisement le nom de Route de Barétous). Sur la droite, absentes sur la photo, la Maison Lendres et 3 autres logis. Sur la gauche habitait Mlle Tuca, institutrice retraitée  qui venait chaque jour, à pied, chercher sa bouteille de lait chez Oscamou. En face démarre le Chemin du Poète, en l’honneur de Tristan Deresme qui habita dans un Manoir tout proche.
Entre 17 et 1.

On quitte les chemins pierreux pour la Départementale 919, vers le point 1 en direction de Féas et des villages de la Vallée de Barétous (Ance, Aramits, Lanne, Arette …).
181. On laisse donc derrière nous la direction d’Oloron et, sur notre droite, le Chemin du Poète que l’on voit contourner un pré Oscamou.
Une vue de la ligne droite conduisant à 1.
182. Au fond à droite la ferme Oscamou. Avant elle, à droite également le pré cité dans la photo précédente. À l’horizon la chaîne pyrénéenne (quel beau pays que le nôtre !). Sur la gauche le pré Calle et la l’ancienne ferme Poulit.
Je traverse la route pour illustrer la suite.
183. L’ancienne épicerie Louhau – dans les années 60. Quand on ne voulait pas pousser jusqu’à Oloron on y venait à vélo pour quelques courses de dépannage. L’Impasse qui la jouxte mène aux maisons Coarraze et Pantane.
184. Plus de détails sur l’Impasse citée plus haut.
La prochaine photo est prise du même endroit que les deux dernières.
185. Du même côté que Louhau, le pré Calle, entretenu par Oscamou et l’ancienne ferme Poulit. En grossissant l’image on peut apercevoir à l’horizon, au ras des feuillages, le Pic d’Arlas.
On se rapproche du point 1.
186. À gauche Poulit et à droite Oscamou. En face d’Oscamou, de l’autre côté de la D 919, l’ancien bistrot Estrate dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles, bistro (volontairement j’élude le t final car les deux orthographes sont autorisées) ô combien formateur pour notre itinéraire de chanteur béarnais (entre autres).
Je me tourne perpendiculairement à la route pour un cliché de l’autre côté du pré Oscamou.
187. Quelques maisons disposées le long du Chemin du Poète. Et encore ce personnage qui me suit comme mon ombre.
Dernier cliché avant de conclure ce parcours 4 au point 1.
188. À droite une partie du toit Poulit. Sur la hauteur le point 4  du schéma général.
Le point 1.

189. Ce point  1 est à l’intersection de la D 919 et du Chemin des Barthes d’où est prise la photo. Sur la Départementale on retrouve des granges et le réservoir à maïs de la ferme Oscamou. Je l’ai sûrement déjà dit dans un précédent texte : le mur blanc sur la gauche de la photo nous servait de « fronton » sur lequel nous envoyions nos balles (pelotes) à l’aide de « chisteras » confectionnées à partir de journaux. La circulation était bien sûr peu développée à cette époque là. Et on connaissait l’heure de passage de l’autobus reliant Oloron à Mauléon via Tardets.

FIN de la troisième partie

 

Autour du château d’eau de Saint-Pée d’Oloron : deuxième partie

Le schéma général proposé dans la première partie de ce reportage, publiée le 30/11/2017, permet de suivre de nouveaux parcours. L’introduction précédente, expliquant le pourquoi très personnel de toutes ces photos, reste valable bien entendu.

Rappel : la première partie concernait le cheminement du point 0 au point 9 dans le sens des aiguilles d’une montre (ça existe encore ?), donc en passant par 1‘-12‘-2345678.
Dans ce qui suit on démarre du point 9 pour 3 trajets successifs. Tout d’abord 12 vers 11 et la séparation en deux : 2 (vers 12) ou 1 (vers 14). Puis 3 vers 10. Il restera ensuite à remonter le Chemin des Barthes, de 14 à 2 en passant par 12 et 10.
D’où les 5 parties à venir :
Parcours 12 de 9 à 11.
Parcours 1 de 11 à 12 en passant par 13 et 14.
Parcours 2 direct de 11 à 12.
Parcours 3 direct de 9 à 10.
Parcours de 12 à 2.

Parcours 12 de 9 à 11.
Reprenons d’abord la dernière photo émise dans la première partie.
79. Nous sommes en 9, arrivant de 8. Au fond, à droite, le chemin se dirige vers 10. Au fond à gauche il se dirige vers 11.
On démarre à présent de 9 vers11.
80. Départ de la partie 12 commune après avoir laissé filer le parcours 3 vers la droite, vers le point 10 .
On se rapproche du point 11 comme l’indiquent les deux vues suivantes.
81. Sur la gauche du chemin se succèdent la haie, le pré, le bois, ce qui n’a rien d’original dans ces environs, alors que sur la droite les arbres dominent.
82. Dernière ligne droite qui aboutit au point 11.
Arrivée en 11.
83. Nouveau croisement en 11. Derrière nous le parcours 12 provenant de 9. À droite le parcours 2 qui plonge vers le point 12. Tout droit le parcours 1 prolongeant vers 13 et 14.

Parcours 1 de 11 à 12 en passant par 13 et 14.

* De 11 à 13.
Le parcours 1 nous conduit donc de l’embranchement 11 au point 13 .
84. Le départ de 11 début par une courbe.
L’arrivée sur 13 s’effectue après une légère montée.
85 et 86. De part et d’autre, en majorité des parties boisées avec un gibier d’importance dissimulé bien entendu. Dans tous ces environs les battues (au sanglier entre autres, mais aussi au renard ou au chevreuil)) sont organisées de temps en temps. Les batteurs – pourquoi pas les nommer ainsi – préviennent le quidam promeneur par des panneaux visibles (heureusement !).
87. Sur cette photo d’arrivée au point 13 apparaît nettement le virage vers la droite, à angle droit, en partance pour le point 14. Tout droit on pourrait s’enfoncer dans le bois par un sentier très étroit et parfois embourbé, et rejoindre la ligne à haute tension qui traverse la D 919. A gauche entrée du pré signalé dans le cliché suivant.
88. C’est souvent dans ce pré que Papi Berdot (c’est vrai qu’on le devient tous peu à peu, papi, alors précisons qu’il s’agit de Jean) débutait ses escapades à la recherche de champignons quand il venait s’oxygéner à Saint-Pée autour de la Toussaint. À peine descendu du train il enfilait sa salopette bleue dont la poche se gonflait vite de girolles et de cèpes surtout.
89. Retourné vers 11 j’observe le trajet qui vient de s’effectuer avant de tourner vers 14.
* De 13 à 14.
Ce chemin est appelé Barrat Gran.
En 13 on se remet dans le sens de la marche, vers 14.
90. La longue descente vers 14 commence.
Toujours encadrés de bois et de prés nous cheminons en empruntant la route finement empierrée qui descend régulièrement.
91 à 93. La longueur conséquente de cette piste mérite qu’on lui associe plusieurs plans. Si vous observez une grande similitude entre lesdits plans, vous avez parfaitement raison. Et ce n’est pas fini !
94 et 95. Toujours dans le sens de la descente vers 14 nous longeons à présent deux prairies entourées de bosquets et de châtaigniers où nous découvrons parfois quelques champignons dociles (pas question bien sûr de dévoiler ici la longitude et la latitude de ce riche lieu, point cardinal connu). À défaut de cèpes, pas de déception du côté des châtaignes à la saison adéquate.
Dernières vues entre 13 et 14 le long d’une descente de pente importante dont la photo ne rend pas tout à fait compte.

96 et 97. Derniers hectomètres de la descente.
98. Plat de la dernière ligne droite avec la maison Lapuyade au bout. Encore une  fois les vaches posent.
Et nous atteignons enfin le point 14.
99. Le point d’embranchement 14 : en arrière le parcours 1 venant de 13, vers la gauche l’ouverture, en passant devant la maison Lapuyade, vers la D 919 et le point 15, et éventuellement le parcours 6, vers la droite la suite du parcours 1 menant au point 12.

Avant de parcourir la distance de 14 à 12, observons la portion de chemin entre 14 et le départ, dans le bois, du parcours 6

100. Face au véhicule stationné devant la maison Lapuyade démarre, à angle droit par rapport au parcours 1, l’autre portion de route permettant de rejoindre la D 919 au point 15.
* De 14 à 12.
C’est parti : on quitte 14 pour le prochain croisement 12.
101. La route reste pratiquement plane entre ces les deux points nommés précédemment.
Après franchissement d’un petit pont surplombant un ru on découvre quelques maisons en bordure du chemin (marquées d’une croix sur le schéma général).
102. Le « pondiquet » et, au fond, la maison Garcia.
103. Nous arrivons devant la maison Garcia.
104. Le point 12 apparaît au bout de ce passage, encadré par les maisons Lahitte et Sagaspe.
Petit arrêt au point 12.
105. Au point 12 , intersection des deux parcours 1 (Chemin des Barthes) et 2, deux pancartes signalant les directions du Camp de César et du Bois de Bugangue.
Restant en 12, et avant de continuer le Chemin des Barthes, je me tourne vers le haut du parcours 2, c’est à dire vers 11.
106. La photo montre donc l’arrivée du parcours 2, en provenance de 11, parcours décrit dans le paragraphe suivant. À gauche la maison Sagaspe, à  droite la maison Lahitte.

Parcours 2 direct de 11 à 12.
Ce chemin familièrement appelée Côte de Grégoire (nom d’une ancienne maison rasée située au point 12) est nommé Chemin dit de Lasserre sur le cadastre.


Nous revenons donc en arrière, en 11.
107. Le long trajet vers 12 commence, au début sur terrain plat.
108. De temps en temps on croise le panneau : « interdiction de chasser le faisan commun ».
109. Long trajet rectiligne au milieu des bois, tant à droite qu’à gauche.
110. À partir de maintenant on plonge vers le point 12 suivant une pente assez importante.
111. Dernier pré sur la droite en bas de descente avant la maison Sagaspe : un troupeau de vaches nous salue, espérant paraître dans la République des Pyrénées. »Paître et paraître » n’a jamais été dit par Sully.
112. Dans le fond sur la droite la trop grande luminosité de la photo empêche de distinguer le toit de la maison Sagaspe qui borde le point 12.
Le parcours 2 nous permet donc de rejoindre à présent le point 12, déjà aperçu précédemment en venant du parcours 1.
113. Les maisons Lahitte (gauche) et Sagaspe (droite) encadrent le point 12. En bas à droite le Chemin des Barthes conduisant au point 10 de notre schéma général. En bas à gauche le Chemin des Barthes se dirigeant vers le point 14 de ce même schéma.
Sur la photo une ombre : encore celle d’un photographe concurrent !
De nouveau nous remontons au point 9 pour suivre le parcours 3 de 9 à 10.

Parcours 3 de 9 à 10.
Ce chemin est nommé Tres Arrecs (trois ruisseaux). Sur le cadastre : Chemin Lagravette.

Au point 9 nous laissons le parcours 12 vers 11 pour « descendre » directement vers 10 par le parcours 3.


114 et 115. Les premiers mètres de ce parcours débouchent vite sur un virage vers la gauche et indiquent qu’il ne s’agit plus d’une piste ni goudronnée ni en gravier mais d’une succession de gros cailloux, trous, racines d’arbres, grosses touffes herbeuses. Comme on peut le constater, les photos ci-dessus ont été prises en deux saisons différentes, pratiquement du même point.
116. Après le virage se présente une une petite descente accidentée, et boueuse ce jour là. Sur la droite, au fond, on distingue la maison Betouig et la grande prairie attenante.

117. Vue d’une longue ligne droite (200 m) entourée au début de prés puis de bois avec des châtaigniers.
118. Une descente de pente plus importante bordée toujours de châtaigniers principalement.
119. En bas de cette descente périlleuse et boueuse on tombe, en restant debout, sur un croisement de 4 chemins. Notre périple concerne celui de gauche.
120. Je me retourne : le chemin d’où nous venons se situe donc vers le haut à droite.
121. Poursuivons notre balade avec une légère descente, toujours à travers bois. Sur la gauche on peut distinguer une épave de voiture peu distinguée.
122. La voie devient plus carrossable. Au loin une ouverture verdoyante devant laquelle nous allons nous arrêter dans quelques instants.
123. Retour à la civilisation puisqu’une bâtisse se détache au loin sur la droite.
124. Sur notre gauche le pré aperçu au loin précédemment, où Daniel Larroudé vient parfois faire paître son troupeau de bovins.
125. En face du pré Larroudé un autre havre de verdure qui nous rafraîchit après cet assez long cheminement au milieu de la forêt.
126. Avant-dernière ligne droite du parcours du jour. Un cabanon en bois se perçoit au loin.
127. Dernière ligne droite avant d’arriver au point 10 avec 4 demeures visibles dont les 2 citées un peu plus haut.
Nous atteignons le point 10.

128. En contrebas le point 10, sur le Chemin des Barthes. Au fond la maison Lapeyre-Navarret. Avant elle, sur la droite également, une nouvelle structure en bois constituée de deux entités : une habitation et une cabane, déjà apparue au loin précédemment. Celle-ci est réservée aux enfants accueillis au sein de La Capucine (Assistance Maternelle Agréée).
129. Cliché pris du Chemin des Barthes  vers le haut du parcours 3 que nous venons de sillonner.
Maison et grange Lapeyre-Navarret sur la gauche (ancienne ferme jusqu’aux années 60). Sur la droite démarre le parcours 3 de notre itinéraire menant au point 9.

Parcours de  12 à 2 en passant par 10.

* Chemin entre 12 et 10.
Nous étions arrivés en 12 par deux trajets différents : directement de 11 (parcours 2) ou en passant par 13 et 14 (parcours 1).
Partant de ce point 12 nous continuons maintenant le chemin commun aux parcours 1 et 2, entre les points 12 et 10.

130. Le Chemin des Barthes va longer plusieurs demeures sur la droite, dont je ne connais pas le nom, comme celle qui apparaît sur ce cliché.
131. Sur la gauche s’épanouit le Bois de Saint-Pée. En coupant à travers ce Bois  (pour voir si le loup y est) on peut rejoindre la maison Berdot située près du point 0 du schéma général.
Quelques vues d’approche du point 10.

132 et 133. Deux des maisons bordant le Chemin.
Une légère descente s’amorce, amenant au point 10.

134. La maison Lapeyre-Navarret (10) se découvre au bas de cette petite descente.
On se trouve à présent tout près de ladite maison Lapeyre-Navarret.
135. Au fond la maison Lapeyre à l’intersection de deux chemins.
136. Juste avant de rejoindre le point 10 une demeure en hauteur par rapport à la route.

Et nous voici arrivés au point 10 (déjà présenté dans le paragraphe précédent).
137. Maison et grange Lapeyre-Navarret sur la gauche (ancienne ferme jusqu’aux années 60). Sur la droite démarre le parcours 3 de notre itinéraire menant au point 9.
* Chemin entre 10 et 2.
On continue le Chemin des Barthes entre 10 et 2, partie commune aux 3 parcours 123.
138. Le chemin franchit un petit pont au-dessus du ru, au ras de la maison Lapeyre, ru qui ensuite longe notre verger, à la frontière du bois.
Photo suivante prise juste en face, sur le côté gauche du chemin donc.
139. Le sentier démarrant ici rejoint un pré de Larroudé séparé par une clôture de notre verger, dont l’extrémité se situe à 10 m de cet endroit. Les vaches et les génisses empruntent ce sentier, traversent le Chemin des Barthes et remontent le parcours 3 qui mène à 9, mais s’arrêtent avant dans une autre parcelle de Larroudé.
Une légère montée du Chemin des Barthes se présente maintenant qui nous fait découvrir d’autres habitations.
140. On vient de passer le pont : la route monte légèrement.
141. Sur la droite du chemin une maison jaune surélevée, bâtie assez récemment, visible depuis notre pré.
142. En fin de montée, sur la gauche, apparaissent notre maison Berdot et la ferme Larroudé. On distingue bien la clôture de séparation des deux prés.
143. Un peu plus tard en fin d’été le tulipier au milieu de notre verger se détache avec éclat.
On poursuit le cheminement entre 10 et 2 qui nous permet d’observer d’autres demeures.
144. La ferme Larroudé, en bordure de la Départementale 919.
145. Un peu plus loin, d’autres maisons sur la D 919, dont celle de Mado Casanave, parallèle (je parle de la Départementale, pas de Mado) au Chemin des Barthes en ces lieux.
146. Le point 2 se rapproche de nous, à moins que ce soit l’inverse. Au fond une des habitations située entre les points 2 et 1.
Encore quelques vues à proximité de 2.
147 à 150. Clichés pris sur la gauche du chemin avec des maisons soit sur la Départementale, soit sur le Chemin des Barthes entre 2′ et 1.
Apparaît enfin la maison Caillabet à droite, en bas du parcours 3.
Et nous atteignons le point 2.
151. Extrémité de la maison Caillabet à droite, avec le départ du chemin de 2 à 3. Au fond le point 2‘ du schéma général.
152. De face le début du chemin reliant les points 2 et 3.

La deuxième partie de notre périple s’achève en 2.
Une troisième partie suivra dans quelque temps.


Elle concernera le parcours 4 (voir haut du schéma général) qui démarre du point 6. Le trajet suivi apparaît dans le deuxième schéma ci-dessous : 61617-D 919- 1.

Une quatrième paetie se déroulera sur la portion de la D 919 non encore décrite jusqu’alors : des points 14 à 15  (sur la droite du schéma général) pour revenir au point de départ initial  0.

Ponts et passerelles de Paris Centre.

Ponts et passerelles de Paris Centre

Les articles et photos sur les ponts de Paris abondent, concernant leur architecture et leur histoire. Dans ce qui suit il n’est pas question pour moi  de vouloir rivaliser avec ces nombreux travaux de spécialistes. Mais, comme de tout temps ces constructions m’ont toujours attiré, voire intrigué, je prends plaisir, depuis que nous avons quitté la région parisienne, à les photographier, lors de nos passages à Paris. Avec mon simple appareil Doro, je ne réalise que deux clichés par pont, l’un côté amont (nommé côté est) et l’autre côté aval (nommé côté ouest). Rien d’artistique dans cette démarche vagabonde qui s’apparente plutôt à un répertoire. De temps en temps j’intercale une scène entre deux ponts consécutifs. En majorité je photographie à partir d’un quai de Seine, donc sous le pont concerné. Compte tenu du nombre important de ces ponts, je me contente dans un premier temps de ceux de « Paris Centre », c’est-à-dire ceux rattachés à l’Île de la Cité et à l’Île Saint-Louis. Plus tard devraient suivre les ponts situés à l’est et à l’ouest des deux îles. Des clichés de professionnels de la photo abondent dans de nombreux livres ou revues, parfois à l’aide de vues aériennes. Pas question bien sûr de s’y comparer dans ce qui suit.
L’ensemble contient 56 photos ou tableaux dont 48 documents personnels.
Dans chaque cas de figure je complète les photos par quelques brefs commentaires sur des caractéristiques de l’ouvrage (constitution, géométrie, origine …) et, parfois, par des anecdotes plus personnelles.
En général je définis l’axe de ces ponts, c’est-à-dire les rues (exceptionnellement les places ou squares) sur lesquelles ils débouchent, tant sur l’île concernée que sur le « continent ». Je précise aussi les noms des quais qui leur sont perpendiculaires.
La Seine  traverse Paris sur 13 km et 37 ponts ou passerelles l’enjambent. Parmi eux relevons 5 passages pour piétons uniquement, 2 ponts ferroviaires et 2 avec étage.
La principale chanson où interviennent les ponts de Paris s’intitule « sous les ponts de Paris ». Écrite par Jean Rodor en 1913 et mise en musique par Vincent Scotto, elle eut de nombreux interprètes  dont Georgel le premier dès 1913 puis Albert Préjean en 1930, Lucienne Delyle, Michel Legrand dans une version jazz.
Deux ponts gardent le même nom sur deux bras de Seine : le Pont-Sully et le Pont-Neuf. Je les distinguerai par les dénominations Nord et Sud (voir ci-dessous).

Schéma général des Ponts de Paris Centre.

Les numéros correspondent aux ponts de la liste ci-dessous.
Avant le pont Sully : le pont d’Austerlitz. Après le pont Neuf : le pont des Arts.

Notre parcours débute au Pont-Sully Nord (1), descend la Rive droite de la Seine jusqu’au Pont-Neuf Nord (7) puis remonte la Rive gauche du Pont-Neuf Sud (8) au Pont-Sully Sud (15).
Successivement, nous rencontrons donc : 1/ Pont Sully Nord  2/ Pont Marie 3/ Pont Louis-Philippe 4/ Pont d’Arcole 5/ Pont Notre-Dame 6/ Pont-au-Change 7/ Pont-Neuf Nord 8/ Pont-Neuf Sud 9/ Pont Saint-Michel 10/ Petit Pont 11/ Pont-au-Double 12/ Pont de l’Archevêché 13/ Pont Saint-Louis 14/ Pont de la Tournelle 15/ Pont de Sully Sud.
Remarque : le Pont Saint-Louis (n° 13) n’est relié à aucune des deux berges de la Seine mais permet le passage direct entre les deux îles.

PONTS DE LA RIVE DROITE. (de l’Est vers l’Ouest, donc en descendant le fleuve)
 
Ponts reliant la rive droite à l’Ile Saint-Louis.
(Pont Sully Nord, Pont Marie, Pont Louis-Philippe)

1/ Pont de Sully Nord (petit bras).

Photo du Pont (de) Sully Nord prise en amont (Est).

Bien sûr, on se souvient que Sully (1560-1641), de son vrai nom Maximilien de Béthune, Ministre  d’Henri IV, fut l’auteur de la fameuse déclaration (abrégée ici) : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ».
Construit entre 1873 et 1876 à l’époque du baron Haussmann, le Pont de Sully (parfois appelé Pont Sully) se partage en deux parties, traversant la pointe de l’ Île Saint-Louis qui se termine par le Square Barye : le « petit bras » pour sa partie « nord » et le « grand bras » pour sa partie « sud » (voir schéma). Ces deux ponts Sully permettent de relier le Boulevard Henri IV (4ème) et le Boulevard Saint-Germain (5ème).

Le Square Barye vu entre le Pont Sully Nord et le Pont d’Austerlitz.
Sur le deuxième cliché on aperçoit une partie du Pont Sully Sud.

Le Pont de Sully Nord est constitué d’une arche en fonte de 42 m encadrée par deux arches en maçonnerie de 15 m, ce qui mène à une longueur totale de 93 m. (voir photos). Il relie la voie Georges Pompidou, dans le 4ème arrondissement au Quai  d’Anjou de l’Ile Saint- Louis, également dans le 4ème arrondissement. De part et d’autre, dans l’axe, on retrouve le Boulevard Henri IV.

Photo du Pont Sully Nord prise en aval (Ouest).

Nous avons très souvent traversé le Pont Sully à pied, ne serait-ce qu’en nous rendant de l’appartement d’un frère à celui d’un autre frère : du Boulevard Saint-Germain à la rue Saint-Paul, où vécut quelque temps notre fille Séverine. Pour la même raison (proximité de Saint-Paul et de la Place des Vosges entre autres) nous avons souvent  utilisé la station de métro Sully-Morland, sur laquelle débouche le Pont Sully Nord.

2/ Pont-Marie.

Ce pont porte le nom de l’ingénieur-entrepreneur Christophe Marie à l’origine de sa construction, entre les années 1614 et 1635, ce qui en fait un des plus vieux ponts de Paris. Dans sa longue histoire ce pont, en grande partie en bois initialement, portait des maisons d’habitation et il faillit être emporté par les flots de la Seine.
Pour une largeur de 22 m et sur une longueur de 92 m, il comporte 5 arches différentes en pierre sur lesquelles on observe des niches vides de toute statue. Dans l’axe il dessert la rue des Deux Ponts et la rue des Nonnains d’Hyères. Il traverse l’Île Saint-Louis en son milieu, reliant les Quais de Bourbon et d’Anjou (côté de l’Ile) au Quai des Célestins (côté Hôtel de Ville), lui aussi dans le 4ème arrondissement.

Photo du Pont Marie Est
.
Nous avons souvent parcouru ce pont au bout duquel se trouve la station de métro Pont Marie menant à l’Hôtel de Sens. Comme le Pont Sully précédent, il permettait aussi de relier les appartements de mes deux frères.

Photos du Pont Marie Ouest.

3/ Pont Louis-Philippe.
Louis-Philippe (1773-1850) devint roi de France en 1830 et posa la première pierre de ce pont en 1833. Fait de métal et de pierre ce pont mesure 100 m de longueur pour une largeur de 15,20 m. Dans son axe : rue du pont Louis-Philippe menant à la rue de Rivoli et, côté île Saint-Louis, rue Joachim du Bellay donnant accès à l’extrémité de l’île, la discrète et reposante Place Louis Aragon. Les voies parallèles à la Seine desservies par ce pont sont le Quai de l’Hôtel de Ville et le Quai des Célestins (4ème arrondissement) d’un côté, le Quai de Bourbon du côté de l’île.
Photo du Pont Louis-Philippe Est.
Au fond sur la gauche dépasse la flèche de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Photo du Pont Louis-Philippe Ouest
.


Chacune des trois arches en anse a une portée de 30 m. Chaque pile, de 4 m de large dans la Seine, est ornée d’une couronne de feuillage en pierre qui entoure une rose métallique.
La pointe de l’Île Saint-Louis (Place Louis Aragon) vue entre le Pont Louis-Philippe et le Pont d’Arcole. 
De gauche à droite : Pont Louis-Philippe Ouest, île Saint-Louis, Pont Saint-Louis reliant les 2 îles, dominé au loin par la Tour Zamanski de la Faculté des Sciences de Jussieu, île de la Cité.
Le pont fut détruit puis reconstruit entre 1860 et 1862.

Ponts reliant la rive droite à l’Île de la Cité.
(Pont d’Arcole, Pont Notre-Dame, Pont au Change, Pont Neuf Nord)

4/ Pont d’Arcole.
La dénomination de ce pont provient d’une bataille napoléonienne face aux Autrichiens, en 1796, en la bourgade italienne d’Arcole.
J’ai lu une autre hypothèse assez romanesque que je ne saurais garder pour moi. Arcole serait le nom d’un jeune homme qui brava les balles de la Garde Royale lors de la Révolution de 1830 pour planter un drapeau tricolore sur le pont.
Photo du Pont d’Arcole Est.

Le Pont d’Arcole est constitué d’une anche unique de 80 m de portée sur une largeur de 20 m entre 2 culées en pierre de taille. Sa construction date de 1828 et fut réservé dans un premier temps aux seuls piétons. L’ouvrage mécanique date de 1854.
Photo du Pont d’Arcole Ouest.
En arrière-plan on retrouve une partie du Pont Louis-Philippe  et de la pointe de l’île Saint-Louis.
Dans l’axe du pont : Place de l’Hôtel de Ville et, sur l’île, rue d’Arcole. Cette rue d’Arcole mérite deux remarques. Elle mène au parvis de Notre-Dame de Paris et elle longe l’Hôtel Dieu, un des plus anciens hôpitaux de Paris et dans la maternité de laquelle naquirent nos deux filles, Aurélie en 1983 et Séverine en 1986. Aucune plaque ne l’indique mais c’est la vérité.
Les voies parallèles à la Seine de part et d’autre du pont sont Quai de Guesvres et Quai de l’Hôtel de Ville (4ème arrondissement), Quai de la Corse et Quai aux Fleurs sur l’île.

Photo entre le Pont Saint-Louis et le Pont d’Arcole.
Un parcours d’escalade inédit sur les quais de Seine.
Un peu d’histoire enfin : c’est par le Pont d’Arcole qu’entra dans Paris, en août 1944, la 2ème division blindée du général Leclerc, avec en tête les guerilleros espagnols rescapés de la guerre d’Espagne.

5/ Pont Notre-Dame.
Il relie le Quai de Guesvres (4ème) au Quai de la Corse dans l’île de la Cité (1er). Du temps de Lutèce il faisait le lien entre l’île et Paris Nord. Dans l’axe il présente, d’une part la rue Saint-Martin (au nord) menant à la Tour Saint-Jacques et plus loin au Centre Pompidou (Beaubourg) et d’autre part à la rue de la Cité (sur l’île) encadrée de la Préfecture de Police et de l’Hôtel Dieu.
Photo du Pont Notre-dame Est.

Réaménagé du temps du Baron Haussmann en 1853 le Pont, qui s’étire sur 106 m pour une largeur de 20 m, est maintenant constitué de 3 arches dont une centrale métallique de 60 m.
Photo du Pont Notre-Dame Ouest.
Apparaissent, en fond le Pont d’Arcole, sur la droite les Tours de Notre-Dame de Paris et des bâtiments de l’Hôtel Dieu, au premier plan le Quai de Guesvres.
Anecdote : dans les Misérables, l’inspecteur Javert se suicide en sautant du Pont Notre-Dame. Victor Hugo voyait les choses en grand !

6/
Pont au Change.
Il relie l’île de la Cité (1er) à la place du Châtelet (4ème). A l’origine de Lutèce la liaison entre l’île et les 2 rives de la Seine était assurée par ce pont, alors appelé le Grand Pont car il traversait le grand bras de la Seine. L’autre, le Petit Pont, allait devenir le Pont Saint-Michel (voir plus loin).
Photo du Pont au Change Est.
A gauche la Conciergerie, au fond le Pont-Neuf.
Les mensurations de ce pont en arc, tout en maçonnerie, sont : 103 m (longueur) et 30 m (largeur).
L’origine de son nom provient des changeurs (courtiers de change) de monnaie établis sur le pont sous Louis VII en même temps que les joaillers et les orfèvres. Souvent endommagé et même détruit (en 1621) il fut plusieurs fois reconstruit, la dernière mouture datant de 1858.
Photo du Pont au Change Ouest.

Dans l’axe du Pont au Change voici la Place du Châtelet (avec le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet) et le Boulevard du Palais qui longe, d’un côté, la Conciergerie et sa Sainte Chapelle, très prisée des touristes, ainsi que le Palais de Justice, et de l’autre côté la Préfecture de Police et le Marché aux Fleurs.
Les Quais desservis : Quai de l’Horloge et Quai de la Corse, sur l’île,
Quai de la Mégisserie et Quai de Guesvres de l’autre côté.
Après le Châtelet on remonte vers la Gare du Nord par le Boulevard Sébastopol. Trajet très souvent suivi dans les années 80 quand nous habitions dans le 5ème arrondissement, pour nous rendre dans la maison familiale d’Épinay. Parcours également souvent utilisé pour nous rendre au Gayon, un bar/restaurant tenu par les frères Pagueguy d’Hasparren (Azté et Édouard). Avec les amis de l’Estancada nous y passâmes certaines soirées animées … par le chant (qu’alliez vous croire d’autre ?).
Bref, nous eûmes très souvent l’occasion de franchir le Pont au Change.

7/ Pont-Neuf Nord.
Certaines remarques qui suivent concernent à la fois le Pont-Neuf Nord (n° 7) et le Pont-Neuf Sud (n°8).
Le Pont-Neuf, en pierres, est le plus ancien pont de Paris, datant du XVI ème siècle, bâti sous Henri III et Henri IV. L’ensemble des deux ponts, revêtu de 385 mascarons, se présente sous 12 arches et, ce nombre correspondant à celui des pays de la zone Euro en 2002, le Pont-Neuf fut choisi cette année là comme symbole européen lors de la cérémonie de passage à l’Euro.
Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1991, il fut l’objet de plusieurs films.
Photo du Pont-Neuf Nord en amont (Est).

Il enjambe le « grand bras » de Seine avec 7 arches sur 154 m. Il dessert dans l’axe  la rue de la Monnaie, qui donne sur la rue de Rivoli en longeant le Grand Magasin qu’est la Samaritaine, encore en pleine reconstruction en 2017. Il débouche entre le Quai du Louvre et le Quai de la Mégisserie. La station de Métro Pont-Neuf se tient en cet endroit. La statue équestre de Henri IV se dresse aussi en ce lieu.
Photo du Pont-Neuf Nord en aval (Ouest)
.

Le Pont-Neuf Nord mérite une attention particulière et très personnelle puisque son prolongement conduit à deux petites rues : rue de la Monnaie puis rue du Roule. Au croisement de cette dernière et de la rue Saint-Honoré on entre dans un établissement rare, coloré, typique … l’Express, tenu par Édouard Pagueguy, dont je parle assez longuement dans un précédent article, paru en septembre 2013 : adresses festives du Sud-Ouest à Paris.

Nous passons maintenant sur la rive gauche de la Seine.

PONTS DE LA RIVE GAUCHE (de l’Ouest vers l’Est donc en remontant le fleuve)

Ponts reliant la rive gauche à l’île de la Cité
(Pont-Neuf Sud, Pont Saint-Michel, Petit-Pont, Pont-au-Double, Pont de l’Archevêché)

8/
Pont-Neuf Sud
.
Voir certains commentaires, sur le Pont-Neuf Nord, valables aussi ici.

Photos du Pont-Neuf Sud en aval (Ouest).

Sur le dernier cliché apparaît le Square du Vert Galant, extrémité Ouest de l’île de la Cité (photo prise entre le Pont-Neuf Sud et le Pont des Arts).

Photo du Pont-Neuf Sud en amont (Est). 

Il enjambe le « petit bras » de la Seine et ne comporte que 5 arches sur une longueur de 78 m. Dans l’axe se trouve la rue Dauphine (6ème). Il s’arrête entre le Quai Conti et le Quai des Grands Augustins.
Le Musée Carnavalet renferme de nombreux tableaux honorant le Pont-Neuf : Pissaro, Renoir …
Photos des peintures du Pont-Neuf par Pissaro et Renoir.
Tableaux de Pissaro (haut) et Renoir (bas)

Nous terminons par un retour en septembre 1985 où l’artiste Cristo revêtit entièrement le Pont-Neuf d’un tissu, comme on le voit sur certaines des photos que nous avions réalisées à l’époque, en compagnie d’Aurélie (2 ans et demi).
Même les lampadaires ont été habillés, Aurélie et son castor y ont tout juste échappé.

Photo avec les « deux » Pont-Neuf (Nord et Sud)
Il s’agit, en premier plan, du Pont des Arts Ouest (que nous retrouverons dans la partie « ponts de Paris Ouest ») avec en fond le Pont-Neuf Nord à gauche et le Pont-Neuf Sud à droite.

9/ Pont Saint-Michel.

La dénomination du Pont Saint-Michel provient du nom de l’ancienne chapelle de l’église du Palais des Rois, qui était située à proximité, de l’autre côté de la Seine.
Plusieurs constructions jalonnent l’histoire de ce pont, parfois en bois (1408, 1547), parfois en pierres (1378, 1616). La dernière mouture, en pierre, date de 1837 ; elle s’étend en 3 arches sur 62 m de long, pour une largeur de 30 m.
Photo du Pont Saint-Michel Ouest. 


Mais quel est ce monument qui aime dominer au fond ?
Photos du Pont Saint-Michel Est
.
Comme la 1ère photo le montre, chaque pile est ornée de la lettre N, entourée de gerbes, en hommage à Napoléon III.

L’axe du Pont Saint-Michel reste un endroit des plus fréquentés : boulevard du Palais, sur l’île de la Cité et Place Saint-Michel de l’autre côté. Beaucoup de monde emprunte le boulevard du Palais car il dessert Conciergerie, Palais de Justice, Préfecture de Police, Tribunal de Commerce. Quant à la Place Saint-Michel sa célèbre fontaine demeure un lieu de rendez-vous familier, tant pour les Parisiens que pour les touristes. Elle se poursuit par le célèbre Boulevard Saint-Michel (le Boul’mich) qui mène rapidement à la Sorbonne, aux cinémas et aux librairies du Quartier Latin, sans parler des nombreux restaurants de toutes sortes qui se serrent dans les petites rues adjacentes.
Durant mes études universitaires, à partir de l’année 1964 (ou 65 ?), je suivis quelques cours à la Sorbonne car alors les matières scientifiques se dispensaient en plusieurs endroits de Paris, avant d’être concentrées sur Jussieu puis dans d’autres sites. Quelques (!) années plus tard notre fille Séverine fréquenta elle aussi la Sorbonne pour des études musicales.
Les Quais desservis par le Pont sont le Quai des Orfèvres et le Quai du Marché Neuf, côté île (1er), le Quai des Grands Augustins et le Quai Saint-Michel au sud (5ème).
Le Quartier Latin, siège de l’enseignement, de l’amusement, de la culture … fut malheureusement le théâtre de scènes dramatiques, le 17 octobre 1961. La guerre d’Algérie (les « évènements » d’Algérie affirmaient certaines autorités de l’époque) sévissait également en métropole. Une manifestation (interdite) dirigée contre le couvre-feux imposé à la communauté nord-africaine se termina par une répression féroce des forces de l’ordre, le terme « massacre » étant même employé par une certaine presse. Le Pont Saint-Michel lui-même vit de très nombreux Algériens (pour l’essentiel) précipités dans la Seine, parfois de leur propre initiative pour échapper à la bastonnade, mais le plus souvent contre leur volonté. Le Préfet de Police s’appelait … Maurice Papon, qui sera condamné de longues années plus tard  pour sa participation, durant la dernière guerre, à l’arrestation et donc la future extermination de la population juive.

10/ Petit-Pont (Cardinal Lustiger).
Ce pont de pierre en arc est le plus petit de tous les ponts de Paris : 32 m x 20 m. Lustiger fut archevêque de Paris entre 1981 et 2005. Comme de nombreux ponts de Paris il fut plusieurs fois détruit et reconstruit : par exemple, en 1718 le pont alors en bois prit feu, heurté par un bateau contenant du foin, lui-même enflammé par un … cierge.

Photo du Petit-Pont Ouest
Deux « perles » de Paris sur ce cliché avec la majestueuse Cathédrale en fond et l’inévitable bateau-mouche sur la Seine (il fallait bien que je vous en délivre un !)
Axe : vers le sud (5ème) rue du Petit-Pont puis rue Saint-Jacques, qui conduit au Panthéon, et, sur l’île de la Cité, rue de la Cité, encadrée par la Préfecture de Police et l’Hôtel-Dieu.
Quais : Quai Saint-Michel et Quai de Montebello au sud, Quai du Marché Neuf et Parvis de NDP sur l’île.
Photo du Petit-Pont Est. 
La Préfecture de Police surveille les Quais. Tenez-vous bien.

11/ Pont-au-Double.
Origine du nom : à une certaine époque le franchissement de ce pont nécessitait le paiement d’un péage à l’aide d’un double denier. Comme d’autres ponts de Paris il fut plusieurs fois reconstruit : la dernière fois en 1860, constitué d’une seule arche en fonte, de dimensions 45 m x 20 m.
Photo du Pont-au-Double Ouest. 
Départ de navette fluviale sous l’œil bienveillant de NDP à gauche.
Axe : Square Viviani au sud et rue d’Arcole sur l’île de la Cité.
Quais aux extrémités du pont : Quai de Montebello au sud et Parvis de Notre-Dame et Square Jean XXIII sur l’île.

Photos du Pont-au-Double Est.
Détails de l’arche métallique.

12/ Pont de l’Archevêché.
C’est un des ponts les plus étroits de Paris, réservé aux piétons, aux cyclistes, aux amoureux, aux contemplateurs de LA Cathédrale. Construit en 1828, de dimensions 67 m x 11 m, il comporte 3 arches en maçonnerie de 15 m, surmontées d’une balustrade métallique, avec des piliers à becs circulaires.
Photo du Pont de l’Archevêché Ouest
.
Tout au long de la balustrade on observait, durant plusieurs années, des cadenas d’amour et des rubans accrochés par les visiteurs du jour. Le poids de ces cadenas devenant préoccupant pour la solidité de l’édifice, ils durent être enlevés (janvier 2016).

Photo des cadenas du Pont de l’Archevêché.
Des cadenas furent aussi attachés au Pont des Arts et à la Passerelle Léopold Senghor.

Dans l’axe du Pont de l’Archevêché : le Quai de l’Archevêché, sur l’île, et la rue des Bernardins.
Celle-ci mène au Palais de la Mutualité et à la Place Maubert où nous fréquentions son Marché populaire dans les années 80 quand nous habitions rue du Sommerard. Non loin de là, la rue De Bièvre où logeait François Mitterrand avant de devenir Président et où il revenait de temps en temps quand il s’échappait de l’Élysée. Il nous arriva de le croiser dans ces rues ou sur le quai voisin de la Tournelle avant que les gardes du corps ne l’isolent de la population. Il n’eut donc jamais l’occasion de me proposer un poste ministériel.
Quais desservis par le pont : Quai de la Tournelle (5ème) et, à l’autre extrémité, le Square Jean XXIII et le Square de l’Île de France. 

Photo de l’omniprésente cathédrale NDP entre le Pont-au-Double Est et le Pont de l’Archevêché Ouest.

Photo du Pont de l’Archevêché Est. 
Notre-Dame de Paris, coincée entre le Pont-au-Double et le Pont de l’Archevêché.
Un dramatique accident se produisit sur le Pont de l’Archevêché le 27 septembre 1911 quand un autobus parisien fracassa la balustrade pour plonger dans la Seine : 11 personnes périrent dans cet accident, dont le chauffeur et le contrôleur.
Photo de l’accident de 1911.

Terminons par une note plus joyeuse avec deux tableaux du Pont de l’Archevêché peints par Raffaëlli et Lebourg.
Tableaux de Lebourg (haut) et Rafaëlli (bas)

13/ Pont Saint-Louis.
Comme signalé dans l’introduction ce Pont relie directement l’île de la Cité et l’île Saint-Louis. Je garde l’appellation Ouest/Est malgré l’inclinaison différente de ce pont. Pont en poutre d’acier de 67 m x 16 m. Il s’agit du 7ème pont reliant les deux îles depuis 1634, avec plusieurs accidents et différents matériaux jalonnant son histoire. Sa dernière inauguration est très récente : 1970.
Photo du Pont Saint-Louis Ouest.
Au-dessus du Pont on aperçoit la Statue de Sainte-Geneviève, Patronne de Paris (voir plus loin) et la Tour de la Faculté Jussieu (voir plus loin aussi).
Quais desservis : Quai aux Fleurs et Quai de l’Archevêché sur l’île de la Cité, Quai d’Orléans sur l’île Saint-Louis.
Photo du Pont Saint-Louis Est. 
A gauche Square de l’Ile de France (extrémité de l’île de la Cité) et au fond l’Hôtel de Ville de Paris.
Ce pont, réservé aux piétons et aux cyclistes, est le théâtre de nombreuses manifestations artistiques qui attirent les touristes gravitant autour de Notre-Dame : musiciens, acrobates, prestidigitateurs … Il apparaît également dans de nombreux films où sa structure métallique convient aux réalisateurs.

14/ Pont de la Tournelle.
Origine de l’appellation la Tournelle : nom d’une ancienne tourelle solidaire d’une enceinte sous Philippe Auguste. Après avoir subi plusieurs transformations, le Pont de la Tournelle se présente comme sous sa forme actuelle depuis 1930. Pont en béton armé avec une grande arche entourée de deux plus petites, l’ensemble mesurant 120 m sur une largeur de 23 m.

Photo du Pont de la Tournelle Ouest.  
Sous l’arche du pont, un couple de mariés asiatiques se fait photographier derrière la statue de Sainte-Geneviève. 
La statue de Sainte-Geneviève, patronne de Paris, fut érigée par le sculpteur Paul Landowski, qui aurait voulu qu’elle soit dirigée vers Notre-Dame de Paris, donc vers l’Ouest. Mais les autorités de la ville décidèrent de la voir regarder vers l’Est, la direction de la provenance d’Atila et des Huns. En conséquence Landowski boycotta l’inauguration de son œuvre, le 27 août 1928.

Photo du Pont de la Tournelle Est.
Dans l’axe du Pont on trouve la rue des deux ponts, sur l’île (4ème), et la rue du Cardinal Lemoine de l’autre côté (5ème).
Quais desservis par ce Pont : Quai d’Orléans et Quai de Béthune sur l’île, Quai de la Tournelle au sud.
Le Pont de la Tournelle est utilisé pour mesurer le niveau des eaux de la Seine.

Photo prise entre le Pont de la Tournelle et le Pont de l’Archevêché

De gauche à droite : Pont de l’Archevêché Est, NDP, Square de l’Ile de France, Pont Saint-Louis Est.

15/ Pont de Sully Sud.
Certains commentaires donnés pour le Pont Sully Nord (voir n° 1), le « petit bras »,  restent valables pour le Pont Sully Sud, le « grand bras ».
Si le premier ne mesurait que 93 m de long, les dimensions du second, également en fonte, sont 163 m x 20 m.

Photo du Pont de Sully Sud, en aval (Ouest).
Axe du pont : rue des Fossés Saint-Bernard, côté Paris 5ème, qui longe l’Institut du Monde Arabe et la Faculté des Sciences, et, sur l’île Saint-Louis, le Boulevard Henri IV.
Photos du Pont Sully Sud, en amont (Est).
Deux angles de prise différents : NDP en fond pour le premier, exposition de maillots de bain sur la rive opposée pour le second.
Quais donnant sur le pont : Quai de la Tournelle et Quai Saint-Bernard côté Sud, Quai de Béthune sur l’île.
Photos prises depuis le Pont Sully Sud. 

Exceptionnellement nous avons quitté la berge pour marcher sur le Pont Sully Sud.
Sur le premier cliché, de gauche à droite : Statue Sainte-Geneviève, Tour Eiffel au loin, Pont de la Tournelle, NDP.
Sur la deuxième photo : Institut du Monde Arabe et Faculté des Sciences de Cuvier-Jussieu. Souvenir, souvenir … Mes années estudiantines s’y déroulèrent en partie (ni parties de cartes ni parties de plaisir, quoi que …).
On ne va pas se quitter comme ça ! Une toute dernière, une dernière de celle qui nous a accompagnés plusieurs fois lors de ce périple ilien : NDP.
Il y a du beau monde sur son parvis.

Réparties de campagne : épisode 6

Cet épisode des (ré)parties de campagne succède aux 5 précédents : 1 (novembre 2013), 2 (janvier 2014), 3 (janvier 2014), 4 (aout 2014), 5 (aout 2014).
Dans la série qui suit le Curé du village intervient assez souvent, en tant qu’acteur ou que … victime (sans dommage physique).

Le Curé Etché.
En Béarn, les bistro(t)s n’ont pas le monopole des chœurs car les chants religieux donnent aussi l’occasion de libérer les voix puissantes et justes des paroissiens et paroissiennes. Ainsi, sans voir l’intéressé(e) on peut attester de sa présence en reconnaissant de loin sa voix au milieu des fidèles. Dans les années 70 le Curé Etché veillait à animer son église et ne craignait pas de démarrer en « haute » son cantique, sachant qu’il serait suivi sans problème par ses ouailles. Toutefois, ce jour-là, ou plutôt cette nuit-là (24 décembre), son démarrage très haut placé surprit quelque peu les habituels ténors de l’assistance, qui gardèrent le silence quelques instants. Mais ce silence ne dura pas longtemps car, du haut des tribunes s’éleva une voix que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre, en ces lieux du moins, pour interpeller le curé. Il s’agissait de la voix du nommé Lacrouts, peu coutumier des offices religieux (il fréquentait plutôt des officines qui, à défaut de vin de messe, servaient du vin en masse) mais présent en cette nuit de la nativité.
« Òc ! Ven i tu si vòs ! » (Oui, vas-y toi si tu veux !) faisant ainsi comprendre au chef de la cérémonie que, en partant si haut, la voix du Curé risquait de rejoindre la voie du Seigneur.
On connaissait ce même Curé pour son art de vivre, en dehors de son Ministère. Au volant de sa voiture, il se déplaçait facilement chez les villageois(es), pour soulager l’un(e) en difficulté, pour blaguer un peu avec l’autre et boire un petit coup à l’occasion. Le déplacement en voiture n’était pas une règle générale alors chez les ecclésiastiques : bien se conduire, certes, pour respecter la loi du Seigneur, mais conduire bien son véhicule, pour respecter la loi humaine, c’était autre chose pour certains d’entre eux. Notre Etché ne refusait pas les collations qui suivaient par exemple une cérémonie (baptême, communion), et il pouvait même faire rire l’assistance par des propos parfois presque salaces. Bref, connaissant parfaitement ses paroissiens, il se permettait de temps en temps, en chaire, de nommer les familles participant au denier du culte mais de nommer aussi celles qui n’avaient pas encore versé (de mauvaises langues affirment même qu’il appuyait ses dires par des chiffres comparatifs !).
À l’écoute de l’engouement des villageois, surtout les hommes, pour le rugby local, il arriva au Curé Etché d’annoncer avec solennité, à la fin de la messe du dimanche matin : « Cet après-midi il n’y aura pas de vêpres car le FCO joue au Stade de Saint-Pée en un match primordial pour la suite du classement ». Lorsque l’importance du match était moindre Etché ne faisait qu’avancer l’horaire des vêpres.

Histoires de rugby.
Nous revenons sur le rugby oloronais cité plus haut en chaire par Etché avec deux images évoquées en décembre 2016 par l’éminent Pierre Salles lors d’une intervention à la radio France Bleue Béarn. Ce conteur est Professeur à l’Université de Pau mais aussi auteur de plusieurs chansons du répertoire des Pagalhòs (dont la Sobirana interprétée par la plupart des chorales béarnaises).


Dans les années 50 les rugbymen du FCO étaient plus connus (et reconnus) pour leur rigueur, leur vigueur et leur ardeur au combat plutôt que pour des arabesques de danseurs. En ce temps-là les équipes adverses rejoignaient en général la Capitale du Haut-Béarn par le train : ligne Pau-Oloron. Le chef de gare de la station, fervent supporter du FCO, savait accueillir les visiteurs par une annonce particulière (à défaut d’être chaleureuse) et personnelle, ce qui prouve bien que l’arrivée des « invités » ne laissait personne indifférent. Au lieu de proclamer au micro, à l’arrêt du train, le nom du terminus « Oloron Sainte-Marie » l’agent de la SNCF prononçait nettement et avec force les fatidiques « Oloron Sainte-Matraque « , en insistant bien sûr sur le dernier mot. Ce que l’on appelle une mise en condition.

On peut contester la véracité de la deuxième des anecdotes qui viennent, mais elle entretient les légendes bâties autour du rugby, celui d’Oloron encore.

À cette (lointaine) époque les enjeux financiers n’avaient pas encore phagocyté le rugby d’élite, et les joueurs, pratiquement tous natifs de la ville et des villages qui l’entourent, pratiquaient leur sport pour l’amour du maillot bleu et blanc (pour certains en espérant conquérir une belle), et sans avantage pécuniaire.Les arbitres ne ressentaient pas autant que maintenant la pression du résultat. Il n’empêche que les supporters des tribunes dites populaires les asticotaient si le score des locaux leur paraissait insuffisant, voir injuste. Ainsi s’élevaient parfois des travées l’exclamation « L’arbitre à la Mielle « , la Mielle étant le nom du ruisseau, pour ne pas dire le ru, qui longe le stade, juste derrière les tribunes. Une manière d’influencer l’arbitre qui pouvait imaginer une profondeur dangereuse pour lui de ce qu’il supposait être une rivière.
Ce n’est pas terminé pour les arbitres au Stade de Saint-Pée. Bénéficiant d’une complicité scientifique, des dirigeants du FCO se procurèrent un squelette humain qu’ils accrochèrent dans le couloir menant à la porte de l’arbitre. Comme celui-ci s’enquerrait de la raison d’une telle exhibition il s’entendit répondre, avec une certaine nonchalance, qu’il s’agissait des restes d’un arbitre rendu responsable de la dernière défaite du FCO sur ses terres il y a quelque temps déjà.

Maxime.
Un enfant du village, Maxime, se distingua très jeune par son ingéniosité à provoquer ou organiser et réaliser des situations surprenantes et en général hilarantes pour le voisinage. Dans sa propre église le Curé Lacrabe (bien avant le précédent cité Etché) fut la principale « victime » de ce garçon.

Agenouillé aux pieds de Lacrabe pour servir la messe et aidé d’un comparse il se permit un jour de déboutonner par derrière la soutane de l’officiant qui n’eut de recours que de punir les deux acolytes.
En général Lacrabe utilisait une longue trique qu’il maniait avec dextérité et précision. Mais, connaissant les risques auxquels menait son incartade Maxime avait dérobé la trique vengeresse pour la dissimuler quelque part dans la sacristie, si bien que Lacrabe n’eut pas d’autre alternative que de lancer son trousseau de clefs sur le perturbateur.
Parfois, profitant du dos tourné de Lacrabe, Maxime utilisait l’encensoir comme un avion survolant les autres enfants de chœur. Ceux-ci contenaient difficilement leur rire.
Maxime réalisa son plus bel exploit, au cours d’une messe, durant l’élévation, lorsque paroissiens et enfants de chœur « an lo cap baishat » (baissent la tête). Utilisant l’avantage d’être agenouillé à ce moment là, Maxime provoqua un feu d’artifice inattendu. Pour cela, il avait préalablement dissimulé, sous le tapis jouxtant l’autel, un fil relié à des morceaux de bambou contenant … des cartouches. Une simple allumette déclencha le spectacle pyrotechnique.
Le Curé ne fut pas le seul souffre-douleur de Maxime  qui s’illustra aussi avec l’Institutrice par des gags qui amusaient la galerie, comme cette dépose de plusieurs escargots au bas de la vitre de la fenêtre de la salle de classe. La compétition fut bien sûr interrompue par « la regenta » avant que les concurrents franchissent la ligne d’arrivée située au milieu de la vitre mais le but de détourner un instant l’attention des élèves était atteint.
Enfin, Maxime provoqua l’émoi de certaines personnes qui revenaient en vélo de la ville, à la nuit tombée, nuit bien noire en absence de lune et d’étoiles. A cette époque peu de rues étaient éclairées dans le village. Après avoir vidé une grosse citrouille il plaça à son intérieur une bougie allumée et disposa l’ensemble en haut d’un long piquet  lui-même placé au sommet d’une colline voisine. De loin on ne distinguait ni le piquet, ni le haut de la colline mais seulement cette lueur blafarde qui semblait flotter dans l’air. Cette apparition intrigua certaines personnes, en effraya d’autres, qui imaginaient un engin extra-terrestre (on dirait Ovni maintenant).

Jacquot.
Dans chaque village il existe ou a existé des personnages aux réparties pittoresques et ce, pour certains, depuis leur enfance : ainsi, dans un village proche d’Oloron, le dénommé Jacquot qui maîtrisait déjà très jeune le Béarnais et ne gardait pas longtemps sa langue dans la poche, surtout quand il voulait se moquer de quelqu’un(e).

Déjà à 5 ans Jacquot ne manquait pas d’audace (ni d’irrespect pour les adultes). Comme il secouait avec énergie un petit poirier aux fruits mûrs la propriétaire de l’arbre malmené l’interpella :

« Que vòs donc har càder totas las peras ? » (Tu veux donc faire tomber toutes les poires ?)
La réplique fusa instantanément  face à cette dame, pourtant une notabilité du village :
« Que hès ua beròja pera, tu ! » (Tu en fais une jolie poire, toi !)
Les adjectifs imagés que Jacquot utilisait mettait les rieurs de son côté. Ainsi, apercevant sa propre mère qui, en vélo, peinait sur la route menant à la ville, il lui lança un « cueishuda » (qui a de grosses cuisses) qui se voulait affectueux à défaut d’être encourageant : mais il n’aurait pas fallu que quelqu’un d’autre traite ainsi sa mère car notre ami avait la main leste quand il le fallait.
Une autre fois c’est un baigneur bien portant qui fut la cible de notre jeune impertinent. Il faisait paisiblement la planche au Pont Noir de Saint-Pée, ses formes arrondies dépassant nettement le niveau de l’eau, quand il s’entendit apostrophé d’un tonitruant « ventorut » (ventripotent) dont il ne parvint pas à déterminer la source parmi les nombreux plagistes.
Se déplaçant sur son vélo Jacquot se rapprochait d’une villageoise assez âgée, Margot, mais, surtout, très sourde. Encore à dix mètres de la dame, Jacquot lui cria un « Adiu » (Bonjour) des plus polis, bonjour resté sans réponse. Arrivé à cinq mètres de Margot notre héros renouvella un peu plus fort son « Adiu « , toujours sans réponse. Perdant patience, lorsqu’il arriva à la hauteur de la brave Margot notre Jacquot ne put s’empêcher de lui lancer :
« Òc, òc, e drin de mèrdeta, non ? » (inutile de traduire).

Personnages divers.
Nous terminons par des faits ou des répliques ne concernant plus un seul personnage particulier mais plusieurs.

À un voisin qui lui posait la question : « Perquè aqueras marcas sus las toas vacas ? » (Pourquoi des marques sur tes vaches ?) Armand répondit :  » Tà poder comptar los curios deu vilatge «  (Pour faire le compte des curieux du village).
Les abus de boisson conduisaient à des comportements inhabituels comme manger les fleurs d’un bouquet disposé sur une table de bistro ou attraper des papillons de nuit virevoltant autour d’une ampoule allumée avant de les avaler avec un peu de vin rouge pour faire passer plus facilement la substance agitée.
Pendant les fêtes du village des défis quelque peu désuets se jettent à la fin du bal et à l’extinction de la buvette. Ainsi celui de taper avec son poing dans des panneaux de la voirie afin de faire le plus de bruit possible, quitte à perturber le sommeil des riverains : interdiction de stationner, travaux, sens interdit … Ce soir-là, je devrais dire cette nuit-là, l’un des compétiteurs, Germain, arma son tir et frappa avec ardeur l’un de ces panneaux. Hélas pour lui, la cible visée … et atteinte, était incrustée dans un mur, mal éclairé. Le mur agressé ne broncha pas. Il n’émit aucun son, au contraire de Germain dont le hurlement nous fit comprendre qu’il y avait dégât sur le poignet, ce qui fut confirmé plus tard. 

Après le curé une autre institution attire l’attention pour des anecdotes plutôt gentilles : la gendarmerie. Les  trois contes qui suivent ne se termineraient pas aussi sereinement en ce jour (nous avons changé de siècle).

Interpellé par les gendarmes à la sortie du village l’ami Gaston nie ne pas avoir accroché sa ceinture de sécurité. Mais l’un des porteurs d’uniforme lui rétorque :
« Pas de chance, on vous suit depuis quelque temps et on a observé que votre ceinture traînait sur la route, bloquée par la portière ».
Le fait suivant concerne 4 fêtards rentrant paisiblement (qu’ils croyaient) à la maison lorsqu’un barrage de gendarmes les obligea à stopper. Après les vérifications d’usage on demanda aux quatre jeunes gens de descendre du véhicule et de marcher, chacun à leur tour, le long de la ligne blanche délimitant le milieu de la chaussée. Après cette épreuve les arbitres se consultèrent et s’accordèrent pour indiquer à l’un des quatre protagonistes  :
« C’est toi qui prends le volant, tu es celui qui s’est le moins écarté de la ligne « .
Un beau matin d’été, un peu avant 6 heures, le dénommé Xavier traverse en voiture un village et se voit stoppé par la maréchaussée.
« Vous roulez à 80 dans une agglomération où la vitesse est limitée à 50 « .
« Putain … Con … (Exclamation habituelle de Xavier, pas destinée aux gendarmes particulièrement)… Je n’aurais jamais pensé que vous soyez déjà là à cette heure si matinale ! « .
« Vous saurez, Monsieur, que la Gendarmerie travaille 24 heures sur 24 !  « .
Peut-être la réaction spontanée du conducteur ne fut-elle pas trop sanctionnée.
Restons sur la route mais sans gendarmes cette fois. Certains enfants du village organisaient pour eux-mêmes des courses de vélo contre la montre. Le parcours consistait en une boucle à travers le bourg, sur des chemins étroits, et se terminait par une portion de la Départementale. Pour accéder à celle-ci et à son trafic parfois important, il fallait s’arrêter à un Stop, où la visibilité était masquée par les deux maisons situées en coin de rue. Un des concurrents ne désirait pas perdre du temps à respecter ce règlement pour adultes et pour engins motorisés. Aussi, lorsqu’il arrivait  au croisement concerné il ralentissait à peine sa course pour effectuer un signe de croix qui devait le mettre à l’abri, pensait-il, de tout accident puisqu’il s’était placé sous la protection du Seigneur. 

Les couvertures du Shiulet : troisième partie.

Lo Shiulet (Le Sifflet) fut, entre les années 1988 et 1994, la revue trimestrielle éditée par l’Association occitane de Paris : l’Estancada. Cette parution concerne 27 (du 0 au 26) numéros, de mars 88 à novembre 94. Sont proposées ici les couvertures de la plupart de ces parutions : celles décrites par un dessin ou une caricature. Ces illustrations émanent essentiellement du crayon de Philippe Labarère (Félipe), sous la signature F.L.
Apparaissent également quelques dessins des pages intérieures.
La traduction figure en bas de chaque gravure.
En général, on ajoute un commentaire concernant l’actualité du moment, reliant plus ou moins celle-ci au texte du dessin.
Cet ensemble prend beaucoup de place. Pour ne pas trop fatiguer le lecteur, je découpe l’étude en 3 parties. Cette troisième partie concerne 7 numéros (du n° 18 au n°26), entre novembre 92 et novembre 94.

Numéro 18.

Pas de dessin en couverture, comme pour les précédents numéros 16 et 17, mais, à l’intérieur, une bande dessinée en 2 parties, de ma composition, intitulée le banquier et les autres, dans laquelle s’opposent diverses classes sociales qui se jalousent au lieu de s’unir devant les difficultés quotidiennes … mais cela se passait en 1992, il y a 24 ans !

1ère séquence : critique de l’ouvrier par les autres.
Le paysan : Les ouvriers, quand-même, ils sont bien heureux, bon Dieu ! Pas de responsabilité au travail, aucun souci de crédit, mais bien souvent en grève. Et ils peuvent se reposer chaque fin de semaine.
Le fonctionnaire : Quelle honte ! Quand ils bloquent les usines ils n’ont pas la conscience d’emm… les autres travailleurs. Et avec leurs syndicats ils se croient très forts.
Le commerçant : Quand ils ne sont pas en congé ils font la grève et en plus ils se saoulent bien souvent. Sûr qu’en plus ils font leurs courses chez Leclerc.
2ème séquence : critique du paysan par les autres.
L’ouvrier : Et les paysans qui osent faire tout ce bruit ! Ils paient peu d’impôt, ils ne connaissent pas la notion de solidarité, ils barrent les routes et maintenant, ils polluent, le Ministre l’a dit à la télé.
Le fonctionnaire : Pourquoi grognent-ils ainsi ? Ils ont tout ce qu’ils veulent à la maison : viande, légumes, fruits, œufs …. Ils devraient être bien heureux de pouvoir casser la croûte je ne sais combien de fois chaque jour, sans payer ! Et quand ils ne sont pas contents, ils cassent tout !
Le commerçant : Vous avez vu ces grandes machines ? Ils ont quand-même pu se les payer ! Ils ne sont pas à plaindre : quand ils ne touchent pas l’impôt sécheresse, ils touchent l’impôt inondation.

3ème séquence : critique du commerçant par les autres.
Le paysan : Et voilà les commerçants qui s’y mettent eux aussi ! Comparez un peu le prix du litre de lait chez nous à la ferme et celui du magasin. Vous verrez la différence.
Le fonctionnaire : Ils n’ont jamais cotisé et ils voudraient les mêmes droits que les autres ! Et on sait bien comment ils votent ! Et quand il y a une guerre, ils s’en sortent toujours bien…
L’ouvrier : Acheter une marchandise dix euros pour la revendre cent euros, ce n’est plus faire du bénéfice, c’est voler !
4ème séquence : critique du fonctionnaire par les autres.
Le paysan : Et les fonctionnaires ? Que font-ils du matin jusqu’au soir ? Téléphoner, déjeuner, ranger des papiers. Jamais pressés pour rendre service, mais toujours pressés pour réclamer une augmentation. Et en plus ils oublient notre langue maternelle.
Le commerçant : Ces feignants ! Ils ne se fatiguent pas beaucoup au bureau , et ils font le plein de vacances ! Et ils sont quand même payés s’ils tombent malades.
L’ouvrier : Tout le monde aimerait avoir leur sécurité de l’emploi …
5ème séquence : tous face au Banquier.
Tous : Mais si personne n’est content ici, à qui profite donc notre travail ?

Numéro 19.

– Vous avez vu ? C’est le nouveau drapeau béarnais olympique … Quand-même, il ne ressemble à rien !
– Toutes ces vaches … Quel troupeau ! Maintenant il va falloir trouver un nom à tout ce bétail !
– Pour les deux premières je ne sais pas. Mais pour la dernière vache il ne faut pas chercher trop loin pour lui trouver un nom.
Le dessin fait allusion à Nelson Paillou, Président du Comité Olympique Français, habitué d’Arette, en vallée de Barétous, qui, lors d’une conférence, attribue … 3 vaches (au lieu de 2) au drapeau béarnais – et sans avoir bu un coup !

Dans les pages intérieures de ce numéro, un dessin de Gilles Gayral après la prestation du groupe Camin Casa au festival de la chanson béarnaise de Siros.

– A la fête de la chanson et de la langue béarnaise à Siros.
–  Le groupe Camin Casa fut heureux d’interpréter la chanson « Nosta Lenga » (notre langue).
–  Gilles Gayral (flûte), Philippe Labarère (chant), Alain Sibé (chant), Michel Berdot (chant, auteur-compositeur), Alain Berdot (chant, guitare).

Numéro 20.

Charte européenne des langues régionales ou minoritaires … la France n’en veut pas !
Le Conseil de l’Europe valide « la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires » – un texte loin d’être révolutionnaire, qui n’impose rien mais suggère des recommandations sur l’enseignement, la radio, la télévision, les relations avec l’Administration. Mais le gouvernement français refuse de ratifier cette Charte (qui serait contraire à la Constitution).

Numéro 21.

Enfin libéré !
– Commentaire du Shiulet après la libération de Casabonne :
6 juillet 1987 : départ en vacances pour l’Espagne – 7 juillet 1993 : … de retour !!! Les vacances ont été longues et lui ont coûté très cher !!!
– Dans le même numéro reportage sur la rencontre entre l’Estancada et le groupe vocal de Navarrenx, les Remparts.

Numéro 22.

– Plan Balladur : les salariés se serrent la ceinture.
– Je m’en fous ! Charasse m’a prêté ses bretelles !
Aucun rapport avec la couverture, mais deux faits marquants de la chanson béarnaise.
Les « Pagalhós » en vidéo : une heure de spectacle au théâtre Saint-Louis de Pau le 05 décembre 1992 pour fêter leurs 20 ans d’existence.
Le Zénith de Pau reçoit « Nadau » le 27 novembre 1992 à l’occasion de leurs 20 ans de représentations.

Numéro 23.

Non, non et non ! Ça peut être un taureau ou un éléphant, je suis né ici ! Et je peux te dire que ce ne n’est pas un chat qui me fera bouger d’ici
L’accord du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce – ratifié par 23 pays en 1947) a été complété par 117 pays le 15 avril 1994 (Uruguay Round).
Dessin ci-dessus : j
eu de mots entre GATT et GAT (chat en Occitan).

Numéro 24.

Dans ce numéro, dialogues entre le Shiulet et 2 militants basques emprisonnés et libérés depuis peu (Casabonne et Etcheveste), commentaires sur l’aménagement du territoire (un réveil en trompe l’ œil), sur l’avenir du nucléaire … et, après le SMIC jeune proposé par le 1er Ministre Balladur, le SMIC rugby imposé par les responsables du XV de France.

Numéro 26.

– Rentrée scolaire.
– Écoute bien l’instituteur, Jean !
– Oui, et dans l’école, retire de la tête le signe ostentatoire de ta culture !
Clin d’œil au signe ostentatoire d’une religion que représente le port du foulard dans l’école publique.
Dessin de Michel Berdot.

En conclusion de cet article j’énumère les rubriques de ce dernier numéro du Shiulet :
– D’un Shiulet à l’autre – Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’Ostau Biarnès de Pau -Déclaration du groupe Anaram au PatacCap d’Estèra e Cap d’Esplinga – Amnesty Internacional (Alan Estrade) – Entrevista dab Bernard Aròs – Corrier de legedors – Lo bilhet de Miquèu – Èlections en Corse (Arriti) – Vu et entendu – Jan de PicheprimInstitut Culturel Occitan.
FIN de la troisième partie

Les couvertures du Shiulet : deuxième partie.

Lo Shiulet (Le Sifflet) fut, entre les années 1988 et 1994, la revue trimestrielle éditée par l’Association occitane de Paris : l’Estancada. Cette parution concerne 27 (du 0 au 26) numéros, de mars 88 à novembre 94. Sont proposées ici les couvertures de la plupart de ces parutions : celles décrites par un dessin ou une caricature. Ces illustrations émanent essentiellement du crayon de Philippe Labarère (Félipe), sous la signature F.L.
Apparaissent également quelques dessins des pages intérieures.
La traduction figure en bas de chaque gravure.
En général, on ajoute un commentaire concernant l’actualité du moment, reliant plus ou moins celle-ci au texte du dessin.
Cet ensemble prend beaucoup de place. Pour ne pas trop fatiguer le lecteur, je découpe l’étude en 3 parties. Cette deuxième partie concerne 8  numéros (du n°8 au n°15), entre mai 90 et février 92.

Numéro 8.

Cheminons vers l’« Immortèla » (edelweiss) et chantons avec l’Estancada.
La couverture fête en musique les 2 ans d’existence du Shiulet et met en relief quelques paroles de la chanson du groupe Nadau, l’Immortèla, souvent jouée et chantée lors des soirées de l’Estancada.
Ce dessin provient de Jean-Pierre Preciozi.

Numéro 9.

Les démocraties (France, Espagne) se dégonflent – Solidarités entre les peuples  (Basque, Occitan) – Liberté pour Casabonne.
Dessin proposé par Gilles Gayral.

Numéro 10.

Il faut dire quand-même qu’il prend beaucoup de place.
Conflit Irak/Koweit avec intervention des armées occidentales. Dans les vallées d’Aspe et d’Ossau l’ours est au centre des discussions, analyses, frictions … entre chasseurs, bergers, élus locaux, écologistes, responsables du Parc National et … membres de l’Estancada et du Shiulet, divisés quant à l’avenir de l’ours dans nos montagnes.

Numéro 11.

– Pyrénées occitanes : les derniers ours.
– Chasseur (2 orthographes proposées).
– Le pouvoir au peuple …
L’agitation continue au sujet de l’ours et des mesures imposées à son sujet par le Ministre de l’Écologie Brice Lalonde : le Shiulet a contacté le FIEP (Fond d’Intervention Éco Pastoral), association écologiste de Pau, luttant depuis plusieurs années pour la sauvegarde des derniers ours des Pyrénées, et le Maire de Laruns, André Fabre, Président du Comité Intervallées, qui s’oppose aux mesures du Ministre. Si le FIEP promet une réponse prochaine, Fabre refuse toute discussion.
Dessin ci-dessus de S.Dey.

Numéro 12.

– La guerre est finie !
– Bof … Finalement, je ne l’ai pas trouvée aussi dure ni aussi longue que ça !
Fin de la guerre du Koweit et de l’intervention, principalement américaine, pour en repousser l’Irak. Longtemps courtisé et armé par les puissances occidentales lorsqu’il guerroyait contre l’Iran, Sadam Hussein devient un dictateur qu’il faut abattre.
Dessin de Serge Dey.

Numéro 13.

Ha ! Je l’ai jouée comme il fallait cette « Marseillaise » !!
Les parlementaires adoptent le projet de loi sur le statut territorial de Corse, avec, en article premier, une reconnaissance de la notion de peuple corse. Les débats autour de ce sujet furent des plus mouvementés.
Dessin de Serge Dey.

Dans le même numéro, un dessin de Gilles Gayral sur le groupe de chant de l’Estancada, Camin Casa (dont le nom n’est pas encore choisi à ce moment là). Le groupe démarre ses premières répétitions avant ses futures représentations, tant sur la région parisienne que sur les « emponts » du Béarn (Siros, Aramits, Orthez).

Sur les 4 poteaux on reconnaît les attachés/attachants, de gauche à droite : Alain Sibé, Alain Berdot, Philippe Labarère, Gilles Gayral.
Tournant autour d’eux le sorcier Michel Berdot.
A.S. : Vous ne pensez pas que notre homme est un peu fatigué ?
A.B. : Oui, je crois !
P.L. :
Mais peut-être cherche-t-il l’inspiration ?
G.G. : Ou alors, c’est une dernière version des sauts béarnais !
M.B. : Je chante, je chante toujours bien, et si toi tu chantes mal je vais t’étrangler.

Numéro 14.

Retour de Philippe Labarère aux commandes du crayon.
– Tu as vu ? Ils parlent de l’Europe de demain …
– Oui !
La physionomie de l’Europe change avec la désintégration du bloc communiste des pays de l’Est. Peuples et Nations retrouvent les notions d’indépendance et de souveraineté.

Numéro 15.

 

En couverture, pas de dessin mais un ensemble de titres ou de parties d’articles de la Presse nationale concernant identités et langues minoritaires.

                                                                                     FIN de la deuxième partie